« En Afrique, tout le monde est de la famille »

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Le P. Selase Atsu, 32 ans, originaire du Ghana, place Saint-Pierre, à Rome, le jeudi 8 octobre 2015 © Mikael Corre
Le P. Selase Atsu, 32 ans, originaire du Ghana, place Saint-Pierre, à Rome, le jeudi 8 octobre 2015
Le P. Selase Atsu, 32 ans, originaire du Ghana, place Saint-Pierre, à Rome, le jeudi 8 octobre 2015 © Mikael Corre

Le P. Selase Atsu, 32 ans, est originaire du Ghana et étudie à Rome. Il nous raconte les différences « fondamentales » entre familles « occidentales » et « africaines ».

À propos de l'article

  • Créé le 14/10/2015
  • Publié par :Mikael Corre
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    14 octobre 2015

« Le thème de la famille ? C'est intéressant, mais pourquoi les pères du synode ont-ils décidé de travailler là-dessus ? »

Pour comprendre la remarque, il faut laisser au P. Selase Atsu, jeune prêtre de 32 ans qui étudie la communication à Rome, le temps de raconter d'où il vient.

D'Afrique de l'Ouest. Du Ghana, plus précisément, un pays où la famille est – affirme le P. Selase Atsu - moins une question problématique qu'une évidence, une réalité forte, ancestrale et structurante.

 Une famille élargie très soudée

« Je ne pense pas qu'il y ait de problème dans les familles en Afrique, ni que nous ayons besoin d'un synode sur ce thème. Toutes les générations vivent encore ensemble et, surtout, la famille est beaucoup plus large qu'en Europe. »

Chemise claire rentrée dans un pantalon sombre, Selase Atsu raconte qu'au Ghana, on ne parle pas de « cousins » ni de « cousines », mais de « frères » et « sœurs ».

 « C'est une différence fondamentale ! Vous comprenez ce que ce cela implique ? Les enfants de ceux que vous appelez ''cousins'' et ''cousines'' sont pour moi comme mes neveux. Ce ne sont pas des personnes que je vois seulement une fois dans l'année ».

 Un continent tourné vers l’autre

Il sort son smartphone et explique que, grâce à l'application WhatsApp*, il discute au quotidien avec tous ses « frères et sœurs ». Ils sont une vingtaine,« et la famille peut encore s'agrandir. »

Rien à voir avec la vision « occidentale » de la famille nucléaire...

« En Afrique, tout le monde est de la famille, dans le bus vous parlez aux gens. Ici, les gens sont plus rigides, ils ne se disent pas bonjour. »

 Une libéralisation des relations ?

Il admet tout de même que, dans son pays, des questions nouvelles apparaissent. « Les grandes villes copient ce qui se passe aux États-Unis, mais la famille reste importante ».

Le discours de l’Église serait moins adapté aux familles aujourd'hui ? Le P. Selase Atsu renverse la question. « Je me demande : pourquoi aujourd'hui de nombreux catholiques s'opposent-ils aux enseignements de l’Église ? »

 Il voudrait laisser la question posée, mais donne tout de même une piste.

 «  Aujourd'hui, la liberté semble passer avant tout ».

                   


*Application d'échange de messages sur téléphone portable.


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Paru le 11 octobre 2018

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