Sainte-Baume : un pèlerinage dans les pas de Marie-Madeleine

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Le monastère se niche dans la paroi de la montagne de la Sainte-Baume, barre rocheuse de 12km de long. Au sommet (994 m), la chapelle du Saint-Pilon. © Sergio Cozzi
Le monastère se niche dans la paroi de la montagne de la Sainte-Baume, barre rocheuse de 12km de long. Au sommet (994 m), la chapelle du Saint-Pilon.
Le monastère se niche dans la paroi de la montagne de la Sainte-Baume, barre rocheuse de 12km de long. Au sommet (994 m), la chapelle du Saint-Pilon. © Sergio Cozzi

Depuis le XIIIe siècle, de nombreux pèlerins viennent à la Sainte-Baume, en Provence,  prier Marie-Madeleine. Nous avons emprunté le chemin qui mène au sommet de la montagne où la sainte aurait vécu.

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À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de la Brosse
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    7021 du 22 juin 2017

« Une forêt relique, une curiosité géologique, un pèlerinage séculaire ».

C’est ainsi que les livres sur la Provence évoquent ce haut lieu situé dans le Var, à une heure de route de Marseille (Bouches-du-Rhône). Trois raisons de le mériter à la faveur de ses pas !

De bon matin, me voilà donc à Nans-les-Pins, au départ du chemin des Roys, en compagnie de mon guide, Sergio Cozzi. « En réalité, m’explique ce dernier, cet itinéraire débute à la basilique de Saint-Maximin, à 15 km, où est exposée une relique de Marie-Madeleine. Mais il n’est balisé qu’à partir d’ici. » Près de la chapelle de la Miséricorde , au bout de la Grand’rue, un panonceau de bois représentant une fleur de lys annonce en effet le marquage qui nous guidera jusqu’au sommet de la montagne, au terme de 8 km de marche.

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© Sergio Cozzi

« Ce balisage, m’explique mon guide, rappelle qu’une quarantaine de souverains ont parcouru ce chemin, depuis Saint Louis en ­1254 jusqu’à Louis XIV en ­1660.

Des personnages illustres, comme le poète italien Pétrarque (1304-­1374) ou Charles de Foucauld (­1858-­1916), l’ont aussi arpenté. Et c’était l’une des étapes du Tour de France des compagnons. »

Un sentier caillouteux bordé par un muret de pierres nous dévoile rapidement, en ligne de mire, l’impressionnant massif de la Sainte-Baume, but de notre randonnée.

Après avoir contourné les ruines du vieux Nans­, bourg fortifié fondé au VIIIe siècle, une franche descente nous mène à un oratoire. C’est le premier d’une série de six­, qui jalonneront notre route, copies ou restaurations de ceux qui furent érigés après 1516 par l’archevêque d’Arles, Mgr Jean Ferrier. Hauts de 3 à 4,5 m, ils sont ornés de bas reliefs racontant la vie de Marie-Madeleine : la délivrance des sept démons qui la tourmentaient, l’onction des pieds de Jésus chez sa sœur Marthe à Béthanie, sa rencontre avec le Christ ressuscité.

De beaux sujets de méditation pour cette marche qui, par une allée sablonneuse en sous-bois, nous conduit au lieu-dit Les Trois-Chênes­. À 500 m de là, les frères dominicains, gardiens du sanctuaire depuis ­ 1295, tiennent une hôtellerie­. Nous y assistons à la messe, puis nous y déjeunons, dans une ambiance détendue et familiale.

« La spiritualité de ce lieu, c’est la miséricorde : nous accueillons ici des personnes de tous horizons » explique F. Benoît-Philippe qui s’est assis à notre table. « C’est un endroit paisible et serein », ajoute Catherine, une pèlerine. Mais il nous reste encore 1,5 km à effectuer. Nous rejoignons donc les Trois-Chênes, d’où nous poursuivons notre ascension sous un soleil ardent. Le chemin est bien aménagé mais il grimpe dur, et la fontaine de Nans­­ qui se trouve à mi-parcours est la bienvenue.

Soudain, le monastère­­ apparaît au dessus de nos têtes, niché dans une anfractuosité de la falaise. Encore 150 marches à gravir, symbolisant les ­150 Je vous salue, Marie du rosaire… et nous y sommes !

Devant nous se déploie un panorama somptueux d’où émerge la montagne Sainte-Victoire. « Ayant accosté aux Saintes-Maries-de-la-Mer, Marie-Madeleine aurait passé ici les trente dernières années de sa vie, m’explique mon guide. Sept fois par jour, elle était élevée par les anges au Saint-Pilon, sur la ligne de crête où se trouve aujourd’hui une chapelle. »

Le mistral soufflant trop fort, nous ne pourrons grimper jusqu’à cet ultime sommet. Nous assistons donc aux vêpres dans la grotte ­­ (« baumo », en provençal, qui a donné son nom au massif), puis nous redescendons à l’hôtellerie par le chemin du Canapé à travers une forêt sombre et dense, dernier vestige de la forêt provençale primitive.

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© Sergio Cozzi

À peine les hêtres laissent-ils passer quelques rayons de lumière : une pénombre qui nous invite à retracer les émerveillements de notre journée. ­

Mes conseils

Télécharger le dépliant sur le chemin des Roys sur www.la-provence-verte.net

 Bien se chausser (chemins rocailleux et dénivelée de 430 m). Si le mistral sou ffle, ne pas se risquer au Saint-Pilon.

Se renseigner sur les horaires de messes et d’offices à la grotte et à l’hôtellerie : www.saintebaume.org

 Pour participer à un pèlerinage organisé : Provence Premium Transport. www.provencetransport.fr

St baume

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Paru le 16 novembre 2017

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