Les défis du couple

agrandir Selon le P. Cédric Burgun, les hommes et les femmes souffriraient d’une fragilité affective, rendant difficile un engagement sur le long terme.
Selon le P. Cédric Burgun, les hommes et les femmes souffriraient d’une fragilité affective, rendant difficile un engagement sur le long terme. © Viola Tavazzan / Getty Images.
Selon le P. Cédric Burgun, les hommes et les femmes souffriraient d’une fragilité affective, rendant difficile un engagement sur le long terme.
Selon le P. Cédric Burgun, les hommes et les femmes souffriraient d’une fragilité affective, rendant difficile un engagement sur le long terme. © Viola Tavazzan / Getty Images.

Mois après mois, Pèlerin propose un panorama des grandes questions qui devraient être débattues lors du synode. Ce mois-ci : le mariage chrétien.

À propos de l'article

  • Créé le 12/05/2015
  • Publié par :Guillemette de La Borie
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6911, du 14 mai 2015

Tout le monde en convient : la société change, et les réalités familiales au même rythme. Les documents de préparation au synode d’octobre 2015, Relatio et Lineamenta en latin, les réponses et contributions diverses, ainsi que les statistiques, font écho des mêmes évolutions.

Le mariage, civil ou religieux, remis en cause

En France, l’union libre, ou cohabitation sans mariage, se généralise : la grande majorité des jeunes couples (environ 90 %) commence leur vie commune par une période de concubinage, d’une année au moins.

Et parfois seulement en vue d’un mariage ultérieur, civil ou/et religieux, puisque la nuptialité diminue (30 % seulement des femmes nées après 1975 ont convolé, contre 80 % pour la génération née en 1930).

Enfin, ceux qui s’engagent dans le mariage le font de plus en plus tard (entre 30 et 32 ans respectivement pour les femmes et les hommes). Depuis 2007, une barre a été franchie, puisque désormais plus d’un enfant sur deux naît hors mariage. Une étude de l’Ined  note cependant que les pratiquants les plus assidus d’une religion entrent plus volontiers que les autres dans le mariage sans cohabitation préalable (pour 38 % d’entre eux).

Le mariage, civil ou religieux, est donc clairement remis en cause, comme d’autres institutions : nombre de jeunes couples en âge de se marier sont eux-mêmes issus de parents séparés et ne rencontrent guère de témoignages de fidélité au long cours.

La notion d’engagement à vie apparaît désynchronisée avec les réalités et les rythmes d’aujourd’hui, remplacée par la notion de contrat, qui peut être rompu lorsque l’une des deux parties n’y trouve plus son compte.

Fragilité affective et immaturité

Le P. Cédric Burgun, prêtre de la communauté de l’Emmanuel, auteur de La famille, c’est sacré (Éd. Artège) pointe aussi une forme de fragilité affective, d’immaturité, qui interroge la capacité humaine et psychique des jeunes couples à s’engager.

À noter encore le manque d’appui qui leur est offert, lorsque les familles sont éclatées, dispersées géographiquement. On assiste ainsi à des ruptures de couple très rapides, faute de volonté et de moyens de dépasser les difficultés inévitables (un couple sur deux, marié ou non, se sépare avant dix ans de vie commune).

L’idéal d’une famille stable

Relativisons pourtant : lorsque l’espérance de vie était moins longue, et que beaucoup de femmes mouraient en couches, la question de la durée du mariage ne se posait pas de la même façon : le temps à parcourir en couple était plus court, et donc les risques de rupture aussi.

Et pourtant ! Paradoxalement, le désir d’une famille stable demeure un idéal pour la grande majorité des Français de tous âges et toutes croyances (sondage Ipsos 2011 pour La Croix).

Dans un tel contexte, le modèle classique de préparation au mariage proposé par l’Église catholique apparaît parfois décalé. Même s’il est souvent de qualité. Beaucoup de jeunes gens plus éloignés de la pratique religieuse ne trouvent pas réponse à leurs attentes de couples déjà engagés dans une vie commune.

La doctrine catholique, notamment sur la sexualité, leur paraît irréaliste, culpabilisante ou excluante. Pour certains contributeurs au questionnaire, engagés dans un mouvement de couple, cette préparation au mariage n’est pas non plus suffisamment connectée à la vie ecclésiale, et ne débouche pas assez souvent sur une participation régulière à celle-ci.

« Pour faire plaisir à la grand-mère »

Ils regrettent aussi quelques mariages « pour faire plaisir à la grand-mère », dont la démarche est vécue comme un droit. Selon le P. Cédric Burgun, le problème est plus fondamental : il manquerait à beaucoup les bases catéchétiques, pour entrer dans la grâce du sacrement… f

Source pour tous les chiffres : Ined.


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Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

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André Lommez 16/05/2015 à 09:35

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