L'histoire des chemins de Saint-Gilles

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Le chemin a conservé les traces des carrioles du moyen âge. © DR
Le chemin a conservé les traces des carrioles du moyen âge.
Le chemin a conservé les traces des carrioles du moyen âge. © DR

Né au IXe siècle dans la ville portuaire de Saint-Gilles (Gard), le pèlerinage attirait les foules venues vénérer les reliques du moine saint Gilles. Son lent déclin date du XIIIe siècle. 

À propos de l'article

  • Créé le 03/04/2013
  • Publié par :Gaële de La Brosse, avec la collaboration de Marcel Girault
  • Édité par :Gilles Donada

Du IXe siècle au XIIIe siècle, Saint-Gilles était le port le plus oriental du royaume : c’est donc de là que de nombreux pèlerins s’embarquaient pour Rome et la Terre sainte.

C’est aussi dans cette ville que l’on vénère les reliques de saint Gilles. Le moine qui rédigea la vie de l’ermite au Xe siècle affirme que son tombeau attira, "depuis des pays lointains, de nombreuses personnes".

Ils empruntaient alors divers itinéraires, dont sept principaux ont été recensés par Marcel Girault . Le plus connu est le chemin de Régordane, qui relie Le Puy-en-Velay à Nîmes. Cette voie est notamment évoquée par une chanson de geste, le Charroi de Nîmes (XIIe siècle), qui mentionne sur cet itinéraire "des chars et des charrettes à profusion".

En 1116, pour contenir les foules qui venaient se recueillir auprès de ses reliques, les moines construisirent une grande église au-dessus de l’abbatiale primitive. L’église basse fut ainsi surélevée par une église haute à déambulatoire, où les pèlerins pouvaient veiller jour et nuit.

Les reliques de saint Gilles attirèrent tant de pèlerins que cette église devint le premier sanctuaire de pèlerinage de la France romane. Le bibliothécaire de l’abbaye consigne d’ailleurs les nombreux miracles qui s’y produisirent dans le Liber miraculorum sancti Egidii.

Le déclin

Cependant, le pèlerinage connaîtra un lent déclin à partir du XIIIe siècle. La rivalité de l’abbaye avec les comtes de Toulouse, la croisade albigeoise, le développement de nouveaux ports puis les guerres de religion et la Révolution française auront raison du sanctuaire et de ses reliques.

D’autres chemins de pèlerinage, comme celui de Rocamadour, l’éclipsent peu à peu. Puis, victime de l’intolérance religieuse, le pèlerinage est déserté.

En 1865, le curé de Saint-Gilles redécouvre le tombeau du saint dans l’église basse ; un siècle plus tard, le pèlerinage vers Saint-Gilles-du-Gard allait ressusciter.

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Paru le 20 juillet 2017

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