"I Feel Good", un film sur un village Emmaüs où on se sent bien !

agrandir Telma, 32 ans, vit dans le village Emmaüs de Lescar-Pau (Pyrénées-Atlantiques) depuis six ans. Elle a eu une petite fille, et sa mère est venue la rejoindre.
Telma, 32 ans, vit dans le village Emmaüs de Lescar-Pau (Pyrénées-Atlantiques) depuis six ans. Elle a eu une petite fille, et sa mère est venue la rejoindre. © Ulrich Lebeuf / MYOP
Telma, 32 ans, vit dans le village Emmaüs de Lescar-Pau (Pyrénées-Atlantiques) depuis six ans. Elle a eu une petite fille, et sa mère est venue la rejoindre.
Telma, 32 ans, vit dans le village Emmaüs de Lescar-Pau (Pyrénées-Atlantiques) depuis six ans. Elle a eu une petite fille, et sa mère est venue la rejoindre. © Ulrich Lebeuf / MYOP

I Feel Good, film qui vient de sortir avec Jean Dujardin, s'inspire du village Emmaüs de Lescar-Pau (Pyrénées-Atlantiques), fondé en 1982. Visite de ce lieu qui  réinsère les plus exclus par le travail et propose un nouveau modèle de société.

À propos de l'article

  • Créé le 25/09/2018
  • Publié par :Texte : Félicité de Maupéou / photos : Ulrich Lebeuf /MYOP
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7087 du 27 septembre 2018




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Plus grande communauté Emmaüs de France, le village compte 130 compagnons et une quinzaine de salariés. Il s'étend sur plus de 11 hectares à la périphérie de Pau. Ses aires de jeux, restaurant, bar, épicerie attirent tous les jours des gens de la région.



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Germain Sahry (à g.) a créé ce lieu en 1982, avec l'idée de mêler à la mission traditionnelle de solidarité d'Emmaüs un projet politique. Écologiste et altermondialiste, il soutient également le mouvement pro-palestinien et la Bolivie d'Evo Morales, via des partenariats économiques et culturels.


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Outre l'activité de récupération et de revente de meubles, vêtements, livres… Le village a développé de nouveaux secteurs, comme la ferme.



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Ici, tout le monde est accueilli sans condition. Les seules règles sont de travailler et de ne pas être violent. Les arrivants sont souvent isolés affectivement, il y a aussi de plus en plus de personnes sans papiers. Logés, nourris, blanchis, les compagnons reçoivent entre 400 et 500 euros tous les mois.



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Divorce, chômage, alcool… « La reconstruction d'une personne profondément blessée est difficile. Elle passe par le fait de bien se nourrir, de vivre dans un bel endroit… », explique Germain Sahry. Il se définit comme le « porteur du projet », mais le village compte aussi un maire et sept conseillers municipaux élus. Les décisions sont discutées et votées au réfectoire.



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À leur arrivée, les compagnons sont logés dans des chambres individuelles ; puis, après deux ou trois mois, dans des mobile homes ; enfin, après un an, dans l'une des quarante maisons bariolées, au style éclectique, du village.



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Les branches de l'arbre du climat accueillent les espoirs des passants inscrits sur un tissu. Donné par le village mondial des Alternatives de la COP21, il trône à l'entrée. Ici, les maisons sont construites en matériaux écologiques et l'agriculture est bio.



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Le village fait son propre miel. Après des années de galère, beaucoup apprennent un métier à la ferme, à la menuiserie ou à l'atelier de mécanique. Le village pourrait accueillir bien plus de monde, mais la vie en communauté, dans cet endroit un peu isolé, s'avère parfois difficile. Cela en rebute certains. D'autres aimeraient partir mais ne savent pas où aller.



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À la ferme, le travail ne manque pas. « Nous ne sommes pas une structure humanitaire qui assiste », prévient Germain Sarhy, critiquant la politique sociale du RSA (revenu de solidarité active), « un revenu instauré pour avoir la paix sociale mais qui condamne les gens à l'inutilité et les désociabilise. Avant, on venait ici car on n'avait pas le choix économiquement ; aujourd'hui, c'est davantage en raison d'une dégradation sociale et affective », constate-t-il.



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Tous les jours, 1 500 personnes arpentent les allées de l'immense brocante Emmaüs. Les fins connaisseurs accourent même vers les bonnes affaires dès l'ouverture. Refusant les subventions, le village est aussi une vraie réussite économique, avec un chiffre d'affaires de 3,5 millions d'euros par an !


A propos du film I Feel Good

Affiche

Elle, c'est Monique (Yolande Moreau), alter ego féminin de Germain, le « vrai » patron du village Emmaüs. Et lui, c'est Jacques (Jean Dujardin), le frère de Monique, qui se rappelle soudain au bon souvenir de sa sœur. Entre la « taulière » veillant avec soin sur ses compagnons et le quinqua cynique, confit dans sa pensée néolibérale, il y a comme un fossé… Le tandem Benoît Delépine-Gustave Kervern, connu pour son humour corrosif et souvent limite, concocte une farce-fable hilarante, doublée d'un regard plein de tendresse sur les « cabossés de la vie ». Une belle surprise que ce I Feel Good.  
En salles. 1 h 43. À partir de 14 ans. Notre avis : 3 P


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 « Ébloui par cet endroit, où l'on voit qu'un autre système est possible », le photographe  Ulrich Lebeuf, membre de l'agence MYOP et directeur artistique du festival de photo MAP, est rentré du village, un sac rempli de produits bio de la ferme.

Vos commentaires

2 Commentaires Réagir

Film :I feel good

Michèle 28/09/2018 à 23:03

Film irrespectueux envers les compagnons d'Emmaüs. Nous sommes sortis avant la fin du film ainsi que plusieurs personnes dans la salle au moment où Jean Dujardin crache avec un compagnon et qu'ils ravalent leurs crachats. Film à ne pas recommander. ... lire la suite

Encouragement

Brann du Senon 27/09/2018 à 05:30

Superbe boulot Germain!

Paru le 18 octobre 2018

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