Synode  : débat chez les théologiens

agrandir La réflexion des vingt-six théologiens va permettre de nourrir les discussions déjà entamées lors du premier synode sur la famille en octobre 2014.
La réflexion des vingt-six théologiens va permettre de nourrir les discussions déjà entamées lors du premier synode sur la famille en octobre 2014. © M. Migliorato/CPP/Ciric
La réflexion des vingt-six théologiens va permettre de nourrir les discussions déjà entamées lors du premier synode sur la famille en octobre 2014.
La réflexion des vingt-six théologiens va permettre de nourrir les discussions déjà entamées lors du premier synode sur la famille en octobre 2014. © M. Migliorato/CPP/Ciric

Dans l’ouvrage  Synode sur la vocation et la mission de la famille dans l’Église et le monde contemporain, 26 théologiens francophones revisitent les enjeux du synode sur la famille, qui se tiendra en octobre à Rome.

À propos de l'article

  • Créé le 25/08/2015
  • Publié par :Gwénola de Coutard
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6926, du 27 août 2015

Pour aborder les questions familiales, le pape François a voulu que l’Église se donne du temps, et que les langues se délient. Après un premier synode des évêques en octobre 2014, voilà que se profile le second rendez-vous d’octobre 2015.

Le rapport final de la première session pointait les problématiques à dénouer, pour que les évêques du monde entier y travaillent avant de revenir en octobre 2015. Après les vifs débats du premier synode, notamment au sujet de l’accès aux sacrements des divorcés remariés ou de l’accueil des personnes homosexuelles, ces derniers mois ont donc vu se multiplier les initiatives et prises de position.

Du côté des conservateurs, une « filiale supplique » lancée sur Internet pour demander au pape François de « réaffirmer de façon catégorique » que « les catholiques divorcés et civilement remariés ne peuvent recevoir la sainte communion » et que « les unions homosexuelles sont contraires à la loi divine et naturelle » a obtenu près d’un demi-million de signatures.

Un livre rassemblant les contributions de onze cardinaux prônant le maintien de la discipline de l’Église sera également publié le 17 septembre  2015 (Le mariage et la famille dans l’Église catholique. 11 cardinaux apportent un éclairage pastoral., Éd.  Artège, 214 p. ; 19,90 €).

De même, avant le synode de 2014, cinq cardinaux (Demeurer dans la vérité du Christ, Éd. Artège, 312 p. ; 19,90 €) s’étaient déjà rassemblés pour contrecarrer les arguments « progressistes » du cardinal Walter Kasper, figure de proue de ceux qui réclament un assouplissement des règles au nom de la miséricorde.

De ce côté-là aussi, la mobilisation s’organise. En mai 2015, les épiscopats français, suisse et allemand avaient organisé une journée d’étude à Rome avec des théologiens, à huis clos, mais dont les propositions ont finalement été publiées début août par la conférence épiscopale allemande.

Certains des participants à cette rencontre ont aussi collaboré au livre que Bayard publie ce 27 août 2015. L’impulsion initiale de l’ouvrage a été donnée par le conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France, qui a souhaité solliciter la réflexion de théologiens dans la foulée du synode et des débats menés par les évêques en novembre 2014, lors de leur assemblée plénière à Lourdes.

« Aucune consigne » n’a été donnée aux vingt-six auteurs (dont de nombreux laïcs) issus de huit facultés de théologie de France, Suisse et Belgique, « sinon celle de limiter leur contribution à un recto verso », explique Mgr Jean-Luc Brunin, président du conseil Famille et Société. Chacune des seize questions abordées, aux formulations parfois audacieuses, se voit apporter a minima deux réponses différentes, souvent davantage.

Une approche plus nuancée des situations familiales

Divorcés remariés, homosexualité, contraception, sens du mariage ou de l’Eucharistie : les points les plus brûlants sont abordés par les auteurs, qui plaident pour une approche plus nuancée des situations familiales complexes.

D’autres sujets, moins médiatiques, font aussi l’objet de développements particulièrement intéressants. Ainsi, les biblistes déplorent un décalage entre le modèle familial plutôt idéalisé prôné par l’enseignement de l’Église, et la vision beaucoup plus réaliste qu’en donne l’Écriture – souvent un lieu d’épreuves, voire de situations transgressives, que Dieu transforme en voie de salut. D’où l’intérêt des pistes suggérées pour accompagner les familles qui vivent des situations de « désordre » ou de souffrance.

Cet effort fait pour que l’expertise théologique s’accompagne de propositions concrètes est l’un des points forts de l’ouvrage. Seul regret : les termes alambiqués de certaines contributions, qui en rendent la lecture parfois inconfortable pour le grand public. 


A lire

livre synode

Synode sur la vocation et la mission de la famille dans l’Église et le monde contemporain. 26 théologiens répondent. Éd. Bayard, 330 p. ; 16,90 €.




Quelques propositions de théologiens francophones

Divorcés remariés
1.Conserver le principe de l’indissolubilité du mariage, mais mieux différencier les situations pour ouvrir un accès aux sacrements pour les divorcés remariés. Certains critères pourraient être retenus, notamment un temps préalable de pénitence et de réconciliation, dans le cadre d’un accompa­gnement personnalisé. Sur le modèle des préparations au baptême, Xavier Lacroix propose d’inscrire ce temps dans une démarche « ecclésiale et communautaire ». Son aboutissement, après plusieurs années de jeûne eucharistique, serait marqué par un rituel.

2. Éviter le recours à la « communion spirituelle » (sans consommation de l’hostie consacrée, en s’avançant mains croisées sur la poitrine pour recevoir une bénédiction, NDLR), qui affaiblit le sens de l’Eucharistie, selon Patrick Prétot et Henri-Jérôme Gagey.

Personnes homosexuelles
1. Sans approuver le mariage homosexuel, reconnaître qu’un chemin de sainteté est possible pour les personnes vivant une relation  stable et fidèle (Antoine Guggenheim).

2.Reconnaître chez ces couples ce qui  est bon, avant de les  désigner par ce qui leur « manque »  (Jean-Marie Gueullette).

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 18 octobre 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières