Humbert Jacomet : "Nous avons souffert mille maux sur le chemin de Compostelle"

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L'historien Hubert Jacomet a publié de nombreux ouvrages sur Compostelle © Yvon Boëlle
Humbert Jacomet : "Nous avons souffert mille maux sur le chemin de Compostelle"
L'historien Hubert Jacomet a publié de nombreux ouvrages sur Compostelle © Yvon Boëlle

Humbert Jacomet guida, le 1er juillet 1976, 25 scouts, filles et garçons de 18 à 30 ans, vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

À propos de l'article

  • Modifié le 27/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Muriel Fauriat
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6714 du 04 août 2011

« Nous étions le groupe 'Tanhof', du nom de nos professeurs de philosophie Norbert et Myriam Tanhof, unis par le rayonnement de leur savoir. Deux voitures relais emmenaient les tentes et les camping-gaz. C'est moi qui devais guider la troupe, mais j'étais trop chargé et bien lent. Les autres me dépassaient et nous arrivions au compte-gouttes.

Nous nous retrouvions le soir, quand nous nous retrouvions... Nous étions assez désorganisés ! Et nous avons souffert mille maux. Tous les soirs, il y en avait un qui craquait, jamais le même. Et le matin, nous repartions tous ensemble, comme si de rien n'était. À Logrono, nous avons été accueillis par des enfants criant « Napoleon, Napoleon ! » car nous étions français et portions de larges chapeaux de feutre. Les soldats de l'empereur, qui étaient passés par là un siècle et demi plus tôt, n'avaient pas laissé que de bons souvenirs...

Nous avons aussi connu la pluie, le brouillard, la boue. Nous faisions deux pas en avant, trois pas en arrière. Le haut plateau désertique de la Meseta m'a marqué à vie : « Neuf mois d'hiver, trois mois d'enfer... »

Les paysans espagnols moissonnaient à la faucille sous un soleil de plomb. De loin, nous voyions la poussière des trillas, ces planches à silex qui servaient à séparer la paille du grain ; les mulets qui tournaient et des tas de grains, partout. À Pont Ferrada, entre le Leon et la Galice, un dentiste nous a pris en pitié et a obtenu que nous dormions dans une école.

La salle de classe s'est transformée en hôpital de campagne, parsemée de pansements, de sang, de godillots poussiéreux et traversée par des gémissements... Chacun pansait ses plaies. Mais tout le monde a tenu. Au bout de 900 km, nous sommes arrivés pour fêter la Saint-Jacques, le 25 juillet, fête nationale de la Galice, avec nos grands chapeaux ornés de coquilles ! »

Sur le blog des marcheurs, retrouvez toutes les expériences de ceux qui marchent sur les chemins de randonnée et de pèlerinage.

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Paru le 19 juillet 2018

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