Histoire des chemins de Saint-Jacques de Compostelle

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Coquille sur la façade de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice. © Yvon Boëlle
Histoire des chemins de Saint-Jacques de Compostelle
Coquille sur la façade de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice. © Yvon Boëlle

Pour évoquer les origines du pèlerinage, il faut remonter jusqu’'au 25 juillet 813 : c'’est à cette date que l’'ermite Pélage, guidé par une étoile mystérieuse, aurait découvert la sépulture de l’'apôtre, dans un ancien cimetière. Les pèlerins ne tardèrent pas à venir honorer ces reliques.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Gilles Donada

En 834, Alphonse II, roi des Asturies, se mit en route à partir d'’Oviedo, traçant ainsi le premier chemin de pèlerinage vers Compostelle (que l’on nommera ensuite Camino primitivo, ou Chemin primitif). En 950-951, c’est l’'évêque Godescalc, accompagné d’'un long cortège, qui effectue le pèlerinage à partir du Puy-en-Velay (alors appelé Le Puy-Sainte-Marie).

Grâce à la volonté des évêques successifs de Saint-Jacques de Compostelle (et, au premier chef, Diego Gelmirez, 1070 ? - 1140), le pèlerinage allait rapidement s’'organiser. Tout au long de l'’itinéraire qui deviendra le Camino francés, de nouvelles villes naissent autour des ponts qui permettent de franchir les cours d’'eau, et des abbayes et hôpitaux qui accueillent les pèlerins.

Le pèlerinage atteint son apogée au XIIe siècle. C’'est également de cette époque que date le Codex Calixtinus, recueil de textes consacrés à saint Jacques le Majeur et à son pèlerinage, dont le cinquième livre, le Guide du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle, sera considéré comme l’'ancêtre des guides de voyage. Il décrit notamment les quatre grandes voies françaises (au départ de Tours, Vézelay, Le Puy-en-Velay et Saint-Gilles), ainsi que les étapes espagnoles.

En suivant ces itinéraires, et bien d'’autres qui ne laisseront pas de trace dans l'’histoire (car le pèlerin, faut-il le rappeler, partait de chez lui et se dirigeait vers des points de ralliement notoires), des milliers d'’hommes et de femmes, de toutes conditions, se dirigent, à pied ou à cheval, vers le tombeau de l’apôtre.

Leurs motivations sont nombreuses. La plupart partent de leur propre chef pour obtenir des indulgences et gagner des grâces ; d’'autres espèrent la guérison physique ; d’'autres encore offrent les souffrances du chemin par pénitence, espérant ainsi la rémission de leurs péchés ; enfin, certains prisonniers sont condamnés à accomplir la marche enchaînés et pieds nus, pour obtenir la remise de leur peine.

Au XVIe siècle, de vives critiques à l’'encontre du pèlerinage commencent à se faire entendre. Les philosophes humanistes, tel Erasme, dénoncent les superstitions et les abus qui lui sont attachés. Luther renchérira en mettant en doute l’'authenticité des reliques de l’'apôtre et conclura : « Laisse donc tomber et n’y va pas. Laisse-y voyager celui qui le voudra mais toi, reste chez toi. »

Étonnamment, les hommes d’'Église de la Contre-Réforme catholique abonderont en ce sens, vantant la supériorité du pèlerinage spirituel sur la pérégrination terrestre. La philosophie rationaliste des Lumières allait achever de rendre cette pratique suspecte.

Au début du XIXe siècle, de nouvelles formes de dévotion, notamment mariale, entreront en concurrence avec le pèlerinage de Compostelle. Le 25 juillet 1867, une quarantaine de pèlerins seulement se retrouvent à Saint-Jacques pour la fête de l’apôtre.

En 1900, Mgr Duchesne porte le coup de grâce au culte de saint Jacques, en remettant en cause non seulement son apostolat en Espagne mais aussi, à l'’instar de Luther, l’'authenticité des reliques vénérées à Compostelle pourtant reconnue par le pape Léon XIII….

Vos commentaires

3 Commentaires Réagir

A rajouter à l'histoire

Ferpel 10/07/2014 à 15:40

1884, Lettre apostolique Deus omnipotens du pape Léon XIII reconnaissant les restes de saint Jacques et de ses disciples à Compostelle. C'est à cette prise de position qu'a réagi Mgr Duchesne. En 1982, le pape Jean-Paul II, plus prudent s'est bien ... lire la suite

Honnêteté intellectuelle

Rédaction Pèlerin 06/05/2014 à 09:09

Bonjour Viracocha, Nous avons bien reçu votre commentaire mais ne sommes pas concernés par son contenu, Mme Péricard-Méa n'étant pas une collaboratrice de Pèlerin. Pouvez-vous lui faire parvenir directement votre requête ? Bien cordialement.

Honnêteté intellectuelle

Viracocha 04/05/2014 à 01:04

Dans son ouvrage sur Saint Jacques le matamore (Le Matamore: Mythes, images et réalités, éditions La Louve), l'auteur, Mme Péricard-Méa évoque le culte du saint sous son aspect de Matamoros. Sous prétexte de me faire publier mes travaux sur le culte ... lire la suite

Paru le 14 juin 2018

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