Le chemin après le chemin

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Pèlerin en Aubrac. © Yvon Boëlle
Le chemin après le chemin
Pèlerin en Aubrac. © Yvon Boëlle

Le symptôme est si universel qu’il a forgé une expression : "le blues du retour". Il existe en effet un tel décalage entre la vie menée sur la route pendant le pèlerinage, et le rythme de la vie quotidienne qui assaille le pèlerin à son retour, qu’un temps de "réadaptation" est toujours nécessaire.

Le temps de réadaptation sera souvent proportionnel à la durée du voyage, mais il dépendra également de la manière dont le pèlerinage a été vécu.

En effet, pour ceux qui effectuent ce voyage autrement que comme une simple randonnée, le but d’un pèlerinage dépasse la destination que l’on s’était fixée (le sanctuaire final ou une étape intermédiaire, d’où l’on repartira l’année suivante).

Pour ceux qui effectuent le chemin en plusieurs tronçons, la période qui sépare deux voyages (une année en général) pourra être mise à profit pour continuer à cheminer, pour approfondir le sens du pèlerinage, pour intégrer dans la vie ce que cette étape en particulier a pu apporter (par rapport à un épisode précis, épreuve ou joie).

Pour ceux qui sont arrivés à destination et qui reviennent chez eux, le travail consistera, dans un premier temps, à laisser décanter la grande quantité d’émotions et d’images accumulées tout au long de la route.

Cette expérience devra ensuite trouver sa place dans le cours du quotidien, pour lui donner un nouveau souffle, une nouvelle orientation. Pour que le pèlerinage ne soit pas une parenthèse dans sa vie, chaque pèlerin devra lui-même tirer les applications pratiques de l’enseignement du Chemin.

Quelques-uns de ces enseignements sont universels. Les caprices de la météo, les cailloux sur la route ? Ce sont les épreuves quotidiennes, qu’il faut surmonter pour continuer à avancer. La fraternité, l’hospitalité, le compagnonnage, et les autres valeurs retrouvées pendant la marche ? Ce sont les bonheurs qui parsèment les journées, et qui aident à garder le cap.

Comme au long du chemin, ces moments, positifs comme négatifs, s’équilibrent au fil de l’existence : chaque événement, rétrospectivement, acquiert un sens, tout comme les pas ne font avancer que quand ils s’ajoutent les uns aux autres.

Le pèlerinage réveille en chacun les grandes questions, les seules qui valent la peine d’être posées. Il est, indubitablement, l’une des plus belles métaphores de la vie.

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Paru le 14 juin 2018

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