Palestine : sur le chemin d’Abraham, la paix se construit

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Cercle des participants au chemin d'Abraham, au début de chaque étape. © Jean-Louis Lacordaire
Palestine : sur le chemin d’Abraham, la paix se construit
Cercle des participants au chemin d'Abraham, au début de chaque étape. © Jean-Louis Lacordaire

En novembre 2016, 30 membres de l’association franco-suisse Compostelle-Cordoue ont marché sur le chemin d’Abraham pour rencontrer des acteurs de paix en Palestine et Israël. Depuis leur retour, ils apportent leur témoignage : oui, l’espoir est encore permis ! Plusieurs de ces pèlerins seront présents au 3e Forum des chemins de pèlerinage, le 1er avril prochain.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de la Brosse
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    Pelerin.com, le 8 mars 2017

« Débusquer l’espoir » : tel était le fil rouge du voyage qu’ont effectué 30 marcheurs de l’association Compostelle-Cordoue du 3 au 12 novembre 2016. Leur but était double, comme l’explique Morice de Lamarzelle, chargée de la communication : « Témoigner qu’il est possible de marcher en sécurité sur le mythique chemin d’Abraham, le patriarche des trois monothéismes, à travers le magnifique désert de Judée. Et rencontrer des personnes et des organismes, en Israël et en Palestine, qui croient encore à la paix et y travaillent activement malgré les souffrances, l’insécurité et les humiliations. »


Les pèlerins ont fait escale dans des campements bédouins, des camps de réfugiés et des familles palestiniennes, contribuant ainsi au développement d’un tourisme rural

Un retour aux sources 

« Nous avons marché dans des territoires palestiniens (Cisjordanie) de Jéricho à Hébron durant une centaine de kilomètres, en quatre jours, poursuit la pèlerine. Les découvertes les plus émouvantes au cours de cette pérégrination ont été : le sanctuaire de Nabi Musa, où se trouve le cénotaphe de Moïse ; le monastère orthodoxe de Mar Saba, l’un des plus anciens monastères chrétiens ; et à Hébron, le tombeau des patriarches. » Tout au long de ce voyage organisé par Michel Rouffet (membre du comité de Compostelle-Cordoue) avec la collaboration de l’agence de voyages Tailaroot (basée à Grenoble), les pèlerins ont fait escale dans des campements bédouins, des camps de réfugiés et des familles palestiniennes, contribuant ainsi au développement d’un tourisme rural.

Des rencontres qui parlent d’espoir

Mais ce voyage était plus qu’un simple pèlerinage. Mettant en pratique la devise de l’association Compostelle-Cordoue (« Marcher, dialoguer, comprendre »), les participants ont rencontré divers acteurs de paix, de chaque côté du mur qui soumet les Palestiniens à un contrôle pour entrer en Israël.

A Jérusalem, ils ont ainsi assisté à une conférence de Daniela Youen, l’une des responsables de l’association Machsom Watch qui surveillent les check-points séparant Israël et la Palestine pour vérifier que l’on n’y maltraite pas les Palestiniens. « Par ailleurs, confie Alain Simonin, président de Compostelle-Cordoue, nous avons recueilli le témoignage de la comédienne et chanteuse chrétienne Mira Awad, une Palestinienne qui vit en Israël. Elle évoque, dans ses propos et ses chansons, à la fois la dignité de son peuple et la fierté de sa citoyenneté israélienne. Aux Palestiniens d’Israël (20,7% de la population), elle veut redonner espoir. »

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                                                                                                                                                               Marche sur une portion du Chemin d'Abraham, de Jéricho à Hébron

Par l’intermédiaire d’Anton Goodman (The Abraham Fund Initiatives), les pèlerins ont également rencontré une autre Palestinienne qui assume cette double identité. Elle enseigne l’arabe dans une école juive de Jérusalem Ouest. « Les familles juives de ce quartier ont adopté cette enseignante avec enthousiasme, et leurs enfants ont découvert qu’elle ressemblait à leurs autres professeurs et qu’elle ne leur était pas inférieure », poursuit Alain Simonin.

À l’école du partage de nos différences

Il faudrait encore citer les rencontres avec les responsables des « Maisons chaleureuses », à Jérusalem, qui viennent en aide aux jeunes Palestiniens et Israéliens défavorisés, et la visite de Neve Shalom, l’« oasis de la Paix » fondé en 1969 par des Juifs et des Arabes palestiniens, tous citoyens d’Israël, pour travailler à la paix, l’égalité et la compréhension entre les deux peuples.

Un programme qui pourrait être celui de l’association Compostelle-Cordoue. « Pour que les méfaits de la guerre ou la peur de son prochain déclenchement n’occupent pas la totalité de nos consciences, conclut Alain Simonin, ne devons-nous pas nous mettre à l’école du partage de nos différences, pour qu’elles puissent vivre ensemble ? »


Rens. :

www.compostelle-cordoue.org

À noter :

Vendredi 10 mars à 20h30, à l’Arche de Saint-Antoine (Isère) : soirée « Alors, la Palestine ? » proposée par les participants de cette marche sur le chemin d’Abraham.

Mardi 14 mars à 20h, à la maison diocésaine du Christ-Roi (28 rue de l’Aude – 31500 Toulouse) : conférence diaporama relatant ce voyage et ces rencontres, organisée par l’association Compostelle Cordoue et Les Amis des chemins de Saint-Jacques en Occitanie.

Samedi 1er avril : l’association Compostelle-Cordoue tiendra un stand au 3e Forum des chemins de pèlerinage (Forum104 – Paris).

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Paru le 10 août 2017

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