Louis Janin a marché plus de 25 fois sur le chemin de Compostelle

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En 1956, Louis Janin est parti de Lourdes pour Saint-Jacques-de-Compostelle © Yvon Boelle
Louis Janin a marché plus de 25 fois sur le chemin de Compostelle
En 1956, Louis Janin est parti de Lourdes pour Saint-Jacques-de-Compostelle © Yvon Boelle

Louis Janin a réalisé plus de 25 pèlerinages vers Compostelle. En 1956, à 33 ans, il prenait le train de nuit de Genève pour Lourdes.

À propos de l'article

  • Modifié le 27/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Muriel Fauriat
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6713 du 28 juillet 2011

« Trois semaines - la durée de mes vacances - pour parcourir 1 500 km... soit 50 km par jour si je voulais arriver à bon port ! Mais j'étais bien entraîné. Je savais que rien n'allait m'arriver, C'est ma femme, la responsable de mon pèlerinage : elle m'avait offert la collection originale du Codex Calixtinus (recueil de textes consacrés au pèlerinage de saint Jacques datant du XIIe siècle). Et puis, je m'interrogeais sur ma vie : est-ce que j'allais la perdre à la gagner ?

Comme j'avais un sac, les gens me repéraient vite à l'entrée des villages, et j'étais invité à manger, à dormir. Je disais ces paroles d'Évangile : 'J'avais faim et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger et vous m'avez accueilli.' Cela m'ouvrait toutes les portes.

En Espagne, la mère allait dormir avec ses filles, le père avec ses garçons, et moi, j'avais droit à la chambre nuptiale avec les photos de famille... Cet été-là, 9 pèlerins français allaient à Compostelle ! Aujourd'hui, il peut y en avoir 1 000 par jour dans les dernières étapes.

À Santiago, j'ai été accueilli par ces paroles : 'C'est maintenant que ton pèlerinage commence. C'est maintenant que les choses vont changer en toi.' Je n'ai jamais arrêté de marcher. J'ai fait du trekking dans les villes saintes de l'hindouisme, dans l'Himalaya, afin de voir s'il y avait la même étincelle dans les yeux des pèlerins. Elle y était !

J'ai rencontré trois pèlerins noirs venant de Madras, nus pieds dans des sandales, enveloppés de draps blancs et munis d'un bol d'aumône. Je me suis dit qu'avec un sac de 12 kg, j'étais hors du coup. Désormais, j'allais partir avec juste une banane ! Sur le Camino, je voyageais sans rien, car je connaissais tous les gîtes, toutes les personnes qui pouvaient m'accueillir. J'ai gardé de belles amitiés avec les gens. Leurs enfants et petits-enfants continuent de m'écrire... »

Sur le blog des marcheurs, retrouvez toutes les expériences de ceux qui marchent sur les chemins de randonnée et de pèlerinage.

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Paru le 22 juin 2017

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