Comment assurer une fin de vie digne ?

agrandir « La Maison » est un centre d’accueil de personne en fin de vie à Marseille.
« La Maison » est un centre d’accueil de personne en fin de vie à Marseille. © Jérôme Brezillon / Tendance Floue
« La Maison » est un centre d’accueil de personne en fin de vie à Marseille.
« La Maison » est un centre d’accueil de personne en fin de vie à Marseille. © Jérôme Brezillon / Tendance Floue

Le rapport du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pointe les mauvaises conditions de la fin de vie en France et les divergences de la société sur l’euthanasie et le suicide assisté.

À propos de l'article

  • Créé le 29/10/2014
  • Modifié le 29/10/2014 à 05:00
  • Publié par :Guillemette de La Borie
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6883, du 30 octobre 2014

En présentant « le débat public concernant la fin de vie en France », destiné à « éclairer » des choix qui pourraient être discutés dans une nouvelle loi au début de l’année 2015, le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, pointe « un constat accablant », « un scandale ».

 ► Vidéo. Jean-Claude Ameisen : « Plus de 80% de personnes n’ont pas accès aux soins palliatifs », source France Inter. Durée : 10 minutes.

 
Jean-Claude Ameisen "Plus de 80% de personnes n... par franceinter

Quinze ans après la loi Leonetti (1999), votée à l’unanimité, destinée à assurer à tout patient une « fin de vie digne » (accès à des soins palliatifs, pour soulager la douleur et accompagner sans acharnement thérapeutique), 80 % des personnes en fin de vie n’ont pas accès aux soins palliatifs.

Avec de très grandes inégalités territoriales et de prises en charge financière. Quand les malades en bénéficient, ces soins ne prennent le relais des soins « curatifs » que dans les dernières semaines de la vie, alors qu’ils devraient être prodigués « dès que besoin ».

« Une fin de vie insupportable »

Plus généralement, ce rapport pointe « une fin de vie insupportable », notamment pour le million de personnes vivant en maisons de retraite (EHPAD), parmi lesquelles 13 000 par an meurent parfois « sur un brancard, dans le couloir des urgences ». 

Faute de formation des personnels soignants, qui connaissent mal la loi Leonetti, et faute de structures suffisantes d’accompagnement à domicile.

Vidéo. Jean Claude Ameisen : « La sédation profonde c’est une anesthésie générale, ce n’est pas interrompre la vie ». Source France Inter. Durée : 16 minutes.

 
Jean Claude Ameisen : "La sédation profonde c... par franceinter

Les débats publics organisés à travers la France en 2012 ont montré aussi le sentiment partagé des familles et des patients de ne pas être écoutés et respectés, soumis au seul pouvoir médical.

La loi Leonetti avait institué, en 2005, la possibilité de rédiger des « directives anticipées » sur la conduite à tenir dans le cas où la personne deviendrait incapable d’exprimer sa volonté.

Tout récemment, par exemple, dans la douloureuse affaire de Vincent Lambert, maintenu en vie en état de conscience minimale, cette démarche n’avait pas été faite.

Conscient de l’urgence, le président de la République a confié en juin 2014 aux députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) la mission de faire des propositions d’aménagement de la loi actuelle, avant le 1er décembre 2014.

Par ailleurs, le rapport du CCNE met aussi en lumière la complexité des choix et les divergences profondes de la société française, notamment sur la question de l’euthanasie et du suicide assisté.

Pour certains membres du CCNE, améliorer la loi et généraliser les soins palliatifs est une première étape indispensable : aujourd’hui, selon les sondages, beaucoup de personnes, connaissant les mauvaises conditions de fin de vie qui les attendent, se disent prêtes à avoir recours à l’euthanasie et au suicide assisté.



Du côté de la Conférence des évêques

Le 23 octobre 2014 également, la Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé vouloir prendre part au débat public, avec la constitution d’un groupe  de travail animé par Mgr d’Ornellas, destiné à « fournir les éléments de réflexion sur la dignité de l’homme et sur la solidarité ».

Le même jour, la CEF a ouvert un blog – www.findevie.catholique.fr –, lieu de dialogue pour  permettre à un maximum de personnes de réfléchir et de discuter sur ce sujet difficile. Avec des contributions régulières de médecins, juristes,  philosophes, théologiens,  et des témoignages. Un compte Twitter @blogfindevie complète ce dispositif d’échanges.

Tweet du Blog fin de vie.

 

Documents. Textes et documents de référence sur la fin de vie. Source : Conférence des évêques de France.


Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Carence

carnot 03/11/2014 à 15:26

Face à une telle carence de place en soins palliatifs, la réponse n'est elle pas de se battre pour débloquer des financements et des places supplémentaires plutôt que pour un changement de loi vers une autorisation de l'euthanasie ? ... lire la suite

Paru le 18 octobre 2018

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