Dans les pas de Mère Teresa

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Mère Teresa, Prix Nobel de la paix. © Peta Do Aztlan / Flickr / CC
Mère Teresa, Prix Nobel de la paix.
Mère Teresa, Prix Nobel de la paix. © Peta Do Aztlan / Flickr / CC

Mère Teresa aurait eu 100 ans en août 2010. Sœur Marie, première Française à être devenue Missionnaire de la Charité, l’a côtoyée à Calcutta durant trente ans. Elle  témoigne du quotidien de la bienheureuse dans son livre Tout a commencé à Calcutta. Morceaux choisis.

À propos de l'article

  • Créé le 02/01/2014
  • Publié par :Isabelle Marchand
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6646, du 15 avril 2010

 ► Vidéo. Dans les pas de Mère Teresa, le livre. Source : Le Jour du Seigneur.

 

Jusqu’à la souffrance
« En tant qu’infirmière, j’ai depuis toujours voulu remédier à la souffrance, physique ou mentale, de mes contemporains. Mais ce que Mère Teresa me demandait, comme elle le demandait à toutes ses sœurs, allait bien plus loin : “Ne donnez pas seulement vos mains, mais aussi votre cœur”, et elle ajoutait : “N’ayez pas peur d’aimer jusqu’à la souffrance. Pour qu’il soit authentique, l’amour doit coûter. Il en a coûté à Jésus de nous aimer”. »(p. 35)

Dans la simplicité extrême
« Vivre pauvrement signifiait d’abord renoncer à un certain confort. Nous nous éclairions donc à la bougie, avant d’utiliser de faibles ampoules qui ne produisaient qu’une lumière diffuse. C’est ce que voulait Mère Teresa : les pauvres disposaient-ils, eux, d’électricité ? Ne valait-il pas mieux leur consacrer le plus de ressources possible ? Pas de ventilateur non plus, puisque les pauvres que nous devions servir n’en avaient pas. J’étais en parfait accord avec cette démarche, cela me convenait et je n’ai jamais vraiment souffert de cette extrême simplicité dans notre vie quotidienne. »(p. 20)


Une vie dans des cartons
« Autre caractéristique des Missionnaires de la Charité que j’attribue à la volonté de Mère Teresa de se tenir au plus près des plus pauvres… nos cartons. Nous n’utilisons jamais de valises (...) Lorsque nous devons nous déplacer (pour changer de lieu de travail, notamment) nous rangeons toutes nos affaires, c’est-à-dire fort peu de choses, dans quelques cartons attachés par de simples ficelles. Nous transportons aussi des papiers, des médailles, des médicaments, des fournitures, d’un foyer à l’autre, d’un pays à l’autre et jusqu’au Vatican, toujours dans des cartons. Tout se passe très bien… quand les ficelles ne craquent pas. »(p. 29)La Lincoln Continental du pape« Mère Teresa mettait aussi une grande imagination à récolter des fonds. Elle ne manquait jamais d’idées. Ainsi, en décembre 1964, le pape Paul VI est venu en Inde, invité par le gouvernement. Il se déplaçait alors dans une limousine, don des catholiques américains, et a décidé d’en faire cadeau à Mère Teresa. Elle a aussitôt organisé une grande tombola dont le lot gagnant était la Lincoln Continental du pape ! Cela a rapporté plus d’argent que si nous l’avions simplement vendue et a permis de construire le centre de Shantinagar, l’un de nos foyers pour lépreux qui se trouve à la frontière de l’État du Biha. »(p. 28)

Vidéo. Mère Teresa : la révélation de Calcutta. Source : Le Jour du Seigneur. Durée : 27 minutes.

 

Les prières du quotidien
« Nous sommes invitées à prier en accomplissant différents gestes du quotidien : lors du lever, lorsque nous nous habillons, lors du coucher (...) Ainsi, le texte intitulé : Prière quand je m’habille (...) Ceinture : Marie, Mère chérie, puisse cette ceinture (l’embrasser) me rappeler que je suis ton enfant et que, comme tel, je dois essayer d’imiter ta pureté évangélique, entourée et protégée de l’absolue pauvreté qui a parachevé ce que tu as fait pour Jésus. Sari : Ô très bienheureuse Vierge Marie, couvre-moi du manteau de ton humilité et fais que ce sari (l’embrasser) me rende toujours plus semblable à toi. »(p. 63)L’ardeur au travail« “On se reposera au ciel !” nous disait-elle (…) Elle menait une vie éprouvante, et toutes celles qui travaillaient avec elle étaient fatiguées. Il fallait la suivre ! Elle pouvait prendre des décisions spontanément, sans nous avoir prévenues. Elle disait : “Je vais à Rome”, alors il fallait vite organiser le voyage ; à peine revenue, elle décrétait qu’elle devait se rendre en Amérique, et hop ! c’était à nouveau des préparatifs et des sœurs qui partaient du jour au lendemain. (…) Elle pouvait aussi nous rappeler du jour au lendemain pour nous changer de lieu de travail. On pouvait travailler à Dehli, par exemple, et un jour, recevoir un télégramme : “Come immediately Calcutta. Mother.” Alors il fallait tout de suite plier bagages et rentrer à la maison mère. »(p. 80)


La joie des retrouvailles
« Je me souviens de moments de joie pure que nous vivions ensemble : les retrouvailles avec Mère Teresa, à son retour de visite des maisons des Missionnaires de la Charité à travers le monde. (...) Nous nous regroupions autour d’elle, nous l’applaudissions. Elle donnait son “blessing” à chacune, en nous posant légèrement les mains sur la tête. Elle passait ainsi parmi nous : “God bless you, God bless you…” Cela pouvait durer un bon moment, nous étions nombreuses. Mais c’est ce qu’elle faisait. »(p. 107)


Où sont les pauvres ?
« Sœur Andrea se souvient du premier voyage de Mère Teresa au Vatican, à l’invitation du pape Paul VI, en 1968. En découvrant la splendeur des ors des palais pontificaux, Mère Teresa, effarée, n’en croyant pas ses yeux, s’est exclamée : “Mon Dieu, mais où sont les pauvres ? Elle a remué la hiérarchie vaticane, a réclamé à sortir sur-le-champ, a tellement insisté que finalement, un évêque l’a fait conduire dans les ruelles misérables de la périphérie de Rome où elle a constaté qu’ici aussi, elle devait fonder une maison des Missionnaires de la Charité. »(p. 121)

Extraits de Tout a commencé à Calcutta, de sœur Marie, Missionnaire de la Charité, Éd. Bayard, 220 p. ; 17 €. En librairie le 23 avril 2010.

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Paru le 4 octobre 2018

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