Edito : Les leçons de Dapaong

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Anne Ponce.
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Anne Ponce, directrice de la rédaction, s'est rendue au Togo pour rencontrer Sœur Marie Stella et soutenir son action au sein de l'association "Vivre dans l'espérance". Et c'est bien "d'espérance" dont il est question dans cet édito : "Une idée à tester en France, et pas seulement au Togo".

À propos de l'article

  • Créé le 18/04/2013
  • Modifié le 18/09/2013 à 12:00
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Alice Meker
  • Publié dans Pèlerin
    6803, du 18 avril 2013

Franchement, cette semaine, je n'avais pas envie de me concentrer sur l'actualité franco- française. Trop démoralisant. Avec la vie politique qui cherche maladroitement des voies de rénovation. Avec le débat sur le mariage homosexuel qui s'envenime. Avec la crise économique dont on ne voit pas l'issue. Décidément non. Je préfère revenir sur ma visite aux enfants de Dapaong, au Togo (lire le reportage p. 26 dans Pèlerin n° 6803 du 18 avril 2013).

► Son. L'édito d'Anne Ponce.

 

Voilà trois ans que Pèlerin soutient l'action de sœur Marie Stella et de son association, Vivre dans l'espérance. Nous avons été conquis par l'énergie communicative de la religieuse et de son équipe. Et c'est ainsi que, depuis quelques années, les lecteurs du journal se mobilisent pour le soin et l'éducation des enfants. À l'invitation de nos amis togolais, je me suis donc rendue sur place : ce voyage fut une formidable expérience humaine et spirituelle.

Car, à Dapaong, j'ai certes vu des enfants pauvres et touchés par le sida. Mais j'ai surtout été épatée par leur joie de vivre, leur envie d'étudier et leur volonté de se construire un avenir. À Dapaong, j'ai vu sœur Marie Stella et son équipe confrontées à l'insuffisance de moyens et au déficit de volonté politique de l'État. Mais c'est leur foi, leur courage et leur dévouement qui sautent d'abord aux yeux.

À Dapaong, enfin, j'ai constaté le fruit de la générosité des lecteurs de  Pèlerin et des liens tissés entre nous. J'en tire une conviction : il n'est pas vrai que les problèmes du monde nous dépassent et que nous n'y pouvons rien.

Chacun peut faire sa part : la pauvreté et les difficultés n'ont pas forcément le dernier mot.
Paradoxalement, je suis donc revenue du Togo avec davantage d'envie d'agir et de confiance en l'avenir que je n'en avais avant de partir. Pas très logique au premier abord.

Car, à côté de la situation togolaise, la France est un paradis démocratique et social. Il faut croire alors que quelque chose nous fait défaut ici. Et cette chose, c'est sans doute l'espérance. Pas assez de confiance, trop de complaisance à ruminer nos insuffisances au lieu de nous retrousser les manches : « Et le facile et la pente est de désespérer et c'est la grande tentation », écrivait Charles Péguy*.

Alors, vivre dans l'espérance ? Une idée à tester en France, et pas seulement au Togo.

* Dans Le porche du mystère de la deuxième vertu.

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Paru le 20 septembre 2018

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