Les épreuves du pèlerinage

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Pèlerin en Aubrac. © Yvon Boëlle
Les épreuves du pèlerinage
Pèlerin en Aubrac. © Yvon Boëlle

Les différentes étapes du pèlerinage que nous vivons en allant à Compostelle, au Mont-Saint-Michel, à Jérusalem, à Rome, ou ailleurs, correspondent aux étapes de la vie.

Les épreuves, tout d’abord, que nous rencontrons sur la route, en commençant par les plus courantes : les caprices de la météo (la pluie, le froid ou le soleil brûlant), les cailloux sur la route qui ralentissent la progression, les douleurs que ressentent le corps sous l’'effet du sac à dos et de l’'effort de la marche.

Ces épreuves quotidiennes de la route, qu’il faut surmonter pour continuer à avancer, symbolisent celles de la vie. Elles sont d’'ailleurs indispensables : car comme le disait le peintre et poète Max Jacob, « on n’avance que par la douleur ».

Les éléments du paysage, qui rythment notre route, représentent également des épreuves symboliques. Dans sa marche, le pèlerin est confronté à la montagne, au désert, et au pont.

Les montagnes sont le premier élément qui rythme la route du pèlerin. Ces rudes étapes marquent le pèlerin, à la fois parce que ces lieux sont difficiles à conquérir, mais aussi parce que, dans toutes les religions, ce sont des sites sacrés où habite la divinité. D’'ailleurs, les deux éléments sont liés : c’est parce que ce sont des lieux sacrés qu'’ils sont difficiles à conquérir.

Ces montagnes représentent les difficultés à gravir dans la vie : les souffrances, les deuils, les épreuves diverses qui jalonnent notre existence.

Ces montagnes sont nombreuses sur les chemins de pèlerinage, et elles en sont même souvent le but, comme le Mont-Saint-Michel, le mont Sainte-Odile ou, chez les bouddhistes et les hindouistes, le mont Kailash (Himalaya), qu’'ils considèrent comme le centre du monde.

L'’ascension de ces montagnes impose un code de conduite physique. Après la marche d'’approche, il faut engager la montée lentement, et effectuer des pauses. De même, dans la vie spirituelle, toute ascension est nécessairement progressive : l’âme doit gravir un à un les degrés de la vie intérieure pour réussir son envolée vers les cimes.

Arrivés au sommet, le corps et l'’esprit du pèlerin réclameront une halte : souvent, d’'ailleurs, une ouverture, dans le flanc de la montagne, invite à pénétrer dans une grotte obscure. C'’est le cas, par exemple, à Rocamadour, à la Sainte-Baume, ou au Monte Gargano. Dans les entrailles de la terre, le pèlerin pourra se régénérer, sous le regard bienveillant d’'une Vierge noire (comme à Rocamadour et à Montserrat), symbole de renaissance.

Le désert

Le deuxième lieu symbolique, qui a beaucoup à nous apprendre pour notre pèlerinage de la Vie, c’'est la « traversée du désert ». L'’exemple le plus évocateur est, sur le Camino Francés, celui des paysages de Castille, qui sont à la fois si pénibles à traverser et si féconds en enseignement.

Le soleil qui brûle tout sur son passage, les étendues désertiques, le manque de relief favorisent le déconditionnement de l’'âme – son « nettoyage », pourrait-on dire. C’'est pour cela que le désert est, comme la montagne, un lieu privilégié pour la rencontre avec la divinité.

Le pont

Un autre symbole, que l’'on rencontre sur la route du pèlerinage, c’est le pont. Il représente le passage, la traversée. … Une traversée qui n'’est pas sans risque : au Moyen Age, c'’est au passage des cours d’'eau que les brigands détroussaient les pèlerins, ou surchargeaient parfois leurs barques pour provoquer un naufrage.

Ces ponts symbolisent les passages d’'une étape à l’'autre, d'un stade à l’autre de la vie. Et les « passeurs », c’est-à-dire ceux qui nous aident à effectuer cette traversée, ce sont les guides que nous croisons sur notre route, ceux qui nous tendent la main pour nous aider à traverser, ceux qui sont à nos côtés dans les épreuves.

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Paru le 14 juin 2018

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