5 conseils pour contempler la nature

agrandir Pendant le pèlerinage, savoir s’arrêter, se ménager une pause pour contempler la nature.
Pendant le pèlerinage, savoir s’arrêter, se ménager une pause pour contempler la nature.
Pendant le pèlerinage, savoir s’arrêter, se ménager une pause pour contempler la nature.
Pendant le pèlerinage, savoir s’arrêter, se ménager une pause pour contempler la nature.

En ce début d’été, certains d’entre vous s’apprêtent à partir en pèlerinage ; d’autres vont ponctuer leurs vacances par des balades spirituelles. Dans tous les cas, la nature sera au rendez-vous. Cinq pèlerins vous prodiguent leurs conseils pour que cette école du plein air vous aide à vous reconnecter avec le sacré.

À propos de l'article

  • Créé le 05/07/2017
  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Bosco Lebrun
  • Publié dans Pèlerin
    5 juillet 2017

 « J’ignore si, comme on le dit, le bonheur est dans le pré, écrit Jean-Luc Le Cleac’h en ouverture du livre Poétique de la marche, qui vient de paraître. Il me semble qu’il est plutôt dans la traversée de ce pré et des suivants, dans le passage à travers les bois et les forêts, dans le franchissement à gué des ruisseaux, dans l’ascension de la colline par un chemin caillouteux et pentu, par la longue trace qui court sur la crête et qui redescend vers un village que l’on atteint rapidement, à peine franchi le pont sur la rivière. » Voilà précisément la journée-type d’un pèlerin qui se dirige vers Saint-Jacques-de-Compostelle, Rome, le Mont-Saint-Michel, Assise ou tout autre sanctuaire.


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Les traversées des rivières sont des actes rituels qui invitent à méditer sur l’ultime passage – © Gérard Harlay


Ralentir le rythme

Premier conseil pour cette marche : adopter la lenteur. Saisir la chance de pouvoir ralentir le rythme pour réapprendre à utiliser tous ses sens, et être ainsi réceptif aux couleurs, aux odeurs, aux sons, aux formes. « Joie de retrouver l’élément terre, commente Marie-Edith Laval, pèlerine de Shikoku, au Japon. À moins que ce ne soit l’élémentaire ? » « En savourant la magnificence des paysages, précise Frédéric Theys à son retour de Compostelle, le pèlerin se reconnecte avec sa nature divine profonde. »

Insensiblement, cette démarche modifie son attitude. « Ce contact avec la nature débordante, souvent généreuse, parfois rude, nous apprend l’humilité », explique le P. Dominique Lang. Un mot qui vient d’ailleurs, tout comme les termes « homme » et « humanité », du latin humus : la « terre ».

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Par ces cairns improvisés, le pèlerin sacralise l’espace en marquant les points de passage importants. © Gérard Harlay

De l’émerveillement à la contemplation

Pour vivre plus intensément ces instants, on pourra associer cette lenteur au silence. « Dans ces moments d’émerveillement que j’ai vécus en regardant les étoiles dans le ciel d’été, ou le soleil levant qui illumine progressivement l’océan, poursuit Marie-Edith Laval, le temps comme l’espace se suspendent. Contemplation : ce mot s’impose alors de lui-même. » Pas de recette, bien sûr, pour parvenir à cet état méditatif, mais des pistes à explorer. « Par exemple, s’appuyer sur des détails du paysage, des points d’appui qui tisseront un fil : les arbres, les couleurs de la terre, la forme des rochers », suggère Marie-Claire d’Aligny, l’un des vingt-trois auteurs des Carnets du paysage consacré au « Sacré » (mai 2017).

Et Bénédicte Labbé-Laurent, qui a effectué plusieurs fois le chemin de Saint-Jacques en solitaire, ajoute ce conseil :


Pour gagner cet état d’ouverture, ménagez-vous des moments de solitude. Vous vous sentez alors tout petit dans cette immensité et pourtant parfaitement à sa place.

« En toute chose, résume le P. Dominique Lang, la bonté de Dieu peut être accueillie quand on laisse parler son cœur d’enfant. »

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Quand la brume nimbe le paysage de mystère… – © Gérard Harlay

Gestes écologiques

Cette complicité avec la nature impose au pèlerin une nouvelle conduite : « Faire attention à sa nourriture en évitant de consommer des aliments nourrissants peu chers, mais aussi peu respectueux des producteurs et de la terre, recommande le P. Dominique Lang. Savourer l’eau qui remplira vos gourdes, pour redécouvrir le trésor de l’eau potable. Partir sans téléphone portable, ou au moins sans smartphone, pour ne pas passer son temps à recharger ses batteries ou à trouver un endroit pour faire un selfie à poster sur Facebook. »

Et Bénédicte Labbé-Laurent complète : « Se laisser nourrir par la nature quand c’est possible. Ramasser ses détritus et papiers. Chaque jour, faire un acte pour nettoyer la nature de ce qui ne devrait pas y être. » En effet, si cette nature est généreuse, elle est aussi fragile : « N’oubliez pas d’emporter avec vous des sacs-poubelle, précise Marie-Claire d’Aligny, et lavez-vous sans utiliser de produit polluant le cours de l’eau. »

Quant à Frédéric Theys, il attire notre attention sur la manière naturelle dont on peut se soigner en chemin. Formé à l’aromathérapie et aux soins énergétiques, il en a fait profiter les pèlerins qui le souhaitaient tout au long du chemin de Saint-Jacques. « Je vous conseille, dit-il, d’apporter deux huiles essentielles pour masser jambes, chevilles, pieds et dos à l’étape : la gaulthérie et l’eucalyptus citronné. Une ou deux gouttes de chaque dans de l'huile végétale (idéalement d’Arnica) suffisent ! »


A lire, trois ouvrages récemment parus :

Couv1

Sacré, Les carnets du paysage n° 31, Actes Sud et l’Ecole nationale supérieure de paysage (240 p., 28 euros) [avec notamment les articles « Montagnes sacrées et paysages chinois », « Pèlerinage aux trois montagnes au Maroc », « Pourquoi le paysage ne peut pas ne pas être spirituel », « Ecologie, nature, spiritualité »]


Couv2

Envie de bien-être dans la nature. 150 idées pour se reconnecter avec les éléments naturels et avec ses racines, de Florence Thinard, Ed. Plume de Carotte (112 p., 15 euros)



Couv3

Poétique de la marche, de Jean-Luc Le Cleac’h, Ed. La Part Commune (144 p., 15 euros)




Avant de partir ou en chemin, on peut aussi relire l’encyclique Laudato Si’ du pape François :

Couv4

Loué sois-tu, du pape François, Ed. Bayard/Cerf/Mame (120 p., 4,50 euros)

 

A lire aussi sur le site de Pèlerin :

- Soyons des écopèlerins

- Villes de pèlerinage : la révolution verte

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Paru le 20 juillet 2017

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