Les itinéraires vers Compostelle

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Les chemins se répartissent entre la France et l'Espagne © Yvon Boëlle
Les itinéraires vers Compostelle
Les chemins se répartissent entre la France et l'Espagne © Yvon Boëlle

Si tous les chemins mènent à Rome, de nombreux itinéraires mènent également à Compostelle.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Gilles Donada

M. René de La Coste-Messelière, l’'un des principaux acteurs de la renaissance du pèlerinage, avait coutume de remarquer que le Chemin de Saint-Jacques était « un singulier qui vaut un pluriel ».

On pourrait dire aujourd'’hui qu'’il y a presque autant de chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle que de motivations enfouies au cœœur des pèlerins… C’'est pourquoi ce site n'’indiquera, dans un premier temps, que les voies principales et, sur chacun de ces itinéraires, certaines étapes particulièrement remarquables.

Il s'’enrichira au fil du temps et tiendra également compte de vos suggestions et des merveilles découvertes lors de vos pérégrinations, que vous souhaiterez nous signaler. Il sera également actualisé au fur et à mesure de l’'équipement et du balisage de nouveaux axes ou de nouvelles variantes.

Les chemins qui y sont décrits se répartissent entre la France et l'Espagne.

La voie de Tours : Paris – Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques). 960 km, 39 jours de marche.

On l’'appelle aussi le « grand chemin de Saint-Jacques », ou le « chemin dallé des pèlerins ». La via Turonensis, que rejoignaient les jacquets venus du nord et du nord-est de l’'Europe, était en effet jadis très fréquentée. Des foules se rendaient alors à Tours pour s’incliner sur le tombeau de saint Martin, mort en 397.

Les pèlerins comptèrent dans leurs rangs des personnages célèbres comme Clovis, Pépin Le Bref, saint Louis, Philippe Auguste, Richard Coeœur de Lion.

La voie de Tours, que les guides font généralement commencer à Paris, est aujourd'’hui redécouverte grâce aux efforts de quelques associations. L’'un de leurs premiers objectifs fut de tracer un itinéraire qui évite aux pèlerins les grands axes routiers. Il fallut également initier un réseau d’'hébergements, en constante augmentation.

À chacun, à présent, d’'y tracer sa route, à pied ou à vélo, puisque cette voie présente très peu de dénivelés. Plusieurs possibilités s'’offrent aux pèlerins, décrits dans différents guides. Ces derniers font généralement alterner les sentiers de randonnée, les chemins forestiers et les petites routes de campagne. Quel que soit le trajet retenu, la surprise et l’'émerveillement seront au rendez-vous, tant le patrimoine des régions traversées est riche.

Il suffit de citer les villes d’'Orléans, de Blois, de Tours, de Poitiers, ou de Saint-Jean-d'’Angély, et les communes de Melle, d'’Aulnay, ou de Pons, pour être persuadé que ce chemin ne peut décevoir son pèlerin.


La voie de Vézelay : Vézelay (Yonne) – Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques) 884 km (par Bourges) ou 923 km (par Nevers), 36 jours de marche.

La voie de Vézelay, appelée via Lemovicensis parce qu’elle traverse le Limousin et passe par Limoges, est spécialement connue de ceux qui ont lu le récit de Pierre Barret et Jean-Noël Gurgand, Priez pour nous à Compostelle. C'’est en effet la route que les deux journalistes ont parcourue en 1977 jusqu’au tombeau de l’Apôtre.

Comme les trois autres voies françaises, elle relie des lieux dont le passé prestigieux s’offre en lecture à travers le patrimoine : la « colline éternelle » de Vézelay, tout d’abord ; puis la collégiale de Saint-Léonard-de-Noblat, l’'abbaye Saint-Martial de Limoges et celles de La Charité-sur-Loire, Déols, Chancelade, Saint-Ferme, La Réole, Saint-Sever, les cathédrales de Bourges, de Nevers et de Périgueux… et bien d’autres merveilles à découvrir.

