Vers une Église pleinement synodale…

agrandir Le pape, au coeur de l'Église serait le garant d’une unité dans la diversité et non pas dans l’uniformité.
Le pape, au coeur de l'Église serait le garant d’une unité dans la diversité et non pas dans l’uniformité. © FILIPPO MONTEFORTE / AFP
Le pape, au coeur de l'Église serait le garant d’une unité dans la diversité et non pas dans l’uniformité.
Le pape, au coeur de l'Église serait le garant d’une unité dans la diversité et non pas dans l’uniformité. © FILIPPO MONTEFORTE / AFP

À propos de l'article

  • Créé le 23/10/2015
  • Publié par :Mgr Jean-Paul Vesco
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    23 octobre 2015

Une question était posée au début du synode : pourquoi le pape François a-t-il lancé une démarche synodale d’une telle ampleur sur le thème de la famille ?

Le Saint Père a apporté un élément essentiel de la réponse lors de son discours donné à l’occasion du 50e anniversaire du synode des évêques : plus encore que le thème du synode, c’est la démarche synodale en elle-même qui était en jeu.

Dans cette allocution, le pape François appelle en fait à une véritable  révolution culturelle  dans l’Église. Un renversement de la structure pyramidale où le pape ne serait plus le sommet mais, au cœur de l’Église :

le garant d’une unité dans la diversité et non pas dans l’uniformité.

C’est bien d’une révolution ecclésiologique dont il est question dans ce discours du pape François. En effet, la synodalité n’est pas simplement une belle idée, c’est une culture faite d’écoute et de débat dans un cadre de régulation qui s’impose à tous.

Une culture qui ne peut être vécue qu’à tous les niveaux de l’Église, du plus proche de la vie quotidienne jusqu’aux instances les plus décisionnelles. Une culture qui n’est pas immédiatement compatible avec l’image pastorale traditionnelle de l’Église, avec des pasteurs et un « troupeau ».

En ouvrant la dynamique de la synodalité à tous les baptisés par l’envoi, à deux reprises, d’un questionnaire, le pape François nous a lancé dans ce mouvement que saint Jean-Paul II avait déjà esquissé, dans une perspective œcuménique, comme un horizon vers lequel cheminer.

L’expérience de cette assemblée synodale met néanmoins en lumière qu’il y a encore loin entre l’objectif et sa réalisation. Comment pourrait-il en être autrement ? Notre Église est fondamentalement hiérarchique et cela ne facilite pas une culture de la synodalité.

Elle est aussi doctrinale et la doctrine, qui évolue nécessairement au fil du temps, émane du souverain pontife et non pas du synode.

D’où la limite de l’exercice dans lequel nous avons tenté de donner le meilleur de nous-mêmes.

Dans son allocution, le pape François a en quelque sorte donné aux « pères synodaux » une catéchèse mystagogique sur la synodalité, c’est-à-dire la catéchèse que l’on fait aux nouveaux baptisés afin de leur expliquer le sens de ce qu’ils ont vécu au moment de leur baptême.

Nous découvrons tout en marchant le chemin sur lequel le pape François veut engager l’Église. De ce fait ce synode est peut-être un commencement. Et de commencements en commencements…

► Pour suivre le synode, retrouvez également dans notre dossier En direct de la place Saint-Pierre de Rome des portraits de touristes, pèlerins ou visiteurs qui parlent à Pèlerin de leur vision de la famille aujourd'hui.

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Paru le 11 octobre 2018

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