De la Bourgogne à l’Ecosse, un pèlerinage de 2200 km

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L'abbaye de Pluscarden, monastère bénédictin, dan la région de Moray, en Écosse septentrionale. © Giles Conacher/Pluscarden Abbey
L'abbaye de Pluscarden, monastère bénédictin, dan la région de Moray, en Écosse septentrionale.
L'abbaye de Pluscarden, monastère bénédictin, dan la région de Moray, en Écosse septentrionale. © Giles Conacher/Pluscarden Abbey

Douze équipes de pèlerins se sont relayées pour relier l’abbaye du Val-des-Choues, en Bourgogne, à l’abbaye de Pluscarden, en Écosse. Leur but : financer une maison d’accueil dans l’abbaye écossaise et tisser des liens entre plusieurs monastères bénédictins.

À propos de l'article

  • Créé le 13/12/2017
  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    13 décembre 2017

Pour financer la construction d’une maison d’accueil à l’abbaye écossaise de Pluscarden, les moines auraient pu faire appel au crowdfunding ou à une souscription. Mais un professeur d’histoire américain, Phillip Adamo, a conçu une idée plus originale : organiser un pèlerinage entre cette abbaye et sa maison-mère bourguignonne, l’abbaye du Val-des-Choues (Côte d’Or).

Le père Giles Conacher maigre

Le P. Giles Conacher entouré de pèlerins © Giles Conacher/Pluscarden Abbey

« Chaque participant devait réunir un minimum de 1230 livres sterling (1) : un chiffre symbolisant l’année de la fondation de l’abbaye de Pluscarden par le roi d’Écosse Alexandre II », explique le père Giles Conacher, moine dans ce monastère depuis 45 ans, qui a mis en œuvre ce projet.

D’une abbaye à l’autre

Du 5 juin au 3 septembre 2017, douze équipes d’une vingtaine de pèlerins de diverses nationalités (Américains, Écossais, Tchèques, Polonais, etc.) se sont ainsi relayées pour effectuer les 2200 kilomètres qui séparent l’abbaye du Val-des-Choues, située dans la forêt de Châtillon-sur-Seine, à l’abbaye écossaise.

Notre abbaye écossaise a été fondée par des frères venus de France.

« Kail Glen, le nom ancien de Pluscarden, précise le père Giles Conacher, est la traduction écossaise du français Val-des-Choux (2) ou du latin Vallis Caulium.

Chanteurs moine maigre

Office, dans l’abbaye de Pluscarden, chanté par la Schola monastique. © Giles Conacher/Pluscarden Abbey

En effet, notre abbaye écossaise a été fondée par des frères venus de France. Leur ordre, les Valliscauliens, mêlait l’austérité des Chartreux à l’esprit communautaire des Bénédictins. »

C’est donc sur les traces de ces moines que les pèlerins se sont mis en route : Saint-Joseph de Flavigny (Côte-d’Or), Sainte-Marie de La Pierre-qui-Vire (Yonne), Saint-Thierry (Marne), Saint-Paul de Wisques (Pas-de-Calais) jusqu’à Pluscarden, l’abbaye bénédictine le plus au nord du monde.


Religieuses st thierry maigre

Les bénédictines de Saint-Thierry charmées par la musique écossaise. © Giles Conacher/Pluscarden Abbey


Tisser des liens.

Il ont également fait halte dans les abbayes cisterciennes de Fontenay (Côte d’Or) et de Vauclair, en ruines, (Aisne), et dans trois anciens prieurés des Valliscauliens : Val-Saint-Benoît (Saône-et-Loire), chez les moniales de Bethléem, Val Croissant (Côte d’Or) et Vausse (Yonne). 

« Ce fut une merveilleuse occasion de tisser des liens entre ces différents monastères, commente le père Giles Conacher. Nous avons particulièrement apprécié notre halte à l’abbaye de La Pierre-qui-Vire,  où nous avons été accueillis par le père-abbé Luc. »

Plusieurs moines de La Pierre-qui-Vire ont été ravis de se joindre à nous.

Frère Pierre, novice de cette communauté, raconte : « J’ignorais l’existence de cette abbaye bénédictine, qui appartient pourtant à la même congrégation que la nôtre, celle de Subiaco-Montcassin. Plusieurs moines de La Pierre-qui-Vire ont été ravis de se joindre à quelques étapes de ce pèlerinage. »

La réciproque fut également vraie : « L’un des pèlerins écossais, ajoute-t-il, un gérant forestier admiratif de la vie monastique pour sa proximité avec la nature, a prélevé dans une bouteille quelques pieds de chênes du Morvan pour les replanter chez lui. »


Les surprises de la marche

Durant cette marche, il y eu quelques mésaventures liées aux inexactitudes des cartes IGN trop anciennes (pont démoli, sentiers inexistants, etc.). Mais surtout de bonnes surprises : « Nous avons été accueillis partout avec beaucoup de gentillesse, remarque le père Giles Conacher. Il faut dire que nous avions un bon passeport : nos joueurs de cornemuse semaient l’enchantement sur leur passage ! »

Cornemuse maigre

Iain McGillivray joue de la cournemuse. © Giles Conacher/Pluscarden Abbey

A noter, un geste particulièrement symbolique : l’offrande d’une pierre de la cathédrale de Thérouanne (Pas-de-Calais), qui sera incorporée dans les fondations de la maison du nouveau bâtiment avec une pierre du Val-des-Choues également rapportée par les pèlerins.


La récolte spirituelle a été moissonnée sur les routes.

A son retour, le bénédictin dresse le bilan : « La récolte spirituelle a été moissonnée sur les routes, où les pèlerins ont trouvé espace et paix pour penser et se ressourcer. Et nous avons réuni une partie de la somme nécessaire à la construction de la maison d’accueil.

Elle comprendra une bibliothèque où nos 40 000 livres seront mis à la disposition du public. Les travaux devraient bientôt commencer. »

Quant au professeur Phillip Adamo, il s’est attelé à la rédaction d’un livre, et le court-métrage, réalisé par Christopher Court, est presque finalisé. « Une partie de la moisson est invisible, conclut le père Giles Conacher. L’important, c’est de semer, même si on ne sait pas toujours quand on récoltera. »


(1) Soit environ 1620 euros.
(2) Devenu Val-des-Choues.

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

De la Bourgogne à l'Écosse

jpcambron 15/12/2017 à 16:57

Quel beau projet. Cela jette-t-il les bases d'un chemin de pèlerinage ?

Paru le 19 avril 2018

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