Le profil des étapes est assez vallonné, offrant au pèlerin de beaux paysages. Cependant, les dénivelés sont peu nombreux, le point culminant du parcours se situant dans les monts d’'Ambazac (695 m), un peu avant Saint-Léonard-de-Noblat.

Outre la richesse de ce patrimoine et de ces paysages, un esprit spécifique règne sur cet itinéraire, fondé, selon l’'association des Amis et Pèlerins de Saint-Jacques de la voie de Vézelay, « sur la rigueur de la démarche pèlerine ».

En effet, cette voie s’avère relativement difficile, notamment en raison de la longueur des étapes, calculées en fonction des possibilités d’'hébergements. On notera cependant que les gîtes pour pèlerins sont de plus en plus nombreux, la plupart étant suscités par les associations jacquaires qui se trouvent dans les onze départements traversés par ce parcours.

De Vézelay à la frontière espagnole, deux balisages sont proposés : celui du GR 654, créé par la Fédération Française de la Randonnée Pédestre, et celui de la « Voie historique de Vézelay », réalisé par l'’association des Amis et Pèlerins de Saint-Jacques de la voie de Vézelay.

C'’est ce dernier itinéraire que nous suivrons ici, avec sa branche nord, le chemin berrichon (passant par La-Charité-sur-Loire, Bourges, Issoudun, Déols et Gargilesse) ou sa branche sud, le chemin nivernais (via Saint-Père, Nevers, Neuvy-Saint-Sépulchre),  ces deux branches se rejoignant à Gargilesse.

Grâce à cette structure en perpétuelle amélioration, les pèlerins ont repris la voie de Vézelay. Une dizaine en 2000, ils sont actuellement environ un millier par an et s’'entendent parfois dire, comme Barret et Gurgand qui leur ont ouvert la route : « Priez pour nous à Compostelle »….


La voie du Puy-en-Velay : Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) – Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques). 750 km, 30 jours de marche.

La voie du Puy-en-Velay, ou via Podiensis, est la plus connue des quatre grandes routes historiques. Elle est aussi la plus ancienne, puisque c'’est du Puy-en-Velay que partit l’'évêque Godescalc, l’'un des premiers pèlerins non espagnols à avoir pérégriné jusqu’à Compostelle, en 950-951.

Ses atouts sont nombreux. Elle offre tout d’abord des paysages variés : les terres volcaniques du Velay, le massif granitique de la Margeride, les hauts plateaux désolés de l’'Aubrac, la vallée du Lot, les causses du Quercy, puis les coteaux et les vallons de Gascogne qui conduisent aux Pyrénées.

Elle permet aussi de découvrir un patrimoine très riche, notamment dans les hauts lieux célèbres comme Le Puy-en-Velay, Aubrac, Espalion, Estaing, Conques, Figeac, Cahors, Moissac, Lectoure, Saint-Jean-Pied-de-Port. Ce chemin, qui suit le tracé du GR 65, est intégralement balisé par la Fédération Française de la Randonnée Pédestre.

Long de 750 km, il représente environ un mois de marche. Il bénéficie d’'une importante infrastructure d'’accueil : il est, par conséquent, le plus fréquenté. Le plus souvent, les pèlerins commencent leur voyage au Puy-en-Velay, mais certains, venant d’autres pays (Suisse, Allemagne, Norvège etc.), ont déjà pérégriné plusieurs jours, voire plusieurs mois, et font ici étape avant de repartir.

Aux périodes de grande affluence, c’est-à-dire en juin, juillet et août, une centaine de pèlerins partent chaque jour en moyenne sur la via Podiensis. Au cours de l’'année 2009, 12 000 pèlerins, de 63 nationalités différentes, ont reçu la bénédiction au départ de la cathédrale du Puy-en-Velay. Pour toutes ces raisons, cet itinéraire jacquaire est surnommé la « voie royale ». Une appellation que vient confirmer l’'évocation de ses principales étapes.


La voie d'Arles : Arles (Bouches-du-Rhône) – Col du Somport (Pyrénées-Atlantiques). 740 km, 30 jours de marche.

