Le synode s'est ouvert à Rome

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Le synode s'est ouvert à Rome
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Jusqu’au 25 octobre 2015, 360 cardinaux, évêques et experts du monde entier travailleront sur les enjeux de la famille actuelle. Le pape a appelé à « soigner les couples blessés » tout en défendant l’unité du lien conjugal.

À propos de l'article

  • Créé le 06/10/2015
  • Publié par :Mikael Corre
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6932, du 8 octobre 2015

« Nous ne voulons pas vivre ce temps comme un rapport de force dont les micros et les caméras seraient les arbitres. »

Lundi 5 octobre, face aux 360 participants à la XIVe assemblée ordinaire du synode, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président délégué du synode, a appelé à ce que ces trois semaines de travaux sur le thème de la famille soient un « temps de communion ».

Une communion d’autant plus nécessaire que, dès le samedi 3 octobre, la conférence de presse d’un prélat de la Curie romaine a mis le Vatican sur la sellette.

Mgr Krzysztof Charamsa a révélé qu’il était homosexuel et qu’il avait un compagnon pour

pousser l’Église à ouvrir les yeux sur la situation des croyants homosexuels.


Le Saint-Siège, qui l’a démis de ses fonctions au sein de Congrégation pour la doctrine de la foi et de la Commission théologique internationale, a jugé cette annonce « irresponsable ».

Une agitation très loin des préoccupations de ce couple de touristes chinois qui assistait dimanche 4 octobre, « par accident », à la messe d’ouverture de cette XIVe assemblée ordinaire du synode des évêques.

« Ma famille est ma protection contre la solitude », explique Karl Zheng Gio, 26 ans, très intéressé par le thème du synode. Il ne se doutait pas qu’au moment où il parlait, le pape François commentait précisément cette parole de la Genèse : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. »

« D’autres sujets que les divorcés et les homosexuels »

La solitude, explique le pape François, est un « drame qui, encore aujourd’hui, afflige tant d’hommes et de femmes. Je pense aux personnes âgées, abandonnées même de leurs êtres chers (...) ; aux veufs et aux veuves ; à tant d’hommes et de femmes laissés par leur épouse ou par leur mari (…), aux migrants et aux réfugiés qui fuient les guerres et les persécutions ».

« Ça me marque que le pape ait parlé de ça », confie dans la basilique Saint-Pierre, Stéphanie Boissadier, 44 ans, touriste venue de Touraine.

C’est vrai que lors du décès d’un proche, on peut vite se sentir seul, même si on est entouré 

→ poursuit cette veuve de 44 ans, qui « aimerait que l’Église ouvre ses portes aux divorcés remariés. »

Mais davantage que d’inviter à l’ouverture, le pape François a rappelé avec force la parole de Jésus (Mc 10,9) : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » Affirmant la nécessité de « soigner les couples blessés », d’accueillir et de ne pas juger, le pape François a tenu à donner des gages aux chrétiens inquiets que le synode puisse entraîner un changement de doctrine, appelant l’Église à « défendre l’amour fidèle et (...) l’unité et l’indissolubilité du lien conjugal ».

À la sortie de la messe, soutane rouge recouverte de dentelle blanche, Giuseppe Versaldi, préfet de la Congrégation de l’éducation catholique, s’enthousiasme de cette homélie « inspirée » :

Elle est une direction pour le synode : incarner à la fois la vérité de Dieu et les situations actuelles, dans leur diversité 

→ assure-t-il.

« En Inde, le point le plus important, c’est la maltraitance des enfants », expliquait la veille Julias, séminariste étudiant à Rome, originaire du sud de l’Inde. « J’espère que tout au long du synode, les médias parleront d’autres sujets que les divorcés remariés et les homosexuels. »

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Paru le 11 octobre 2018

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