« La famille, c'est comme un arbre sous lequel tout le monde s'assoit »

agrandir Khaled, 65 ans et Fatima Al Kadi, 67 ans, place Saint-Pierre, Rome, le 8 octobre 2015.  D'origine palestinienne ils vivent aujourd'hui à Dubaï.
Khaled, 65 ans et Fatima Al Kadi, 67 ans, place Saint-Pierre, Rome, le 8 octobre 2015. D'origine palestinienne ils vivent aujourd'hui à Dubaï. © Mikael Corre
Khaled, 65 ans et Fatima Al Kadi, 67 ans, place Saint-Pierre, Rome, le 8 octobre 2015.  D'origine palestinienne ils vivent aujourd'hui à Dubaï.
Khaled, 65 ans et Fatima Al Kadi, 67 ans, place Saint-Pierre, Rome, le 8 octobre 2015. D'origine palestinienne ils vivent aujourd'hui à Dubaï. © Mikael Corre

Pour ce couple de musulmans, en visite place Saint-Pierre, Islam et Christianisme demandent aux familles « amour », « entraide » et « respect ».

À propos de l'article

  • Créé le 09/10/2015
  • Publié par :Mikael Corre
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    09 octobre 2015

« La famille, c'est comme un arbre sous lequel tout le monde s'assoit, où les joies et les difficultés des uns et des autres sont jointes. » L'auteur de cette métaphore arboricole n'est pas originaire d'une terre particulièrement boisée. Khaled Abu Khaled, 65 ans, est palestinien. Avec sa femme, Fatima Al Kadi, de deux ans plus âgée, il vit depuis 1970 à Dubaï, ville la plus peuplée des Émirats arabe unis, devant la capitale Abou Dabi.

Leur fils vit aussi à Dubaï, mais leurs deux filles résident à l'étranger, la première en Jordanie et l'autre en France, où elle étudie à la Sorbonne. « C'est pour la voir que nous sommes en Europe ».

Toujours ensemble même à distance

Souvent les enfants rendent eux aussi visite à leurs parents. Et la famille se retrouve parfois sur Skype*. « Nous sommes à distance, mais nous sommes toujours ensemble. »
Élégant, souriant, Khaled Abu Khaled loue les mérites de la « famille arabe », soudée, presque indissoluble, mais affectée par « le travail ». « Les journées sont très longues à Dubaï, témoigne cet ingénieur civil, nous terminons le soir après 20h ».

Mais cela n'empêche pas, selon lui, une culture hospitalière : « de nombreux Indiens, Philippins et Arabes d'autres pays vivent à Dubaï. Plus de 100 nationalités se mélangent, et il n'y a pas de problème entre chrétiens et musulmans ».

« Nous vivons tous ensemble, comme une grande famille », insiste sa femme, ancienne professeur d'arabe, dans un anglais hésitant.

« L'amour doit être le plus important »

A Dubaï, les chrétiens sont libres de pratiquer leur religion, mais dans la discrétion de la sphère privée. Khaled Abu Khaled résume : « Toutes les religions ont la même parole sur la famille : aimez vous, entre membres d'une même famille, entraidez vous, et respectez toujours la famille. Je suis moi-même père, et mon rôle est de comprendre ce que vivent mes enfants, leurs joies comme leurs peines ».

N'est-ce pas difficile ? « Parfois, mais nous devons essayer. Par exemple ma fille, en France, a rencontré un jeune homme français (non musulman). Elle me dit qu'elle l'aime. Je lui ai répondu : ''si tu l'aimes, alors marie toi avec lui'' ». Il admet qu'aux Émirats arabes unis, toutes les familles n'auraient pas réagi ainsi. « L'amour doit être le plus important ».

     

* Logiciel de vidéo-communication par Internet.

                        

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Paru le 20 septembre 2018

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