Un an après : les premiers fruits de Laudato si’

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Leonardo DiCaprio s'exprime à la tribune de l'ONU avant la signature de l'accord sur le climat de la COP21. © Mike Segar / Reuters
Leonardo DiCaprio s'exprime à la tribune de l'ONU avant la signature de l'accord sur le climat de la COP21.
Leonardo DiCaprio s'exprime à la tribune de l'ONU avant la signature de l'accord sur le climat de la COP21. © Mike Segar / Reuters

Le 18 juin 2015, l’encyclique du pape François sur l’écologie, Laudato si’ (Loué sois-tu) était publiée. Accueilli avec un immense intérêt bien au-delà de l’Église catholique, ce texte a déjà porté, en un an, des fruits notables dans la société civile et le monde politique.

À propos de l'article

  • Créé le 15/06/2016
  • Publié par :Véronique Badets
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    16 juin 2016

1 - Le mariage officiel de l’écologie et du développement humain

« Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale. » Cette phrase de l’encyclique, qui résume son idée phare, a vu une traduction concrète dès septembre 2015. Les Nations unies ont alors adopté, à l’unanimité, un nouveau projet de développement pour l’humanité à l’horizon 2030.

Décliné en dix-sept « objectifs de développement durable » (ODD), il reconnaît pour la première fois le rôle central de la préservation des ressources naturelles pour permettre l’accès aux droits humains essentiels : alimentation, accès à l’eau, éducation, emploi décent, justice et paix, etc.

Selon la directrice de l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales), la publication de Laudato si’, grâce à son écho mondial, a pesé dans l’adoption de ces objectifs. Notamment, raconte Teresa Ribera, en aidant certains négociateurs du Sud à admettre que l’écologie n’était pas un enjeu secondaire par rapport à la lutte contre la pauvreté. « L’encyclique a fait valoir, dans un langage très accessible, que l’on ne pouvait plus aujourd’hui prétendre au développement en acceptant un environnement dégradé », souligne-t-elle.

2 - Souffle divin sur la COP21

L’Histoire dira quel rôle exact a joué Laudato si’ (et la diplomatie vaticane) dans le complexe jeu d’acteurs qui a abouti à l’adoption d’un accord mondial contre le changement climatique, le 12 décembre 2015, au Bourget.

Une chose est sûre : nombre de chefs d’État ont cité ce texte à la tribune, pour appeler à dépasser les intérêts nationaux en vue de sauver la « maison commune ».


Laudato si’ a permis de mettre en avant l’universalité des défis que posent le réchauffement climatique et l’urgence éthique d’y répondre 

→ analyse Teresa Ribera.

Par ailleurs, son impact a été sensible auprès de certains négociateurs. La déléguée du Venezuela a invoqué le texte en séance de clôture de la COP21 pour expliquer son adhésion à l’accord !

« L’influence du pape a été considérable pour convaincre le groupe de pays latino-américains très réticents à s’engager dans un accord mondial : la Bolivie, l’Équateur, le Venezuela et Cuba, confirme Pierre Radanne, expert des négociations climatiques. Plusieurs pays africains ont aussi été sensibles au message du pape. »

3 - Un outil pour agir au quotidien

Largement publiée, lue et commentée dans le monde entier depuis un an, l’encyclique est devenue un outil de référence pour agir au quotidien en faveur de l’écologie… et des plus pauvres.

« Je rencontre des hommes politiques tous les jours et avec ce texte, je peux vraiment mettre en question les fausses solutions qu’ils apportent. Comme, en ­Allemagne récemment, avec le choix de subventionner massivement les voitures électriques, alors que développer les transports en commun serait une solution socialement plus juste », explique Bernd Nilles, secrétaire général de la Cidse, une alliance de dix-sept ONG catholiques de développement européennes et nord-américaines.

Selon une responsable du WWF (Fonds mondial pour la nature) chargée des questions climatiques, Mariagrazia Midulla, Laudato si’ a déjà eu un grand impact sur les mentalités : « Ce texte unique articule entre elles des dimensions que nous pensions souvent de façon séparée, comme l’écologie et la pauvreté. Du coup, cela crée un terrain et un langage commun pour des associations caritatives et environnementales, qui avaient jusqu’ici du mal à travailler ensemble. »

Adressé à « chaque personne qui habite cette planète », Laudato si’ a encore du chemin à faire. Mais en un an à peine, son parcours est remarquable.

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▶ Retrouvez aussi sur ce sujet l'article de Dominique Lang consacré au réseau de groupes catholiques mobilisés par les urgences environnementales. A lire dans Pèlerin n°6968 du 16 juin 2016.

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Paru le 4 octobre 2018

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