« The Way », en avant-première sur le chemin de Compostelle

agrandir L'acteur américain Martin Sheen se recueille lors d'une étape du Camino francès.
L'acteur américain Martin Sheen se recueille lors d'une étape du Camino francès. © Version originale / Condor
L'acteur américain Martin Sheen se recueille lors d'une étape du Camino francès.
L'acteur américain Martin Sheen se recueille lors d'une étape du Camino francès. © Version originale / Condor

Avant sa sortie nationale le 25 septembre 2013, The Way, le film d'Emilio Estevez, a illuminé plusieurs salles obscures hexagonales. Rencontres à Tours avec des spectateurs conquis.

À propos de l'article

  • Créé le 24/08/2013
  • Publié par :Faustine Prévot
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6821, du 22 août 2013

Si tous les chemins mènent à Rome, ils mènent aussi à Compostelle. En ce mardi calme du mois d'août, à Tours, ils sont plus de 300 à être venus assister dans une salle du centre-ville à l'avant-première de The Way, un film où le réalisateur Emilio Estevez met en scène son père, Martin Sheen, sur le Camino francés, le chemin des Francs.

Le cinéaste américain en fait le héros d'une histoire tragique : Tom Avery, médecin californien, débarque à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées-Atlantiques, pour rapatrier le corps de son fils mort sur le trajet.

Des envies de grands voyages entre copains

Il décide finalement de se rendre jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle et de disperser les cendres tout au long des 800 km du tracé.

D'étape en étape, il va sympathiser avec un Hollandais désireux de perdre du poids, une Canadienne qui voudrait arrêter de fumer et un écrivain irlandais en panne d'inspiration.

À la sortie des séances de 18 heures et 20 heures, il y a une majorité de seniors, mais aussi quelques adolescents. Des habitués du chemin et des néophytes qui n'y ont jamais posé un orteil.

À Cassandra, 17 ans, The Way a donné des « envies de grands voyages entre copains ».

À 60 ans passés, Jean-Pierre a déjà relié les grandes villes du Camino francés, mais en voiture. « Le film m'a conforté dans l'idée de faire le pèlerinage proprement dit », se réjouit-il.

Retraité de l'armée depuis novembre 2012, l'ex-scout de France compte profiter de son nouveau temps libre pour se lancer dans l'aventure... en VTT.

Les athées trouvent aussi leur voie sur le chemin de Compostelle


Pour les initiés de Compostelle, l'émotion a pris le pas sur l'enthousiasme. Chez la plupart d'entre eux, la projection a fait remonter des souvenirs intenses. En suivant les personnages dans certains lieux de culte, Hélène a revécu un moment de grâce.

« Dans une petite chapelle près de Burgos, j'ai été la seule à communier et le prêtre est venu vers moi. Il m'a dit, en me montrant un christ en croix qui avait un bras vers le sol et l'autre en l'air : "Il vous tend la main pour vous emmener vers le ciel." »

L'ancienne infirmière, issue d'une famille où l'on est catholique « de mère en fille », n'a jamais oublié.

À la manière du protagoniste irlandais « bouffeur de curé », les athées trouvent aussi leur voie sur le chemin de Compostelle.

Après un accident cardiaque dont il s'est tiré in extremis, Jean-Luc a décidé, une fois à la retraite, de se mettre en route depuis Tours. « Pour la dernière partie de ma vie, je veux ne plus être pressé par le temps, le remettre à la mesure de l'homme qui marche. »

Une approche avant tout philosophique qui, à sa grande surprise, l'a rendu plus tolérant vis-à-vis de la religion. « En redécouvrant à pied les merveilles conçues par les bâtisseurs de cathédrale qui avançaient de cette manière, de chantier en chantier, j'ai mesuré la puissance de leur foi, le courage qu'elle leur avait conféré », explique celui qui est aujourd'hui président de l'association jacquaire d'Indre-et-Loire.


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Paru le 19 juillet 2018

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