Vers Tréguier, dans les pas de saint Yves

agrandir L'acqueduc de Guindy, construit en 1623, servait à alimenter la ville de Tréguier en eau. Le chemin de saint yves fait passer le pèlerin sous l'une de ses douze arches et permet une halte bucolique.
L'acqueduc de Guindy, construit en 1623, servait à alimenter la ville de Tréguier en eau. Le chemin de saint yves fait passer le pèlerin sous l'une de ses douze arches et permet une halte bucolique. © DR
L'acqueduc de Guindy, construit en 1623, servait à alimenter la ville de Tréguier en eau. Le chemin de saint yves fait passer le pèlerin sous l'une de ses douze arches et permet une halte bucolique.
L'acqueduc de Guindy, construit en 1623, servait à alimenter la ville de Tréguier en eau. Le chemin de saint yves fait passer le pèlerin sous l'une de ses douze arches et permet une halte bucolique. © DR

Dans les Côtes-d’Armor, de nouveaux chemins balisés permettent de marcher sur les traces de saint Yves. Une belle manière de méditer avec le saint patron de la Bretagne, qui sera dignement fêté lors de son grand pardon, le 22 mai prochain.

À propos de l'article

  • Créé le 13/04/2016
  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6959 du 14 avril 2016

Par tous temps, Yves de Kermartin (1253-1303) marchait sur les sentiers du Trégor (1) le capuchon rabattu sur la tête.

saintyveschapelle

Il parlait peu, sauf pour annoncer la Bonne Nouvelle. En guise de clin d’œil, cette Bonne Nouvelle, traduite en breton par Kelo Mad, est justement le nom de la chapelle (A) d’où nous partons ce matin, dans la commune de Plouguiel.

Les trois piliers du Fonds Saint-Yves, à l’origine de ces chemins, m’accompagnent : Alyette Deleplanque, férue de randonnée, le bien-prénommé Yves Girault, responsable de RCF (Radios chrétiennes francophones) Côtes-d’Armor, et Daniel Giacobi, historien.

Alyette me remet un livret qui contient le tracé de l’itinéraire de 61 km menant de Trédrez-Locquémeau à Tréguier. Aujourd’hui, nous ne parcourrons que les 12 derniers kilomètres.

Près de la chapelle se dresse un élégant calvaire (B) du XVIIe siècle.

Saint Yves aimait s’arrêter à la croisée des chemins pour y prêcher

→ raconte Daniel.

Derrière ce calvaire, une haie de noisetiers nous invite à pénétrer dans un sous-bois. Quel bonheur de respirer les senteurs forestières !

Au détour d’un sentier, à 200 m d’une ancienne fontaine (C), un bassin de pierre me laisse perplexe. « C’est un routoir (D), qui servait à faire macérer le lin, commente Alyette. Les taxes prélevées sur ce commerce, prospère dans la région, ont contribué à la magnificence de la cathédrale de Tréguier. »

Après avoir grimpé une côte bitumée d’un kilomètre, nous retrouvons les chemins de campagne, qui constituent 80 % de cette étape.

En suivant le balisage – la silhouette de saint Yves peinte en noir au pochoir –, nous parvenons aux ruines de la chapelle Saint-Marc (XIXe s.) (E) , et entamons la plus belle partie du parcours.

Sur 2,5 km, le chemin boisé longe en effet la rivière du Guindy, jalonnée d’anciens moulins. « Saint Yves venait ici rencontrer les meuniers qu’il affectionnait particulièrement, poursuit Daniel. “Là où il y a la messe, il doit y avoir le pain”, disait-on à l’époque. »

Deux aigrettes prennent leur envol et un héron pêche sous l’aqueduc du Guindy (F).

Je ne sais pas si nous sommes revenus au XIIIe siècle, mais le temps semble s’être arrêté. Nous faisons halte au bord de la rivière pour nous abandonner à la contemplation de ce paysage si serein, jusqu’à ce qu’une douce brise nous invite à reprendre la route.

Après avoir longé un vieux mur en pierres, nous apercevons la flèche de la cathédrale de Tréguier.

Du temps de saint Yves, un bac permettait de traverser la rivière. Comme ce bac fut géré à partir du XVe siècle par les Cordeliers (ou Franciscains), la passerelle en bois (G) qui l’a remplacé en 1877 porte le nom de saint François. Nous l’empruntons d’un bon pas, faisant résonner nos bâtons sur le tablier.

Puis nous contournons le bois du Poète (H) où est enterré Anatole Le Braz (2), et arrivons en face de la superbe cathédrale de Tréguier (I) dédiée à saint Tugdual (VIe s.), l’un des sept évêques fondateurs de la Bretagne. « La vénération qui, dès 1303, entoura le tombeau de saint Yves, a conforté l’attrait de Tréguier, étape du pèlerinage du Tro Breiz où l’on venait déjà prier saint Tugdual », précise Daniel.

catadralestyves

Dans la nef, le tombeau monumental de saint Yves raconte sa vie : en bas, son existence terrestre ; en haut, sa naissance au ciel, où il est accueilli par des anges.

Le 22 mai prochain, le saint patron de la Bretagne et des avocats sera honoré, comme chaque année, pour son Grand Pardon. Et dans la procession résonnera le cantique traditionnel breton :

N’an neus ket e Breizh, n’an neus ket unan / N’an neus ket eur zant, evel zant Erwan !

Les conseils de Gaële de La Brosse :

Se procurer le livret Chemins de saint Yves, qui décrit la totalité de l’itinéraire (3 tronçons d’une journée) (5 €  + 2,50 € de port) ; et Prier 15 jours avec saint Yves, de D. Giacobi (Nouvelle Cité, 128 p. ; 12,90 €).
 Bien se chausser car les sentiers peuvent être glissants.
 Après Tréguier, se rendre à Minihy-Tréguier (1,5 km), commune natale de saint Yves, où l’église et d’autres lieux évoquent son souvenir.


(1) Appellation, toujours utilisée, de l’une des neuf provinces historiques de Bretagne.
(2) Écrivain et et folkloriste breton (1859-1926).
(3) « Il n’y a pas en Bretagne, il n’y en a pas un seul / Il n’y a pas un saint comme saint Yves ! »

▶ L'itinéraire suivi par Gaële de la Brosse

Cliquez pour agrandir. © P.Redoutey

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 18 mai 2017

Notre Librairie

Voyages et croisières