Avec Bernard Ollivier, « Marcher pour s’en sortir » : l’exposition à Conques

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L’exposition « Marcher pour s’en sortir », qui présente le travail de l’association Seuil fondée par Bernard Ollivier, est présentée depuis cet été à Conques, étape majeure sur la voie du Puy-en-Velay qui mène à Compostelle. Elle y est visible jusqu’au 9 octobre.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    15 septembre 2016

Depuis le haut Moyen Age, on vient prier sainte Foy, à Conques, pour la libération des captifs. L’exposition qui se déroule jusqu’au 9 octobre dans la célèbre abbaye de ce village niché dans une magnifique vallée, intitulée « Marcher pour s’en sortir », y est donc bien légitime !

C’est ce qu’explique frère Pierre-Adrien, prémontré dans cette abbaye : « A travers ses marches de rupture, l’association Seuil, qui œuvre pour la libération, par la marche, de jeunes enfermés dans des situations inextricables, trouve ainsi sa place tout naturellement à Conques, dans le cycle des expositions qui a démarré en 2015 sous le thème commun “Libération des prisonniers”. En outre, l’enjeu est d’importance dans la situation actuelle où notre pays semble tenté par une politique de l’enfermement et du repli sur soi. La manière dont un pays sait s’occuper de sa jeunesse en difficulté est sans doute révélatrice de sa grandeur et de son avenir. »

Le défi de Bernard Ollivier

C’est d’ailleurs sur cette voie du Puy-en-Velay menant à Saint-Jacques-de-Compostelle qu’en 1998, Bernard Ollivier a rencontré des jeunes délinquants belges de l’association Oikoten effectuant cette marche en vue de se réinsérer dans la société. Au terme de ce voyage, le journaliste et écrivain a eu l’idée de créer une structure similaire en France.

Ainsi est née, en 2000, l’association Seuil. Elle propose à des mineurs en difficulté – dans le cadre d’accords avec les institutions sociales, éducatives et judiciaires – une marche de rupture et de libération de 1800 km encadrée par un accompagnateur et une équipe pédagogique. « Retrouver le goût de vivre, se faire une place dans la société qu’ils rejetaient, transformer révolte et agressivité en énergie pour repartir du bon pied dans la vie, sortir enfin du cercle infernal de l’échec : les marches de rupture de Seuil apportent l’espoir quand l’enfermement et la prison ont échoué », expliquent les responsables de l’association.

L’exposition, jusqu’au 9 octobre

Le 8 juillet dernier, Bernard Ollivier, fondateur de Seuil, et David Le Breton, professeur de sociologie et d’anthropologie à l’université de Strasbourg, ont inauguré l’exposition « Marcher pour s’en sortir » autour d’une conférence à deux voix. Ils y ont présenté la marche comme outil de retrouvailles avec le goût de vivre et le lien social, permettant aux jeunes de se reconstruire : « La marche, ont-ils expliqué, est une remise en ordre du chaos intérieur, elle n’élimine pas la source de la tension, mais elle la met à distance. Elle éloigne d’une histoire trop figée en remettant justement son existence en mouvement. La marche est un remède au sentiment d’être à l’écart du monde. Et il faut parfois accomplir un long détour pour retrouver son chemin. » (1)

Depuis cet été, huit grands panneaux présentent donc le travail de Seuil sous les voûtes de l’abbatiale. Au cellier, des photos prises par les marcheurs de cette association sont exposées sous le titre « Regards des jeunes » (2), et le film Démarche de Stéphanie Paillet est projeté dans une salle attenante.

 

Démarche from Stéphanie Paillet on Vimeo.

Une double exposition à ne pas manquer : elle est visible jusqu’au 9 octobre !

Pour soutenir l’association Seuil ou pour accompagner des jeunes lors des marches Seuil : c'est par ici !

(1) Les textes de la conférence seront publiés prochainement dans Les Nouvelles de Seuil.

(2) Ces 2 expositions sont modulables et itinérantes afin de mieux faire connaître la mission de Seuil, de recruter des accompagnants, de collecter des dons pour permettre à plus d’adolescents de 14-18 ans en grande difficulté de réaliser une marche Seuil et de se réinsérer au sein de la société.


Quelques chiffres clé :

En 2016 :

170 jeunes partis, 260 000 kms parcourus.

1 800 kms en moyenne pour une marche.

30 marches individuelles Seuil par an.

95 % des jeunes ayant accompli une marche Seuil reviennent sereins et porteurs d’espoir pour leur projet de réinsertion (scolarité, apprentissage).

63% améliorent leur comportement.


A lire :

De Bernard Ollivier :
Marche et invente ta vie, Arthaud, 2015.

De David Le Breton :
Marcher pour s'en sortir. Un travail social créatif pour les jeunes en grande difficulté, ERES, 2012.
Marcher. Eloge des chemins et de la lenteur, Éditions Métailié, 2012.

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Paru le 21 juin 2018

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