Les pays baltes attendent le pape

agrandir Le pape François sera à Riga, en Lettonie, le 24 septembre, un pays marqué par un œcuménisme profond.
Le pape François sera à Riga, en Lettonie, le 24 septembre, un pays marqué par un œcuménisme profond. © Toms Auzins / Robert Harding/Andia.fr
Le pape François sera à Riga, en Lettonie, le 24 septembre, un pays marqué par un œcuménisme profond.
Le pape François sera à Riga, en Lettonie, le 24 septembre, un pays marqué par un œcuménisme profond. © Toms Auzins / Robert Harding/Andia.fr

Du 22 au 25 septembre, le pape François visitera la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, d’anciens satellites soviétiques aujourd’hui tournés vers l’Europe, même si l’influence russe n’a pas disparu.

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À propos de l'article

  • Créé le 21/09/2018
  • Publié par :Agnès Chareton
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7086 du 20 septembre 2018

C’est à l’occasion du centenaire de la première indépendance des pays baltes vis-à-vis de la Russie, fêté en 2018, que François a répondu à l’invitation conjointe des chefs d’États baltes et de leurs évêques. Le souverain pontife s’apprête à visiter trois pays profondément marqués par la domination russe puis soviétique, mais qui, depuis la proclamation de leur deuxième indépendance, en 1991, et leur entrée conjointe dans l’Union européenne, en 2004, se sont résolument tournés vers l’Europe. Souvent cités ensemble, ces pays ont chacun leur identité, avec laquelle François devra composer, notamment sur le plan religieux, où le paysage varie du tout au tout d’un État à l’autre.

La Lituanie, un temps rattachée à la Pologne, est profondément catholique, même si seulement 10 % de sa population est pratiquante. La Lettonie, de tradition luthérienne, est marquée par l’œcuménisme. Mgr Zbignevs Stankevics, archevêque de Riga, décrit le pays comme un « modèle d’entente entre les chrétiens » où les proportions s’équilibrent : les luthériens représentent 30 % de la population, les catholiques 25 % et les russophones orthodoxes 30 %. Quant à l’Estonie, considérée comme l’un des pays les moins religieux au monde, elle abrite une Église catholique minuscule, avec 7 000 membres, mais dynamique. L’œcuménisme sera donc l’un des thèmes forts de cette visite de François, dans des pays qui accueillent tous des minorités russophones orthodoxes dont l’intégration reste encore un enjeu.


Quand Jean-Paul II a visité Tallinn, il y avait encore des troupes ex-soviétiques.

De fait, François, qui multiplie les signes d’ouverture en direction du patriarche russe orthodoxe Kirill, devra trouver les mots justes pour évoquer les souffrances passées des peuples baltes tout en appelant au dialogue et à l’unité entre chrétiens. Une venue « très attendue » cette visite intervient vingt-cinq ans après celle de Jean-Paul II, en 1993. Alors que le monde sortait de la guerre froide, le pape polonais avait demandé aux catholiques de pardonner aux oppresseurs, évoquant les minorités russes. « Quand Jean-Paul II a visité Tallinn, il y avait encore des troupes ex-soviétiques, rappelle Mgr Philippe Jourdan, administrateur apostolique d’Estonie, de passage à Paris. Le pays commençait à peine à se reformer, et les gens vivaient dans une grande pauvreté. L’avenir semblait sombre, mais c’était aussi un temps de grandes espérances, de paix, de liberté, d’union de l’Europe. » Vingt-cinq ans après, le contexte a changé.


Les grands idéaux ont été amoindris avec la pression du matérialisme et du scepticisme.

« L’Estonie est certes un État plus fort, plus riche et plus stable. Elle a pris sa place dans le concert des nations, mais les grands idéaux ont été amoindris avec la pression du matérialisme et du scepticisme. » Dans ce petit État de 1,3 million d’habitants, la venue du pape François est « très attendue », assure-t-il, « en particulier pour les non-catholiques », mais aussi pour les autres chrétiens.


Le pape est une référence spirituelle pour toute la chrétienté.

« Le pape est une référence spirituelle pour toute la chrétienté », lui a ainsi confié un ministre luthérien, ne cachant pas son enthousiasme. Pour Mgr Jourdan, un Français naturalisé par le gouvernement estonien en 2005, cette visite du pape dans un pays athée sera un vrai défi. « Nous attendons qu’il réveille notre cœur ! »

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Paru le 6 décembre 2018

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