L'Assomption et les assomptionnistes

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Vincent Cabanac © Bruno Levy
Vincent Cabanac
Vincent Cabanac © Bruno Levy

Vincent Cabanac, assomptionniste, revient sur l’'assomption de Marie au ciel, la place de la Mère de Dieu chez les catholiques et parmi les congrégations religieuses, en l’'occurrence au sein de la famille des assomptionnistes.

Il est bien connu que l’'Assomption est célébrée le 15 août en plein cœœur de l’été, temps de repos pour beaucoup. Il est moins connu que l’'Église célèbre en ce jour l’'assomption de Marie au ciel. Non pas une ascension à l’'égal de Jésus, mais l’'assomption de sa Mère, femme choisie, femme entre toutes, marquée, elle aussi, par la mort au terme de son existence humaine.

Elle a été élue par Dieu qui a voulu lui épargner les traces de la déchéance du corps. Le corps de Marie a donc été enlevé – origine même du mot assomption – enlevé au ciel. Pour souligner le genre de mort et d’'élévation de Marie, les orthodoxes parlent de Dormition. Marie s’'est endormie à la vie pour se réveiller plus près de Dieu.

Au jour de l’'Assomption, fixée au 15 août, depuis le VIe siècle, on célèbre surtout la Mère de Dieu, reconnue comme telle au Concile d'’Éphèse (431). On le fait en reconnaissant son humilité, sa docilité et sa fidélité à la parole du Seigneur. Donnée en exemple à tous, elle entre au Ciel où Dieu la couronne.

Au cours des siècles, une richesse iconographique l’'a représentée depuis les mosaïques primitives jusqu’'aux peintures modernes, sans omettre les nombreux tympans d’'églises qui lui sont dédiés.

Des congrégations religieuses consacrées à Marie

En France, c’est le roi Louis XIII par son vœœu qui a donné plus d'’éclat à cette fête de la Sainte Vierge. Il a fallu attendre 1950 pour que le dogme de l’'Assomption, dernier en date, soit proclamé par le Pie XII. Marie est honorée en son Assomption, en son enlèvement vers Dieu.

Au fil des siècles, beaucoup de congrégations religieuses se sont consacrées à Marie dont elles prennent un des mystères pour nom. Ainsi la famille de l’'Assomption regroupe plusieurs congrégations d’'origine française :
- les Religieuses de l’'Assomption, fondées en 1839 par sainte Marie Eugénie Milleret de Brou ;
- les Augustins de l’'Assomption (dits assomptionnistes) fondés en 1845 par le P. Emmanuel d’'Alzon et qui, vingt ans plus tard, fondera les Oblates de l’'Assomption, avec Mère Marie Correnson ;
- les Petites Sœœurs de l’Assomption, fondées en 1865 par le P. Étienne Pernet, assomptionniste, et Mère Antoinette Fage ;
- les Orantes de l’'Assomption, fondées par le P. Picard, assomptionniste, et Mère Isabelle de Clermont Tonnerre, en 1896.

Sans oublier les Sœœurs de Jeanne d’Arc, au Québec et d’'autres congrégations en Afrique. Cette famille religieuse réunit 4 000 membres environ et des milliers de laïcs associés ou alliés qui partagent leur charisme.

Ces religieuses et religieux développent une spiritualité augustinienne, dans une vie communautaire intense, en mettant le Christ au cœœur de leur vie.

Toutes et tous déploient de nombreux apostolats en particulier dans le domaine de l'’éducation et par l'’enseignement (écoles, collèges, universités…), dans les paroisses, dans les quartiers déshérités, dans les missions, dans le dialogue œœcuménique, dans la presse et l’'édition (Bayard : Pèlerin, La Croix, La Documentation catholique, Prions en Église…), et aussi dans les pèlerinages, en particulier depuis 1873 avec le Pèlerinage National à Lourdes qui se déroulent autour de la fête de l’'Assomption (11-16 août).

À cette occasion des milliers de pèlerins, valides et malades, jeunes et adultes, affluent dans la cité mariale pour partager ensemble une même démarche de foi. Prière personnelle et communautaire, temps de célébration, de partage et de médiation sont autant de rendez-vous qui ponctuent ces jours vécus ensemble près de la grotte de Massabielle.

Si Marie a confirmé à Lourdes son Immaculée Conception, célébrée le 8 décembre, c’est pour la fête de l’'Assomption que les pèlerins viennent en plus grand nombre. De sa conception immaculée à son élévation au Ciel, Marie demeure surtout un exemple de vie et de foi pour tous les hommes et les femmes qui la prient. En son assomption, Marie s’'est éteinte à la vie terrestre pour naître à la vie céleste.

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Paru le 19 juillet 2018

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