"Hikari" : un film lumineux salué à Cannes

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© Haut et court / Vers la lumière
"Hikari" : un film lumineux salué à Cannes
© Haut et court / Vers la lumière

Vers la lumière (Hikari, dans la version originale) a tout d’une caresse de l’âme, même s’il ne semble pas avoir touché celle des membres du jury du dernier Festival de Cannes. Dommage, serait-on tenté de dire. Car la réalisatrice japonaise Naomi Kawase, grande habituée de la Croisette (Still The Water et Les délices de Tokyo, récemment), signe une œuvre lumineuse et nimbée de grâce, saluée, c’est heureux, par le prix du Jury œcuménique.

À propos de l'article

  • Créé le 30/05/2017
  • Publié par :Pierre-Olivier Boiton
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    Pèlerin.com le 31 mai 2017

Misako est une jeune femme spécialisée dans l’audiodescription de films. Son travail ? Mettre des mots sur des images, afin de donner à des spectateurs privés de la vue et devant s’en remettre à la seule force de leur imaginaire, des clés pour comprendre l’ œuvre cinématographique qui se déroule sous leurs yeux.  Nous voilà immergés, dès le début de Vers la lumière, dans une séance de projection-test, durant laquelle la jeune Japonaise confronte son texte à un échantillon de personnes déficientes visuelles, pour écouter leur ressenti et rendre son texte plus perfectible. Un « regard »précieux, souvent bienveillant pour l’aider à corriger le tir, trouver le mot juste, s’accorder au maximum avec le spectateur.


...un homme assez désobligeant, M. Nakamori, visage impassible, ne s’embarrasse guère de manières pour critiquer le travail de Misako

Dans la salle pourtant, un homme assez désobligeant, M. Nakamori, visage impassible, ne s’embarrasse guère de manières pour critiquer le travail de Misako.  Signe particulier de cet homme qui est sur le point de perdre définitivement la vue : il est photographe… L’acuité de ses remarques renvoie la jeune femme à ses propres fragilités : le deuil de son père, qui la hante, et l’irrémédiable crépuscule physique de sa mère, gagnée peu à peu par la folie. Si le ressort scénaristique du film repose sur la rencontre entre ces deux êtres confrontés aux deuils, passé ou à venir, Vers la lumière est surtout une très belle réflexion sur l’image, le regard, la mémoire.


"Vers la lumière" est surtout une très belle réflexion sur l’image, le regard, la mémoire

Comment rendre compte de ce qui est ineffable, indicible ? Comment garder trace de ce que l’on ne saurait retenir indéfiniment au creux de la main, sur la rétine de l’œil ou dans un recoin de notre esprit ? Naomi Kawase s’empare avec délicatesse de ces questions. Son film sera en salles le 20 septembre, au moment de l’équinoxe d’automne : plus qu’un symbole. À cette occasion, laissez-vous sans crainte effleurer par son rayon de lumière.


 

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Paru le 15 novembre 2018

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