Ile-de-France : enfin des balises pour le chemin de Saint-Jacques !

agrandir Premier clou posé au sol à Massy.
Premier clou posé au sol à Massy. © Jean-François Féjoz
Premier clou posé au sol à Massy.
Premier clou posé au sol à Massy. © Jean-François Féjoz

Depuis 8 années, une petite équipe de pèlerins milite pour le balisage du chemin de Saint-Jacques à Paris. Premiers résultats : 131 clous frappés de la coquille viennent d’être apposés dans 4 communes d’Ile-de-France. Entretien avec Jean-François Féjoz, auteur du blog chemincompostelle.over-blog.com, coordinateur de ce projet de balisage en secteur urbain.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    23 novembre 2016

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Jean-François Féjoz, coordinateur du projet de balisage en secteur urbain - © Jean-François Féjoz

En France et dans d’autres pays d’Europe, plusieurs villes ont matérialisé le passage du chemin de Saint-Jacques avec un marquage spécifique. Pouvez-vous nous en donner quelques exemples ?

En France, on peut mentionner Lyon et Montpellier ; à Bordeaux, les clous sont accompagnés de plaques de grandes dimensions. Il y a aussi des clous jacquaires dans des agglomérations moins grandes : Limoges, Périgueux, Tours, Le Puy-en-Velay, Châteauroux ; dans de petites localités comme Saint-Avertin, Gradignan, Le Bouscat et plusieurs villages d’Alsace. Les pèlerins les voient à Vannes et même à Embrun, ou dans des lieux aussi célèbres que Margaux ou Vézelay – et je ne les cite pas tous !

En Espagne, il y en a dans les villes traversées par le chemin. Le plus étonnant, c’est que des clous de bronze jacquaires sont aussi implantés dans plusieurs villes d’Allemagne et de Belgique – à commencer par Bruxelles – et que jusqu’à cette année, il n’y en avait aucun en Ile-de-France ! Mais si nous voulons des clous jacquaires en Ile-de-France et à Paris, ce n’est pas pour faire comme les autres : c’est parce que c’est bon pour les localités traversées, c’est utile pour le pèlerin et c’est excellent pour faire connaître le Chemin de Compostelle…

En 2015, vous vous êtes battus pour qu’une partie du budget participatif de la ville de Paris soit alloué au balisage jacquaire de cette ville. Pourquoi cette signalétique vous semble-t-elle si importante ?

Le travail que nous avons fait cette année-là a permis de mieux faire connaître notre projet. Nous avons pu faire savoir qu’il est important de rendre la Voie de Paris visible, de la valoriser et de guider les pèlerins qui traversent la région.

Depuis le Moyen Age, avec des périodes d’interruption, le chemin traversant Paris est en effet fréquenté par les Parisiens, mais aussi par les pèlerins venant du nord de la France, d’Angleterre, des Pays-Bas, d’Allemagne et de Belgique. Nous en avons eu la preuve quand, en mai 2014, nous avons inauguré le Banc et l’Arbre du Pèlerin à la Villette : le même jour, un Néerlandais puis un Allemand y passaient, justement !

Ces pèlerins se dirigent vers Chartres ou Orléans, puis Tours, Poitiers, Saint-Jean-d’Angély, Saintes, Bordeaux et les Landes. Ensuite, ils ont le choix d’entrer en Espagne par Saint-Jean-Pied-de-Port (Camino francés) ou par Irun (Chemin de la Côte).

A quel titre portez-vous ce projet ?

Quand on est pèlerin et qu’on revient de Saint-Jacques, on se demande comment rendre au chemin ce qu’on a reçu de lui. Beaucoup deviennent hospitaliers pendant 15 jours par an et accueillent gratuitement ceux qui cheminen : un bénévolat essentiel sans lequel le Camino n’existerait pas. L’idée des clous dans Paris est venue ; il a fallu la recevoir, ce qui n’a pas été bien difficile. Maintenant, il faut que le rêve devienne réalité…

Gardez-vous donc espoir que ce projet aboutisse ?

Plus que jamais ! De nombreux signes nous montrent que nous aboutirons. L’appui des uns et des autres, les nombreux soutiens et les réalisations au sud de Paris en 2016 nous font comprendre qu’on avance dans la bonne direction.

Quelles communes d’Ile-de-France ont répondu à votre appel ?

C’est Gif-sur-Yvette, en Essonne, qui a donné le signal : 54 clous ont été posés en avril et inaugurés par l’équipe municipale en juin 2016, en présence de nombreux pèlerins.

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Clou au sol à Gif-sur-Yvette - © S. Lozano

En outre, deux panneaux mettent parfaitement en valeur la place de la ville sur le Chemin.

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Panneau d’entrée à Gif-sur-Yvette - © S. Lozano

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Panneau de sortie à Gif-sur-Yvette - © S. Lozano

Ensuite Massy, qui, depuis longtemps, à travers son office de tourisme, s’engage sur l’hébergement des pèlerins, a jalonné ses rues d’une quarantaine de clous.

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Clou au sol à Massy - © OT de Massy

Verrières-le-Buisson a pris le pas et, de ce fait, l’itinéraire en est devenu plus court et plus agréable !

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Balisage à Verrières-le-Buisson - © Jean-François Féjoz

Tout récemment, c’est la ville de Champlan qui s’est dotée de clous semblables. Cela nous paraissait tout naturel : son blason arbore des coquilles Saint-Jacques depuis le XVIIe siècle au moins !

Mais tout cela, bien sûr, n’a de sens que dans l’opération globale de balisage, comprenant les signes jacquaires collés ou peints en secteur rural entre les agglomérations, à la manière des signes de Grande Randonnée (GR) de la Fédération française de randonnée.

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Pose d’un clou à Verrières-le-Buisson - © Jean-François Féjoz

Pouvez-vous nous décrire ce balisage ?

En ville, des clous de bronze et parfois des panneaux. En zone rurale, là où les GR conviennent, nous ajoutons aux signes « GR » une coquille stylisée jaune sur fond bleu (logo européen) qu’on applique en autocollants ou en pochoirs. Là où le pèlerin a avantage à faire moins de détours, nous le guidons avec une signalétique en bleu et jaune selon le même dispositif que les GR, et nous ajoutons le logo européen. D’ici fin 2016, nous aurons terminé le balisage de plus de 80 kilomètres. Au sein de l’association Compostelle 2000, c’est le travail de toute une équipe dynamique et motivée !

Quelles devraient être les villes prochaines à apposer ces clous en Ile-de-France… si saint Jacques le veut ?

Saint Jacques a l’air de vouloir beaucoup de choses en ce moment, mais la prudence nous recommande de ne rien dévoiler pour l’instant. Ce qu’on peut promettre, c’est que le pèlerin va être gâté en Ile-de-France. Il devrait en effet avoir d’agréables surprises… en attendant Paris !

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Clous Ile de France

Guzz56 25/11/2016 à 08:46

Merci pour ce bel article et l'encouragement à "marquer" ce chemin en Ile de France et particulièrement Paris. Ayant rejoint 2 fois Santiago (1600 km en solitaire et 200 en groupe)cette année, j'ai apprécié de pouvoir traverser sans ... lire la suite

Paru le 22 juin 2017

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