Discours de La méthode…

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Pour faire la synthèse des débats, il aura été précieux au pape François d'avoir permis à ses pasteurs de débattre ensemble et de s’écouter. © ANDREAS SOLARO / AFP
Pour faire la synthèse des débats, il aura été précieux au pape François d'avoir permis à ses pasteurs de débattre ensemble et de s’écouter.
Pour faire la synthèse des débats, il aura été précieux au pape François d'avoir permis à ses pasteurs de débattre ensemble et de s’écouter. © ANDREAS SOLARO / AFP

À propos de l'article

  • Créé le 12/10/2015
  • Publié par :Jean-Paul Vesco
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    12 octobre 2015

Cette expression empruntée à René Descartes résume les échanges et les incertitudes du début du synode. Qu’attendait-on de nous et comment allions-nous travailler à trois cent personnes venues du monde entier ? Nous savions que le travail se ferait en alternant  entre prises de paroles individuelles (3 minutes chacun !) devant le Saint Père et tous les membres du synode et temps de réflexion en groupe de langues (« circoles minores »).

Il était entendu aussi que l’accent serait mis sur les groupes linguistiques (5 langues possibles) composés chacun d’une vingtaine de membres issus chaque fois de plusieurs continents. C’est là en effet que peuvent vraiment avoir lieu les échanges et ils sont donc une expression vivante de la synodalité.

L’incertitude quant à la méthode a été rapidement balayée. Nous partions d’un texte de base, l’Instrumentum Laboris, établi par le synode extraordinaire de l’année dernière enrichi des réponses au questionnaire destiné aux baptisés du monde entier.

Autant le dire tout de suite, ce texte de 70 pages est un document de travail qui ne parle pas immédiatement au cœur du lecteur, même du lecteur averti. C’est ce texte qu’il nous revient d’amender au sein de chaque groupe linguistique. Chaque modification proposée doit être votée à la majorité absolue pour être retenue.

Une synthèse des propositions faites par chacun des 13 groupes linguistiques sera élaborée par une commission de 10 membres nommés par le Saint Père, et c’est cette synthèse qui sera finalement votée article par article et remise au Pape François comme fruit du synode.

On voit tout de suite que cette méthode a relativement peu de chance de permettre l’émergence d’idées très novatrices ou d’un ton nouveau. Le plus petit dénominateur commun entre tous les pères synodaux reste la théologie la plus classique telle qu’elle est déjà formulée par des textes magistériels récents.

Il est possible qu’à la lecture de ce document final un sentiment de déception se fasse sentir par rapport aux attentes très importantes qu’a fait naître cette grande démarche synodale. Il faudra alors se rappeler que ce document, même s’il est rendu public, est destiné au Saint Père, auditeur attentif de toutes les prises de paroles en grande assemblée.

C’est durant cette année de la miséricorde qui s’ouvre le 8 décembre que le Pape François tirera peut-être du neuf à partir de l’ancien avec le souffle qui est le sien. Pour cela, il lui aura été précieux de permettre à ses pasteurs de débattre ensemble et de s’écouter.

Finalement, en travaillant plus ou moins laborieusement un texte reçu du précédent synode extraordinaire, le pape François n’est-il  pas d’abord en train de nous permettre de nous parler sur un sujet qui attise les passions dans l’Église. Ne vaut-il pas mieux d’abord se réjouir de ce feu qui nous est commun plutôt que de se désoler de nos différences ?

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Paru le 18 octobre 2018

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