Le chemin d’'Arles, également appelé via Tolosana (ou voie toulousaine), a toujours été une voie de grand passage. Au Moyen Âge, les jacquets italiens et provençaux y croisaient les « roumieux », venus de la péninsule Ibérique pour se rendre sur le tombeau de saint Pierre en empruntant la voie domitienne.

Aujourd'’hui, le pèlerin a le choix entre plusieurs routes. L'’itinéraire décrit ici suit le balisage du GR 653, qui débute à Arles et, contrairement aux trois autres grandes voies françaises, ne franchit pas les Pyrénées à Roncevaux mais au col du Somport.

Moins fréquenté que celui du Puy-en-Velay (461 pèlerins ayant emprunté cette voie ou sa variante du Piémont ont été recensés à Saint-Jean-Pied-de-Port en 2009), il constitue une alternative intéressante à celui-ci. En effet, il traverse des lieux remarquables, parmi lesquels : Arles, Saint-Gilles-du-Gard, Montpellier, Saint-Guilhem-le-Désert, Castres, Toulouse, L’'Isle-Jourdain, Auch, Saint-Christaud, Morlaàs, Lacommande, Oloron-Sainte-Marie.

Les régions parcourues, de la Provence ensoleillée aux vertes Pyrénées, offrent également une riche diversité de reliefs, de paysage et de climats : plaines languedociennes, forêts gersoises, collines gasconnes, piémont des Pyrénées, vallée d’Aspe….

Il faut cependant savoir que ce chemin présente des dénivelés importants, avant même le franchissement des Pyrénées. Le marcheur devra s’y préparer et posséder une condition physique suffisamment bonne pour aborder au mieux cette voie.

Jusqu'à la fin des terres : cap Finisterre, Muxía, Padrón.

Finis terrae… la fin des terres où s’achève aussi, pour ceux qui ont suivi la voie Lactée, le Chemin des étoiles.Comme la mer qui vient s’échouer sur ces rivages, c’est ici que le pèlerin pourra choisir de finir sa course. Plusieurs possibilités se présentent à lui.

S’il souhaite aller directement au cap Finisterre, il prendra le chemin balisé qui passe par Negreira, Olveiroa, Cee et Corcubión (91 km) ; de là, il peut se rendre à Muxía (31 km).

Le Camino francés

Le Camino francés (précédé du Camino navarro et du Camino aragonés), qui conduit de Puente la Reina à Santiago, fut ainsi appelé parce qu'’il était majoritairement parcouru par des pèlerins venant d’outre-Pyrénées, mais aussi parce que de nombreux Francs vinrent s’'y installer. Les multiples hôpitaux, ponts et monastères qui jalonnent cette route témoignent de son passé prestigieux.

Il est le plus pratiqué des chemins espagnols. En 2009, sur 145 877 pèlerins arrivés à Santiago, 113 001 avaient emprunté cet itinéraire. Aussi riche en monuments qu’'en rencontres, il laisse un souvenir impérissable à ceux qui l'’ont parcouru, malgré l'’importance de sa fréquentation.

Le Camino navarro

Le Camino navarro (le Chemin navarrais) désigne le faisceau des chemins qui traversent la Basse-Navarre (côté français) puis la Navarre (côté espagnol).

Le plus important est celui qui prend naissance près d’'Ostabat, au point de jonction de trois des grandes voies françaises (voies du Puy-en-Velay, de Vézelay et de Tours), et traverse les Pyrénées par le col de Roncevaux pour se diriger vers Obanos, localité située juste avant Puente la Reina, où commence le Camino francés.

Le Camino aragonés

Le Camino aragonés (le Chemin aragonais) ainsi appelé parce qu'’il suit le cours de la rivière Aragon, se situe dans le prolongement de la voie d’'Arles. Long de 170 km, il révèle des paysages variés, entre montagnes et vallées.

A travers l’'Aragon puis la Navarre, il relie le col du Somport à Obanos, près de Puente la Reina, où il rejoint le Camino navarro. Moins fréquenté que ce dernier, il révèle aux pèlerins qui l’'empruntent un patrimoine remarquable.

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Paru le 4 janvier 2018

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