Au large de Cannes, des acteurs goûtent le silence des moines

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Un moine de Lérins en compagnie de l'actrice Mireille Darc © Thomas Goisque
Un moine de Lérins en compagnie de l'actrice Mireille Darc
Un moine de Lérins en compagnie de l'actrice Mireille Darc © Thomas Goisque

Comme en 2011, les moines de Lérins, dans la baie de Cannes, ont ouvert les portes de leur abbaye à des artistes et professionnels du cinéma, pour le Festival du silence, un temps d'échanges, de prière et de silence.

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À propos de l'article

  • Créé le 12/05/2014
  • Publié par :Philippe Royer
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    23 mai 2012.

Lérins, c’est un archipel dans la baie de Cannes, composé de deux grandes îles et d’îlots. Depuis Sainte-Marguerite, on voit encore la ville. Mais à Saint-Honorat, sa jumelle qui ouvre sur le large : rien, si ce n’est la pinède et la mer. Un monastère y a poussé voici seize siècles. Une communauté d’une vingtaine de moines cisterciens y entretient toujours la flamme… et les vignes, qui donnent un excellent vin.

En 2011, le père abbé, Dom Vladimir Gaudrat, a accepté l’idée d’un Festival du silence, lancée par Yvon Bertorello, un réalisateur de documentaires à vocation religieuse. Une sorte de contrepoint monastique au grand barnum cannois. 

Pendant quelques heures, la communauté avait accueilli, pour un temps de partage, des acteurs et représentants du 7ème art, dont Michael Lonsdale et Brigitte Fossey, qui ne font pas mystère de leur engagement chrétien.

Ce mardi 22 mai 2012, le festival a vécu sa deuxième édition. Une fournée d’une trentaine d’invités a débarqué sur l’île à l’heure du déjeuner : Michael Lonsdale à nouveau, devenu entre-temps président d’honneur du festival, l’actrice et réalisatrice Mireille Darc, d’autres moins comédiens connus. Le journaliste Patrick Poivre d’Arvor, en "guest star". Sans oublier Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon.


► Galerie de photos. Les moines de Lérins à Cannes.



Au programme : accueil par le père Abbé. Lecture par Michael Lonsdale, dans l’une des chapelles latérales de l’église abbatiale, du chapitre 8 de l’Évangile selon Saint Jean. Celui de la femme adultère. Non pas en référence à de quelconques écarts auxquels le tourbillon festif du festival peut conduire, mais "parce qu’il parle magnifiquement de l’accueil de personnes différentes de soi", me souffle l’Abbé.

Le menu est celui des grands jours : entremet de coquilles Saint-Jacques, côtes d’agneau et dessert aux fraises, le tout servi avec un vin de l’abbaye. Mais il est partagé dans le silence, comme le veut la règle de Saint-Benoît, rappelée aux hôtes dès qu’il se sont assis. Elle est parfaitement respectée.

J’ai beaucoup de chance, je suis assis en face de Michael Lonsdale. Mais c’est bien la première fois que je déjeune avec un acteur et un homme que j’admire profondément, sans pouvoir lui glisser le moindre mot. Qu’importe, je garderai le souvenir de son regard, étonnamment serein et apaisant. 

Mireille Darc : "C'est une expérience formidable"

A 15 h 00, office de None, sous les voûtes romanes de l’église, avant un moment de partage et d’échange entre l’Abbé et ses invités. "Une expérience formidable !" résume Mireille Darc. L’actrice me rappelle qu’elle aussi auteur de documentaires et que son dernier-né traite du pardon.

"Pour nous, ces quelques heures sont à la fois exceptionnelles, car elles bousculent nos habitudes et nos horaires, très réglés, et terriblement normales, confie Dom Vladimir Gaudrat.  Notre monastère a une vocation d’accueil. Et ce que nous proposons aux gens de cinéma est exactement ce que nous vivons avec les retraitants qui séjournent dans notre hôtellerie. A ceci près que les seconds restent plus longtemps et que nous pouvons approfondir la rencontre. Mais les questionnements sont exactement les mêmes".

"Ce festival donne l’occasion de faire découvrir un lieu de spiritualité à des gens qui ne sont pas toujours bien au courant de ce qu’on y vit. Un lien de confiance peut s’installer et porter ses fruits", insiste, de son côté, Michael Lonsdale, habitué de très longue date au monde monastique, et bien avant le tournage du film "Des hommes et des dieux". 

Le monde du cinéma a t-il plus besoin de spiritualité qu’un autre ? "Non, poursuit l'interprète de Frère Luc. Les artistes ont une foi à eux. L’art a quelque chose de religieux, même si le cinéma se méfie de la religiosité. Le don de créer de la beauté est un cadeau du ciel. D’une certaine façon, les artistes sont déjà en Dieu …".

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Paru le 6 décembre 2018

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