Sœur Marie Stella : "Aidez-nous à construire un centre pour les malades du sida"

agrandir Sœur Marie Stella  rend visite à une malade suivie par l’association.
Sœur Marie Stella rend visite à une malade suivie par l’association. © Julien Pebrel / M.Y.O.P.
Sœur Marie Stella  rend visite à une malade suivie par l’association.
Sœur Marie Stella rend visite à une malade suivie par l’association. © Julien Pebrel / M.Y.O.P.

Depuis 2010, les lecteurs de Pèlerin soutiennent généreusement l’action de cette religieuse infirmière du Togo. Marie Stella explique aujourd’hui le nouveau grand projet de l’association Vivre dans l’Espérance  dont elle est directrice : construire un lieu pour mieux soigner enfants et adultes séropositifs.

À propos de l'article

  • Créé le 09/04/2014
  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6854, du 10 avril 2014.

Pèlerin. Vivre dans l’Espérance, l’association que vous dirigez, fête ses quinze ans. Quel regard portez-vous sur ces années de lutte contre le sida ?
Sœur Marie Stella. Je pense à ces centaines d’orphelins du sida qu’on aide toujours à grandir. Sans l’association, la plupart d’entre eux seraient devenus des enfants des rues. Nous veillons à leur éducation matérielle et affective. Parfois, jusqu’à l’université ! Nous sommes très fiers de nos 45 étudiants. En 1999, nous étions un petit groupe formé pour soutenir les malades comme nous le pouvions, accompagner les mourants et tenter de faire reculer la peur et le rejet que provoquait le sida dans les familles. Grâce à notre travail d’information, famille par famille, couple par couple, nous avons contribué à changer les mentalités. Nos dizaines de bénévoles et notre personnel n’avaient pas peur de toucher les patients ni de parler du sida. Leur exemple a touché le cœur de la population. Mais nous n’imaginions pas, alors, que nous deviendrions aussi éducateurs et assistants sociaux !

►Carte. Le Togo, lieu de lutte contre le sida pour Sœur Marie Stella.

 

Pourquoi des assistants sociaux ?
Parce que le sida est aussi une maladie sociale. Le virus disloque les familles, plonge femmes et enfants dans la misère, laisse les grands-parents âgés sans soutien, faute d’enfants adultes survivants… Très vite, nous avons dû mettre en place des ateliers de travail artisanal qui motivent les mamans seules, séropositives, à gagner un petit peu d’argent pour élever dignement leurs enfants. Puis, pour faire prendre en charge les orphelins par leurs parents éloignés, nous avons compris qu’il fallait les aider à nourrir une bouche supplémentaire… Les gens sont très pauvres dans notre région des savanes, au nord du pays.


Sur le plan médical, l’arrivée des anti-rétroviraux, en 2006, au Togo, n’a-t-elle pas constitué un tournant ?
Un tournant formidable, même si c’était dix ans après l’Occident. D’un coup, nos patients ont retrouvé des forces, ont pu faire des projets. Alors que nous déplorions 500 morts certaines années, avant l’arrivée des traitements en 2013, nous n’avons eu à faire face qu’à 14 décès et seulement 91 nouveaux cas… Un record !

►Vidéo. Action Togo : contre le VIH Sida à Dapaong.

 

Puisque la population va mieux, pourquoi vouloir agrandir votre centre de soins ?
Notre espace actuel (la maison Maguy) situé derrière l’hôpital pour enfants Yendube tenu par ma congrégation, les sœurs hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus, est trop petit. Nous suivons 1 500 séropositifs sous traitement à vie, ce qui équivaut à une centaine de consultations par semaine et à une cinquantaine au domicile du malade. Les gens, ayant moins honte de la maladie, viennent désormais nous voir au moindre doute.

►Document. Téléchargez le formulaire de don de l’association « Vivre dans l’Espérance ».


Quel est votre projet ?
Nous voulons construire un minihôpital qui offre des salles de consultation médicale et psychologique, une pharmacie et une dizaine de lits pour ceux qui ne sont pas en état de rentrer chez eux ou qui n’ont plus de chez eux. Parfois, des malades à bout de ressources font cent kilomètres pour mendier santé et accompagnement. Nous ne pouvons pas les mettre dehors !

►Vidéo. Avec Sœur Marie Stella, parrainez les orphelins du sida au Togo.

 

Nos lecteurs vous soutiennent depuis quatre ans, parrainent 204 enfants et ont donné, depuis 2010, plus de 145 000 €. Quel message leur adresser ?
Je voudrais leur dire que si nos malades et même nos morts ont un visage aujourd’hui, c’est grâce à eux. Qu’ils donnent 2 € ou 1 000 €, ils contribuent tous à sauver des vies, à rendre aux hommes leur dignité. Nos donateurs nous insufflent la force de vaincre la pandémie. Nous formons avec eux une grande famille. Après la publication de mon livre, j’ai reçu 5 000 messages d’encouragement, d’amitié. Certains nous ouvraient leur cœur, nous confiaient leurs difficultés… C’est beau cet échange, par-delà nos continents ! La foi, pour moi, c’est Dieu qui parle à travers tous ces gestes de fraternité.


► Dans son numéro 6854, du 10 avril 2014, Pèlerin consacre quatre page au second tour des élections municipales.

Trouvez Pèlerin chez le marchand de journaux le plus proche de chez vous (entrez "Pèlerin" puis votre adresse postale).

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 20 septembre 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières