Bourges : un sentiment d’élévation

La plus méridionale des grandes cathédrales du royaume des Capétiens domine un cœur de ville médiéval préservé. Notre photographe Stéphane Compoint a survolé l’édifice en accrochant son objectif à un ballon dirigeable. Ses clichés vertigineux présentent le vaisseau gothique sous des angles inédits.

Sa silhouette fuselée se distingue à 20 kilomètres à la ronde. Perchée au point culminant de la ville, assise sur une vaste église basse pour mieux s’élever, Saint-Étienne de Bourges (Cher) surprend par la grande homogénéité de son architecture, très peu remaniée depuis le XIIIe siècle.

Passé l’un des cinq portails occidentaux, c’est l’impression d’espace qui saisit.

Le maître d’œuvre anonyme a choisi d’ouvrir de très hautes arcades entre la nef et ses doubles collatéraux, ce qui donne cette unité de volume et ce sentiment d’élévation

→ explique Béatrice de Chancel-Bardelot, conservateur du patrimoine au Musée national du Moyen Âge de Cluny, à Paris.

C’est une des originalités de cette cathédrale, jumelle chronologiquement de celle de Chartres. Un faisceau de colonnettes, autour de chaque pilier, allège et affine encore les lignes de la grande coque renversée.

Construite à partir de 1195 sous l’impulsion de l’archevêque Henri de Sully, Saint-Étienne de Bourges témoigne d’un geste politique fort  : « Adopter l’architecture gothique, souligne la conservatrice du musée de Cluny, c’était proclamer son attachement au royaume de France, dans une région limitrophe du domaine des rois anglo-normands Plantagenêt. »

Béatrice de Chancel-Bardelot voit toutefois dans l’adoption, à Bourges, des voûtes sexpartites (divisées en six segments) – passées de mode au XIIIe siècle au profit de voûtes quadripartites –, un clin d’œil à l’architecture anglo-normande, plus conservatrice.

Autour du chœur, dans le déambulatoire, de somptueux éclats de couleur jetés par les vitraux médiévaux réjouissent l’œil. Leur rouge profond, célèbre chez les verriers, ressort sur le bleu éclatant.

Ils illustrent des paraboles du Nouveau Testament ou racontent la passion du Christ. La conservatrice insiste :

Saint-Étienne a le privilège d’abriter une collection de vitraux remarquables de plusieurs époques, jusqu’au XVIIe siècle. 

Ainsi, à l’entrée du chœur, côté nord, le grand argentier de Charles VII, le célèbre Jacques Cœur, a financé, en 1451, une représentation de l’Annonciation d’une grande finesse.

Au-dessus du lacis des ruelles médiévales, le bienveillant vaisseau gris arbore une toiture tout juste rénovée… sur une invisible charpente, désormais certifiée originale, remontant au XIIIe siècle.

Vidéo. Le diaporama sonore consacré à la cathédrale de Bourges est à découvrir sur notre chaîne Youtube.

Son. Le Magnificat de Johann Pachelbel est la bande sonore de notre diaporama.

 

Cette œuvre est à découvrir dans l’album Splendeur du chant sacré, ADF-BayardMusique.com. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Paru le 23 mars 2017

Voyages et croisières