Un couple fête ses 50 ans de mariage... sur le Tro Breiz !

agrandir Devant le porche de la cathédrale Saint-Samson, lors de l’arrivée des deux pèlerins à Dol (Ille-et-Vilaine).
Devant le porche de la cathédrale Saint-Samson, lors de l’arrivée des deux pèlerins à Dol (Ille-et-Vilaine). © Bertrand de Kerimel
Devant le porche de la cathédrale Saint-Samson, lors de l’arrivée des deux pèlerins à Dol (Ille-et-Vilaine).
Devant le porche de la cathédrale Saint-Samson, lors de l’arrivée des deux pèlerins à Dol (Ille-et-Vilaine). © Bertrand de Kerimel

À 75 et 73 ans, Bertrand et Maryse de Kerimel ont effectué le Tro Breiz, pèlerinage des sept saints de Bretagne, pour fêter leurs 50 ans de mariage. Ils livrent leurs impressions sur leurs vingt-neuf jours de marche et donnent quelques conseils à ceux qui veulent effectuer ce pèlerinage en individuel.

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À propos de l'article

  • Créé le 06/05/2018
  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    27 avril 2018

Pourquoi avoir choisi cette destination pour fêter vos 50 ans de mariage ?

Ce projet est né d’un concours de circonstances. D’une part, nous avons découvert l’existence de ce pèlerinage grâce au guide Sur les chemins du Tro-Breiz (1) que Bertrand avait reçu pour ses 70 ans. D’autre part, la publication de la généalogie de sa famille, originaire des Côtes-d’Armor, nous avait donné envie de découvrir la Bretagne. En effet, Bertrand est né au Maroc et ne connaissait pas la région de ses ancêtres…

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 Bertrand devant l'anse du Guesclin à Saint-Coulomb, où aurait débarqué saint Colomban au VIe siècle. © Bertrand de Kerimel

Comment aviez-vous préparé votre pèlerinage et choisi votre itinéraire ?

Nous avons effectué une reconnaissance en voiture. Puis nous avons acquis un deuxième livre, Le guide du Tro-Breiz (2), qui propose un autre itinéraire. Car pour le Tro Breiz, il n’y a pas de chemin historique : il suffit de relier les 7 anciens évêchés (Saint-Pol-de-Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol, Vannes et Quimper).

Puis nous avons installé sur notre tablette l’application d’Yvon Autret (3), qui nous a rendu de fiers services lorsque le balisage s'avérait défaillant. Avec tous ces outils, nous avons tracé notre propre chemin, en évitant l’étape de Dol (Ille-et-Vilaine) à Vannes (Morbihan) qui comporte beaucoup de routes goudronnées.

Vous aviez auparavant relié Le Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de-Compostelle. Quels sont les points communs et les différences entre ces deux itinéraires de pèlerinage ?

Les ressemblances : la beauté des paysages et des monuments (chapelles, calvaires et enclos). En revanche, la désertification nous a surpris et attristés.

À part l’étape estivale qui rassemble plus d’un millier de personnes, il n’y a pas beaucoup de pèlerins et peu d’accueils religieux. Les hébergements (hôtel ou chambre d’hôtes), à réserver à l’avance, sont assez chers et parfois éloignés du chemin.

>>> À lire aussi sur Pèlerin : Histoire, itinéraire, conseils pratiques... notre dossier sur le Tro Breiz ! <<<

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 Maryse devant l'anse du Guesclin à Saint-Coulomb, où aurait débarqué saint Colomban au VIe siècle. © Bertrand de Kerimel

Y en a-t-il qui vous ont particulièrement marqués ?

Oui, trois d’entre eux, dans le Finistère. À Bodélio, Ronan Perennou réserve un accueil particulier aux pèlerins : il fait sonner la cloche à l’arrivée et au départ, propose un lavement des pieds, offre un excellent dîner aux chandelles et met à disposition un lit-clos, meuble traditionnel de cette région.

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Ronan Perennou devant la chapelle de son « Ospital Bodélio » (Finistère), où il reçoit les pèlerins. © Gaële de La Brosse

À la Maison du Randonneur de Brasparts, nous avons fait deux découvertes : des lits doubles superposés et le kig ha farz, un plat typiquement breton. Enfin, chez les sœurs du Carmel, à Morlaix, nous avons reçu un bel accueil des religieuses que nous résumerions par ces mots : liberté, efficacité, simplicité, discrétion.

Vous avez donc renoué avec vos racines dans une région que vous ne connaissiez pas…

Oui, ce Tro Breiz nous a fait voyager en profondeur. En marchant, on voit, on touche, on goûte, on rencontre… avec lenteur. On a le temps de s’émerveiller de la terre, de la mer, des cours d’eau, des œuvres des hommes. Et on finit par se réapproprier l’histoire, et ses racines.

Ce Tro Breiz nous a fait voyager en profondeur.

Votre meilleur et votre pire souvenir ?

Nous garderons un souvenir ému de notre rencontre à Pouldouran (Côtes d’Armor) avec un ancien professeur qui nous a invités à partager son repas, nous parlant de sa jeunesse, de son enracinement dans ce pays et de son engagement dans l’association « Talus et routoirs à lin ».

Notre pire souvenir, c’est à Lanmeur (Finistère), un dimanche où tout était mort : le refus d’un quidam de nous aider à trouver notre chemin. Heureusement, cette déception fut largement compensée par le secours d’une personne bienveillante. Au final, les déceptions furent rares et mineures, bien moins fréquentes que dans la vie quotidienne. Notre pèlerinage est inoubliable et nous émeut encore.

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Passage devant la vieille église de Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine). © Bertrand de Kerimel

Pour des questions de temps, vous n’avez pas pu « boucler la boucle » du Tro Breiz en revenant à votre point de départ. N’est-ce pas frustrant ?

En marchant de Vannes à Dol, en passant donc par Quimper, Saint-Pol-de-Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, et Saint-Malo, nous avons bien rencontré, comme il se doit, les Sept Saints de ce pèlerinage. Néanmoins, en effet, il nous manque une étape, et nous allons l’effectuer en juin prochain pour « boucler la boucle ».

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent effectuer ce tour de Bretagne à pied en individuel ?

- Bien se préparer (nous avons marché 350 km avant de partir), ne pas étrenner chaussures et chaussettes sur le terrain, s’équiper légèrement.

- Avoir du temps, éviter les mois d’été et faire quelques économies.

- Affiner l'itinéraire en fonction des hébergements, à réserver quelques jours auparavant (nous avons été reçus dans 15 chambres d’hôtes, 13 hôtels, 1 gîte, 1 carmel… et chez 1 ami).

- Savoir se contenter de sandwichs à midi.

- Prévoir un bon vêtement protégeant de la pluie !

Avez-vous d’autres projets de marche ?

Nous envisageons d’effectuer le chemin de Stevenson et le Camino del Norte vers Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. Deux objectifs pour marcher vers nos 60 ans de mariage !


Retrouvez les aventures de Bertrand et Maryse sur leur blog

(1) Sur les chemins du Tro Breiz, le tour de la Bretagne, de François Lepère, Gaële de La Brosse et Ronan Perennou, Lepère Éditions, 170 p; 12 euros.
(2) Le guide du Tro Breiz, le tour de Bretagne à pied en 47 étapes, de l’association Les Chemins du Tro Breiz et Bernard Rio, Coop Breizh, 240 p; 22 euros.
(3) Cette appli vient d’être remplacée par le site https://tro.bzh

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Paru le 21 juin 2018

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