Evénement : "Compostelle", un concert-rencontre d’Anne Etchegoyen

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Anne Etchegoyen à pied et en musique sur le chemin de Compostelle. © Marie Etchegoyen
Anne Etchegoyen à pied et en musique sur le chemin de Compostelle.
Anne Etchegoyen à pied et en musique sur le chemin de Compostelle. © Marie Etchegoyen

Le dimanche 5 juin, dans le cadre du 2e Forum des chemins de pèlerinage (Forum 104, Paris), la chanteuse basque Anne Etchegoyen, elle-même pèlerine des chemins de Saint-Jacques, interprètera quelques titres de son répertoire, accompagnée par son guitariste, en avant-première de son concert à l’Olympia et de la sortie de son CD, début 2017. Elle a volontiers accepté de répondre à nos questions.

À propos de l'article

  • Créé le 11/05/2016
  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    11 mai 2016

Pèlerin : Vous venez d’effectuer le pèlerinage de Compostelle au départ de Saint-Palais (Pyrénées-Atlantiques), votre terre natale. Comment est né ce projet ?

Anne Etchegoyen : Mon projet est né il y a plusieurs années. Je suis originaire de Saint-Palais, dans le Pays basque intérieur, et durant toute mon enfance j’ai vu des pèlerins qui traversaient le village, certains pour dormir au couvent des franciscains avant de reprendre la route au matin.

Puis, fin 2012, après une rupture sentimentale, j’ai ressenti un besoin profond de prendre le large, simplement, légèrement, pour faire une introspection. Mais à cette époque, je préparais le projet des « Voix Basques » qui devait aboutir quelques mois plus tard ; aussi ai-je dû repousser mon départ.

Ce concours de circonstances m’a permis de mûrir l’idée et de me préparer. En 2015, j’ai perdu ma grand-mère paternelle dont j’étais proche, et j’ai pu constater à quel point, dans ces moments, il est nécessaire, voire salutaire, de croire et se rattacher à une force supérieure divine. Je me suis beaucoup interrogée sur le besoin de croire, a fortiori aujourd’hui, dans notre société en quête d’identité. C’est à ce moment que j’ai fixé la date du départ.

Comment s’est déroulé ce pèlerinage ?

Il s’est très bien passé. D’abord en termes de conditions physique et météorologique, qui sont deux points essentiels : seulement six jours de pluie en un mois et deux jours de marche, et seulement quelques ampoules à partir de la troisième semaine.

Mes souvenirs concernent surtout les rencontres humaines et les lieux. Je voulais et suis partie seule, mais j’ai croisé de nombreux pèlerins, et il est toujours très enrichissant et porteur de réflexions d’apprendre un peu de leur histoire, de savoir ce qui les a poussés à prendre la route.

Parmi mes meilleurs souvenirs, je citerais : la chapelle de Zabaldika, entre Zubiri et Pampelune, où j’ai vraiment vécu un moment de plénitude ; l’arrivée à Saint-Jacques au petit matin, pour être seule sur la place en entendant les cloches sonner à 8 heures ; ma rencontre avec Pascal, un pèlerin parti en mai 2013, qui avait été jusque Fatima et revenait à pied pour travailler chez Emmaus. Il avait quitté sa maison après avoir perdu femme et enfant dans un accident, et sombré dans l’alcoolisme.

▶ Vidéo. Anne Etchegoyen - "Compostelle" - Sur les chemins de Saint-Jacques.

 


N’avez-vous pas souffert de la solitude ? Etait-elle nécessaire ?

Non, je n’en ai pas souffert du tout. Je crois que selon les personnes et leurs motivations respectives, elle est nécessaire ou pas. Me concernant, dans mon souhait de marche introspective, elle l’était.

Chantiez-vous en chemin ?

Cela m’est arrivé, dans quelques églises ou chapelles, ne serait-ce que pour le plaisir de l’acoustique. J’ai également chanté au cap Finisterre où m’ont rejoint mon guitariste, Jérôme Levatois, et un ami auteur compositeur, Patxi Garat. Ou encore lors d’une messe dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, deux jours après mon arrivée. Et enfin, dans la chapelle de Muxia, au bord de la mer.

Vous avez en effet poursuivi jusqu’à l’océan. Comment cet épilogue de votre voyage s’est-il imposé à vous ?

Au fur et à mesure que l’on marche, on échange et on apprend des choses. J’avais eu la chance d’être préparée et conseillée par le président de l’association jacquaire de mon département, Bertrand Saint-Macary, qui m’avait donné beaucoup d’informations et de références historiques. Il m’avait notamment appris qu’auparavant, les pèlerins allaient jusqu’à Muxia.

Mais c’est d’abord le passage au cap Finisterre (Fisterra, en galicien) qui s’est imposé à moi.

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Arrivée au cap Finisterre, au terme de 880 km de marche. © Norbert Corne

Au bout de 800 km, je n’en étais plus à 80 près ! J’avais envie d’aller « au bout du bout », « là où on ne peut aller plus loin ». La fin de l’histoire était ainsi plus concrète...

Aviez-vous l’intention de produire un CD sur Compostelle au retour, ou l’idée a-t-elle germé sur le chemin ?

J’en avais l’intention avant. Je suis chanteuse, et c’est un état. Aussi, comment une expérience aussi importante et chargée de sens dans ma vie pouvait-elle ne pas influencer ma nature d’artiste ?

Votre CD paraîtra le 27 janvier 2017, et vous vous produirez à l’Olympia à partir du 27 février 2017. Quel en sera le titre ? Chanterez-vous en français, en basque ou en espagnol ?

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© Marie Etchegoyen

Je chanterai majoritairement en basque, mais aussi en français et espagnol. Il devrait s’agir d’une histoire en 12 chansons, racontant quelques étapes, quelques états même, par lesquels je suis passée durant ce pèlerinage. Le titre (provisoire) est « COMPOSTELLE, du Pays basque à Saint-Jacques ».

▶ Vidéo. Anne Etchegoyen, Le Choeur Aizkoa - Hegoak (Les ailes).



Pour ce concert, où avez-vous puisé votre inspiration ? Dans l’histoire du chemin ? les rencontres ? les paysages ?

Un peu dans l’histoire, mais il s’agira surtout de mon propre chemin. De ce qu’il m’a apporté, dans mes réflexions de femme, de Basque. En fait, partir si loin à pied en ces moments curieux que vit le monde n’a fait que renforcer mon appartenance à ma terre natale. Savoir d’où je suis pour mieux savoir où aller. Renforcer mes croyances. Peut-être croire davantage en moi. En somme, le chemin est à tous, mais chacun y fait le sien.

Allez-vous ensuite faire une tournée en province ?

Oui, et sans doute aussi en Espagne.

Si vous deviez résumer ce que ce chemin vous a apporté ?

Les choses n’ont que l’importance qu’on leur donne.

En pratique :

Concert « Compostelle » par Anne Etchegoyen et Jérôme Levatois, guitariste, suivi d’un échange avec la chanteuse autour de son pèlerinage.
Dimanche 5 juin au Forum 104 (chapelle Notre-Dame-des-Anges, 102 bis rue de Vaugirard – 75006 Paris), de 14 h 30 à 16 h

Tarif : concert inclus dans le pass du 2e Forum des chemins de pèlerinage pour le week-end (20 euros) ; concert seul : 8 euros (dans la limite des places disponibles)

Inscriptions (conseillées) sur ce lien.

Rens. : 01 45 44 01 87 ou forum104pelerinage@gmail.com

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Paru le 20 avril 2017

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