Pédophilie : Les évêques négligents seront révoqués

agrandir Ce 6 juin 2016, le pape crée une procédure disciplinaire afin de pouvoir démettre un évêque qui aurait fait preuve d’un « manque de diligence grave » dans les situations d’abus sexuels commis sur des mineurs ou des adultes vulnérables.
Ce 6 juin 2016, le pape crée une procédure disciplinaire afin de pouvoir démettre un évêque qui aurait fait preuve d’un « manque de diligence grave » dans les situations d’abus sexuels commis sur des mineurs ou des adultes vulnérables. © ALESSANDRO BIANCHI / REUTERS
Ce 6 juin 2016, le pape crée une procédure disciplinaire afin de pouvoir démettre un évêque qui aurait fait preuve d’un « manque de diligence grave » dans les situations d’abus sexuels commis sur des mineurs ou des adultes vulnérables.
Ce 6 juin 2016, le pape crée une procédure disciplinaire afin de pouvoir démettre un évêque qui aurait fait preuve d’un « manque de diligence grave » dans les situations d’abus sexuels commis sur des mineurs ou des adultes vulnérables. © ALESSANDRO BIANCHI / REUTERS

En signant samedi 4 juin un motu proprio (décret) permettant de sanctionner les évêques négligents dans les dossiers de pédophilie, le pape François confirme, s’il en était besoin, la « tolérance zéro ».

À propos de l'article

  • Publié par :Christophe Henning
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6967 du 9 juin 2016

En 2015, c’est par le biais judiciaire que le pape avait voulu mettre fin à ces manquements des évêques ayant connaissance de faits de pédophilie en créant un tribunal spécifique. Mais le projet s’est perdu dans les couloirs de la Curie et les arcanes du droit canon.

Le pape crée aujourd’hui une procédure disciplinaire afin de pouvoir démettre un évêque qui aurait fait preuve d’un « manque de diligence grave » dans les situations d’abus sexuels commis sur des mineurs ou des adultes vulnérables.

Dans la droite ligne du combat engagé par ses prédécesseurs Jean Paul II et Benoît XVI qui avaient eux aussi légiféré sur la question, le pape François insiste sur la responsabilité qui incombe aux évêques pour éradiquer ces cas douloureux : « Le rôle de protection et de soin incombe à toute l’Église, mais c’est au travers de ses pasteurs qu’il doit être exercé. »

Les dicastères (ministères) pourront enquêter, puis informer le pape qui s’entourera d’un collège de juristes et de cardinaux, avant de prendre la décision de révoquer un évêque.

Le pape élargit même les causes possibles de sanction d’un manquement « très grave » face à des actes (pas seulement pédophiles) qui provoqueraient « un dommage grave physique, moral, spirituel ou patrimonial ». Un signe fort à destination des évêques qui, tout à la fois, renforce leur autorité et leur responsabilité.

Toutefois, cette nouvelle disposition ne devrait pas avoir de caractère rétroactif. Et en France, on pense évidemment à la situation du cardinal Philippe Barbarin.

À l’occasion de sa rencontre avec l’archevêque de Lyon le 15 mai dernier, le pape l’avait conforté dans sa mission, estimant que sa démission serait « un contresens ».

Mais le scandale ne cesse de s’amplifier dans le diocèse de Lyon. Six plaintes pour « non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans » ont été déposées à l’encontre du cardinal. Ce week-end encore, le quotidien Le Monde s’est procuré des pièces de l’enquête judiciaire qui accumule les éléments accablants de « négligence », à tout le moins, dans la dénonciation des faits de pédophilie.

Évoquant une nouvelle affaire d’agression sur un jeune de 20 ans par un prêtre lyonnais en 2008, les journalistes de Médiapart parlent d’une « méthode Barbarin » suite à l’exfiltration du prêtre vers le diocèse de Nanterre.

Les prochains mois risquent d’être longs avant que la justice tranche dans ces dossiers qui empoisonnent la vie ecclésiale.

De son côté, l’Église, trop longtemps aveugle et insouciante, met enfin tout en œuvre pour éradiquer ce fléau. Après la mise en place de la commission nationale d’expertise, le diocèse de Paris a présenté vendredi un dispositif renforçant la lutte contre la pédophilie, avec une commission diocésaine chargée de suivre les situations récentes ou anciennes.

L’accueil des victimes est développé, notamment par le biais d’une adresse mail dédiée (signalement@diocese-paris.net). Enfin, la prévention auprès des prêtres et des séminaristes est accentuée, et trois prêtres ont été nommés pour être à l’écoute des fragilités de leurs confrères.

Le passif est lourd, et l’on n’en finit plus de découvrir l’étendue des blessures accumulées.

Cette exigence de vérité est pourtant essentielle pour extirper la pédophilie des sacristies, une fois pour toutes. Il y a urgence. Pour que l’Église reste et redevienne, selon les premiers mots du motu proprio du pape François, « une mère aimante ».

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Pédophilie et la valeur de la vie spirituelle

xavier 09/06/2016 à 16:52

Enfin. Merci pour nous , parents qui donnons toute notre confiance dans les valeurs de la vie spirituelle. J'ai appris à mes enfants la vie morale et la vie éthique car elles sont les ferments de la vie spiritueelle. La vie fonctionne sur le mental ... lire la suite

Paru le 10 janvier 2019

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