Philippe Croizon : "Quand j'ai eu mon accident, j'ai demandé un coup de main à Jésus"

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Philippe Croizon a reçu le prix de l'aventure humaine 2017, pour avoir concouru en tant que pilote sur le Dakar 2017 © Philippe Matsas/Flammarion
Philippe Croizon a reçu le prix de l'aventure humaine 2017, pour avoir concouru en tant que pilote sur le Dakar 2017
Philippe Croizon a reçu le prix de l'aventure humaine 2017, pour avoir concouru en tant que pilote sur le Dakar 2017 © Philippe Matsas/Flammarion

Aventurier, écrivain, acteur, chroniqueur pour Le magazine de la santé (France 5)… À 49 ans, Philippe Croizon, ex-ouvrier métallurgiste mène mille vies depuis son amputation des quatre membres, en 1994.

En confidences

À propos de l'article

  • Créé le 12/12/2017
  • Publié par :Estelle Couvercelle
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7045 du 7 décembre 2017

La dernière fois que vous avez ri ?
 Il y a quelques minutes avec Suzana, ma compagne. J'adore lui faire des blagues et voir sa mine affolée.

La dernière fois que vous avez pleuré ?
 En écoutant Le monde est stone, une des chansons de la comédie musicale Starmania.

Ce qui vous rend meilleur ?
Le partage de mes expériences avec les gens lors de conférences où je suis invité. Il n'y a rien de mieux que la communion avec eux.

Ce qui vous met en colère ?
Le pessimisme des Français qui  se lamentent en disant : « Notre pays est foutu, il n'y a plus d'avenir. »

Qu'est-ce qui vous fait peur ?
La mort. Je l'ai déjà rencontrée (le 5 mars 1994, il s'est électrocuté en démontant l'antenne de télévision sur le toit de sa maison, NDLR). Je lui ai demandé de me laisser tranquille un moment de plus, car j'ai encore à faire.

Votre remède contre la déprime ?
Le rire. C'est un des moteurs de ma résilience. Chaque matin, je souris devant mon miroir.

Un geste d'amour ?
Je suis un père « bisous ». Je n'arrête jamais d'en faire, à mes proches et, surtout, à ma petite-fille, Olivia.

Ce que vous aimeriez changer en vous ?
Mon impatience : je veux tout et tout de suite. Tout le monde me dit : « Calme-toi ! »

Quel est votre talent caché ?
Avec un stylo dans la bouche, je sais dessiner un cœur sur une feuille.

Votre film culte ?
La vie est belle (1997), de Roberto Benigni. Ce film, l'histoire d'un papa qui fait tout pour son enfant avec humour alors que la situation est dramatique, m'a touché.

Votre devise ?
Tout va bien. On recommence !

Votre mot préféré ?
Amour ! On passe beaucoup plus de messages avec l'amour qu'avec la haine.

Votre héros du quotidien.
Moi. Ça me suffit ! (Rires.)

Que reste-t-il en vous de l'enfant que vous étiez ?
Je suis resté un vrai gamin. Je n'ai pas grandi dans ma tête… et pas davantage physiquement, après que les médecins m'ont amputé. (Rires.)

Si vous aviez une baguette magique, quel rêve réaliseriez-vous ?
J'ai le droit d'emprunter la réponse à Miss Univers ? La paix dans le monde !

Vous avez un rendez-vous de cinq minutes avec le pape François. Quel sujet abordez-vous ?
Son travail, car il en a beaucoup avec son Église qui ne va pas fort. Peut-être faut-il qu'il la réforme davantage. C'est un homme bien, qui envoie aussi beaucoup de messages de paix. Dommage que personne ne l'écoute.

Pour vous, Jésus, c'est qui ?
Quelqu'un à qui j'ai demandé un coup de main quand j'ai eu mon accident.

Prier, rime avec… ?
Espérer.

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Paru le 2 août 2018

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