Le couple Chauvin témoigne de son pèlerinage à Compostelle en 1958

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Claude et Claude Chauvin, mari et femme, sont partis en 1958. © Yvon Boelle
Le couple Chauvin témoigne de son pèlerinage à Compostelle en 1958
Claude et Claude Chauvin, mari et femme, sont partis en 1958. © Yvon Boelle

Claude et Claude Chauvin, mari et femme, sont partis en 1958 sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle avec neuf étudiants scouts de Parthenay (Deux-Sèvres).

À propos de l'article

  • Modifié le 27/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Muriel Fauriat
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6712 du 21 juillet 2011

«Notre équipée mixte posait de gros problèmes, notamment en Espagne. C'était l'époque où on se vouvoyait entre filles et garçons... Une fois, nous nous étions installés dans une grange tous ensemble et les Espagnols n'étaient pas contents du tout. Nous avons dû leur dire que notre regroupement était indispensable pour notre prière du soir.

En France, ce n'était pas mieux : nous sous sommes parfois fait recevoir à coups de fusil ! Et tout le monde a tout fait pour nous décourager : 'Les filles ne vont pas tenir. La jument doit se reposer tous les 20 km', etc. Nous avons tenu bon. Nous les filles, en jupes noires et mocassins. Notre trésorier, qui a des racines auvergnates, nous interdisait de faire les boutiques.

'Cela peut toujours servir un jour', disions-nous, remplissant nos mains de choses inutiles. Peine perdue. Les cordons de la bourse restaient fermés. Les temps étaient durs, pour nous comme pour les Espagnols. Ne mangeant que des pommes de terre et souffrant du manque de légumes et de fruits, nous nous sentions miséreux. Puis nous avons pris conscience qu'avec notre attelage, nous étions au contraire beaucoup plus riches que les Espagnols.

'Que mangent les gens de ce pays ?' avions-nous demandé, désespérés de ne découvrir qu'un peu de poisson séché, de l'huile d'olive, des oignons et du pain sur les étals. 'Nada' (rien) fut la réponse. Nous avons participé à plus de 20 messes sur le parcours et, arrivés à Santiago, avons dormi dans le stade municipal avec notre jument, Rosalie.

Le chanoine nous a donné un peu d'argent et nous avons passé trois jours à manger des tortillas (omelettes) dans les cuisines de l'Auberge des rois catholiques... Nous nous sommes fiancés et mariés, pleins de souvenirs ensoleillés, et gardons encore cette harmonie entre nous, cinquante ans après. »

■ Sur le blog des marcheurs, retrouvez toutes les expériences de ceux qui marchent sur les chemins de randonnée et de pèlerinage.

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Paru le 5 avril 2018

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