Espérance : un Dieu, trois alliances

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© Illustration : Hélène Builly
Espérance : un Dieu, trois alliances
© Illustration : Hélène Builly

Comment s’ouvrir à l’espérance ? Que change-t-elle à notre vie ? Quel est le secret de cet élan qui il y a deux mille ans fit accourir les bergers auprès d’un nouveau-né ? Pour Noël Pèlerin interroge cette joie qui ne faiblit pas. Cette expérience intime et collective est envisagée différemment selon les religions.

Dans le judaïsme

“L’espérance juive est l’attente d’une intervention de Dieu dans l’humanité : chaque jour, notre prière de l’après-midi, la Amida, se termine par l’appel de la paix que le Seigneur fera venir sur nous. En suivant les commandements de la Torah, l’homme est également appelé, par ses efforts sur lui-même, à « réparer le monde », comme l’enseigne la Kabbale. L’attente d’un messie existe dans le judaïsme. Selon certaines écoles, il est question d’un messie incarné, qui sera capable de faire régner la paix sur terre. Les courants orthodoxes et loubavitch actuels vivent dans cette attente. D’autres, à la suite de penseurs comme Maïmonide, au XIIe siècle, parlent plutôt d’une période messianique : une ère d’humanité intelligente. Dans cette optique, des progrès comme ceux des Nations Unies ou de l’éducation dans le monde apparaissent comme des signes messianiques.”


Rabbin Yeshaya Dalsace, responsable de la communauté massorti DorVador (Paris).

                              

Dans le christianisme

“Pour les chrétiens, la promesse du salut est une promesse de retrouvailles : tous les liens vécus
dans l’amour sont appelés à la résurrection ; tous les vivants formeront un seul corps, le corps du Christ dans lequel l’humanité sera réconciliée avec Dieu.

Pleinement réalisée à la fin des temps, cette promesse se manifeste cependant dès maintenant, à chaque fois que nous vivons entre nous des liens d’amour véritable. Nous n’attendons pas chacun de notre côté un au-delà inaccessible : l’espérance est collective, Dieu s’engage avec un peuple. ”


P. Étienne Grieu, jésuite, enseignant au Centre Sèvres (Paris).

                           

Dans l’islam

“L’espérance des musulmans est tournée vers Dieu, « notre ultime finalité et notre espoir  ».
Nous espérons faire de cette terre un passage pour retourner dans son paradis, au jour de la résurrection, en vivant le bien, la paix, la foi, la droiture. L’espérance est indissociable de l’amour et de la crainte (les trois stations de la foi) : la crainte de nos passions et de notre désobéissance nous pousse ainsi à agir. L’homme est certes faillible mais Dieu, « le très miséricordieux », pardonne tout. Lui, qui peut tout, nous aide à ne pas nous éloigner de la voie.

L’espérance ne peut être vécue individuellement que si elle a une portée collective et universelle. « Aime et espère pour autrui ce que tu aimes et espères pour toi-même », enseigne
un hadith : tous les hommes subissent les mêmes préjudices, mais nous, qui espérons, devons aider les autres. En étant miséricordieux à notre tour, nous serons pour eux un secours et une espérance.”


Ahmed Miktar, imam de Villeneuve-d’Ascq (Nord) et président de l’Association des imams de France.


6942 ESPERANCE ouverture

Retrouvez également notre dossier de 44 pages sur l'espérance dans notre numéro double de Noël : 6942 - 6943

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Paru le 18 octobre 2018

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