Mgr Rino Fisichella : "Evangéliser, c’est entrer dans toutes les cultures"

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Mgr Rino Fisichella, archevêque italien, président du conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, dans son bureau, à Rome. (3/10/13) © Eric Vandeville
Mgr Rino Fisichella, archevêque italien, président du conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, dans son bureau, à Rome. (3/10/13)
Mgr Rino Fisichella, archevêque italien, président du conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, dans son bureau, à Rome. (3/10/13) © Eric Vandeville

Comment l’évangile peut-il être annoncé aujourd’hui ? C’est le sujet du colloque Essentiel’Mans qui se tient du 18 au 20 octobre 2013, au Mans. Invité, Mgr Fisichella nous explique les enjeux de la nouvelle évangélisation.

À propos de l'article

  • Publié par :Samuel Lieven
  • Édité par :Geoffrey Defebvre
  • Publié dans Pèlerin
    6829, du 17 octobre 2013

Pèlerin. Que faut-il entendre par "nouvelle évangélisation" ? S’agit-il de ré-évangéliser la vieille Europe ?
Mgr Rino Fisichella. Je ne dirais pas que l’Europe n’est plus chrétienne. L’Église y est bel et bien présente ! Que cette présence soit majoritaire ou non, ce n’est pas le problème. Il s’agit certainement d’une présence différente. Ce qui m’intéresse, en revanche, c’est d’aider les croyants à prendre conscience de leur responsabilité de baptisés à ce moment précis de l’histoire où tous les repères traditionnels sont balayés.
Que veut dire être chrétien dans ce monde en mutation accélérée ? Que signifie le fait d’appartenir à une communauté qui s’appelle l’Église ? Les chrétiens sont-ils encore capables d’orienter la culture de leur temps ? Voilà les questions qui sous-tendent la ‘nouvelle évangélisation’. Il ne s’agit donc pas de se retourner sur le passé, mais d’être responsable devant l’avenir.

Vidéo. Mgr Fisichella: les deux défis de la Nouvelle Évangélisation. Source : KTO.

 

La nouvelle évangélisation est donc d’abord une affaire de croyants ?
Dans un premier temps, oui. Parmi les croyants, il y a d’un côté ceux qui participent à l’Eucharistie et à la vie de la communauté chrétienne sans avoir reçu de formation approfondie pour rendre compte de ce qu’ils vivent. De l’autre, il y a la foule des baptisés pour qui le fait d’être croyant n’implique pas grand chose dans leur quotidien. Foi et vie quotidienne apparaissent alors découplées l’une de l’autre.
Le croyant n’est plus identifiable par son style de vie, devenu païen. Il y a ensuite tous ceux qui, bien qu’étant imprégnés de tout un héritage culturel chrétien, ne sont plus baptisés et vivent dans l’indifférence religieuse. Ils ne ressentent plus – ou du moins ne l’expriment-ils plus – le besoin de Dieu.

Vidéo. Entretien avec Mgr Fisichella. Source : KTO. Durée 27 minutes.

 

L’Europe et les pays anciennement christianisés sont-ils les seuls concernés ?
Les situations varient selon les continents mais le défi est planétaire. En un demi siècle, un tiers des catholiques brésiliens se sont tournés vers les communautés évangéliques et les sectes. C’est un problème qu’on ne peut ignorer. Au Mexique ou en Colombie, où les églises font le plein chaque jour, seuls 15 % des gens participent régulièrement à l’eucharistie, ce qui est proche de la moyenne européenne.
Les pays d’Amérique Latine se sont le plus souvent arrêtés à une piété populaire, certes essentielle, mais faiblement enracinée et souffrant d’un manque de cohérence. Par ailleurs, la sécularisation gagne du terrain. Des évêques africains me disent que depuis la deuxième ou troisième génération ayant suivi l’arrivée des missionnaires, le besoin d’une nouvelle évangélisation se fait sentir car la culture dominante devient de plus en plus indifférente.

► Lire la suite de l’article dans Pèlerin, n°6829, du 17 octobre 2013.
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Numéro paru le 30 octobre 2014

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