Le reliquaire d'Anne de Bretagne a été retrouvé !

agrandir Les deux faces du reliquaire d'Anne de Bretagne.
Les deux faces du reliquaire d'Anne de Bretagne.
Les deux faces du reliquaire d'Anne de Bretagne.
Les deux faces du reliquaire d'Anne de Bretagne.

Le reliquaire du cœur de la reine Anne de Bretagne, volé dans un musée de Nantes, dans la nuit du 13 au 14 avril,  a été retrouvé samedi 21 avril, près de Saint-Nazaire.

À propos de l'article

  • Créé le 17/04/2018
  • Publié par :Sabine Harreau
  • Édité par :Sabine Harreau

Pièce d'orfèvrerie exceptionnelle, le reliquaire en or du cœur d'Anne de Bretagne, reine de France à deux reprises : de 1491 à 1498, et de 1499 à 1514, a été dérobé dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril dernier, au musée départemental Thomas-Dobrée de Nantes. Il a été retrouvé samedi 21 avril,près de Saint-Nazaire et deux hommes ont été mis en examen. Selon le procureur de Nantes, Pierre Sennès : "Il semble en bon état".

Les trois pièces volées ont été retrouvées : une statue hindoue dorée, un ensemble de monnaies d’or et l’écrin du cœur d’Anne de Bretagne. Cet écrin (ou reliquaire) est un objet historique d'une valeur inestimable, réalisée en or en 1514, après la mort d’Anne de Bretagne.



Alors que le corps de la reine était destiné à reposer auprès de son époux Louis XII à la basilique de Saint-Denis, son cœur a été envoyé à Nantes, pour être inhumé auprès de ses parents. Cette pratique funéraire nouvelle va se poursuivre chez les souverains français et se répandre dans la noblesse : en Bretagne justement, des fouilles toutes récentes ont mis au jour cinq sépultures comportant des reliquaires en plomb en forme de cœur qui recèlent l'organe d'un parent proche. C'est ainsi qu'on a pu reconstituer l'histoire de Louise de Quengo, une aristocrate bretonne décédée en 1656, plus d'un siècle après la duchesse Anne. (Pèlerin 7049 du 4 janvier 2018.)


Histoire de l'écrin

Selon la volonté d'Anne de Bretagne, son cœur a été placé dans un écrin (ou reliquaire) en or rehaussé d'émail. Lui-même a été placé dans une boite en plomb, puis dans une autre en fer. Il fut ensuite transporté à Nantes en grande pompe pour être déposé, le 19 mars 1514, en la chapelle des Carmes, dans un coffre, à la tête du tombeau de François II, duc de Bretagne, et de son épouse Marguerite de Foix.


Le_tombeau_de_François_II_de_Bretagne_(cathédrale_de_Nantes)_(9282486633)

©Jena-Pierre Dalbéra, Paris, France

Ce monument funéraire avait été commandé par Anne de Bretagne pour honorer la mémoire de ses parents. Il fut transféré plus tard à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes.

En 1727, le maire de Nantes fait exhumer l'écrin. La boîte est vide car le cœur s'est probablement désagrégé. Pendant la Révolution, en 1793, le reliquaire est à nouveau exhumé, vidé, saisi puis, au titre de la collecte des métaux précieux appartenant aux églises, envoyé à la Monnaie de Nantes pour y être fondu.

Mais la pièce, qualifiée de « Monument des Sciences et des Arts », est finalement préservée et transférée à la Bibliothèque nationale. L'écrin est rapatrié à Nantes, en 1816, et placé au musée Dobrée en 1896.

Sa fragilité et sa valeur patrimoniale sont telles qu'il est rarement prêté. Ainsi, une escorte policière l'accompagne lorsqu'il est prêté au château des ducs de Bretagne en 2007 le temps de l'exposition intitulée Anne de Bretagne, une Histoire, un mythe.

À l'occasion des 500 ans de la mort d'Anne de Bretagne en 2014, l'écrin est numérisé en 3D et analysé. Cette analyse révèle que les deux coques sont composées d'or à près de 90 %, les lettres à 85 %, la cordelière à 85 % et ses nœuds à 80 %, l'argent et le cuivre qui complètent l'alliage ayant pour objet de diminuer la malléabilité de l'objet.


Voici que qu'on peut lire sur les deux coques :

2 Reliquaire_Anne_de_Bretagne_-_Musée_de_Bretagne_20141102-01

"En ce petit vaisseau
De fin or pur et munde
Repose ung plus grand cueur
Que oncque dame eut au munde
Anne fut le nom delle
En France deux fois royne
Duchesse des Bretons
Royale et Souveraine."

M VC XIII



1Reliquaire_Anne_de_Bretagne_-_Musée_de_Bretagne_20141102-02

"Ce cueur fut si très hault
Que de la terre aux cieulx
Sa vertu libérale
Accroissoit mieulx et miulx
Mais Dieu en a reprins
Sa portion meilleure
Et ceste part terrestre
En grand dueil nous demeur."

IXE Ianvier

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 20 septembre 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières