Les trésors d’églises au Louvre et au musée Maillol

agrandir Le collier de San Gennaro, constellé de pierres précieuses, fait partie des trésors de Naples.
Le collier de San Gennaro, constellé de pierres précieuses, fait partie des trésors de Naples. © D.R
Le collier de San Gennaro, constellé de pierres précieuses, fait partie des trésors de Naples.
Le collier de San Gennaro, constellé de pierres précieuses, fait partie des trésors de Naples. © D.R

Les habitants de Naples, en Italie, et les moines d’Agaune, en Suisse, ont gardé intacts les trésors dédiés à leurs saints. Leurs plus beaux joyaux sont exposés à Paris, au Louvre et au musée Maillol du 19 mars au 20 juillet 2014.

Le cérémonial se répète depuis plusieurs siècles, trois fois l’an, dans la cathédrale de Naples, dont la nef est bondée.

Tous les Napolitains, d’Italie et d’ailleurs, retiennent leur souffle : le sang de San Gennaro - saint Janvier -, conservé dans l’ampoule d’un reliquaire en vermeil du XIVe siècle, va-t-il se liquéfier ? « Gloire à saint Janvier, le miracle est fait ! » s’exclame le prêtre en levant la fiole ! C’est le soulagement.

►Vidéo. Le trésor de Naples – Les joyaux de San Gennaro.

 

Saint Janvier, un évêque martyrisé sous le règne de Dioclétien, protège ainsi Naples depuis janvier 1527.

Ce mois-là, des représentants des quartiers de la ville ont signé un vœu, sous acte notarié, demandant l’intercession du saint contre les maux ravageant régulièrement leur cité : la peste, la faim, la guerre.

Et les éruptions du Vésuve. En contrepartie, les Napolitains se sont engagés à garnir richement la chapelle où sont déposées ses reliques. Saint Janvier a tenu parole, la ville aussi.

►Vidéo. Première exposition publique du trésor de San Gennaro à Rome avant Paris. Source : France 2.

 

Les joyaux de ce fabuleux trésor sont exposés au musée Maillol, à Paris, à partir du 19 mars 2014. C’est la première fois qu’ils sortent d’Italie. Les visiteurs pourront admirer le collier de San Gennaro, enrichi de siècle en siècle au gré des dons, le fameux reliquaire ou la mitre du saint. « Ce trésor appartient toujours aux Napolitains.

Il est géré par la Députation, l’équivalent d’un service municipal. Sa richesse exceptionnelle est liée à l’histoire de la ville, qui a changé de mains à de nombreuses reprises.

Les rois, les papes, les maréchaux de Napoléon, les empereurs ont tous offert un objet pour acheter la paix napolitaine », résume Jean-Loup Champion, commissaire de l’exposition.


À découvrir

→ « Le trésor de l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune ». Jusqu’au 16 juin 2014, au musée du Louvre, Paris

→ Le 30 avril 2014, à l’auditorium, journée spéciale sur les trésors d’églises du Moyen Âge. Rens : 01 40 20 53 17 et www.louvre.fr

→ Catalogue coédité avec Somogy/musée du Louvre, 144 p ; 29 €

→ « Le trésor de Naples, les joyaux de San Gennaro », du 19 mars au 20 juillet 2014 au musée Maillol, 75007 Paris. Visites guidées le samedi après-midi, à 16 h 30. Rens. : ­01 42 22 59 58 et www.museemaillol.com

→ Catalogue coédité avec Gallimard, 224 p ; 35 €.


Splendeur de l’Art liturgique

La France compte 263 ensembles d’objets religieux conservés dans des églises, des cathédrales et des sanctuaires.

La loi de 1905 précise qu’ils restent affectés au culte, de manière « permanente et prééminente », mais qu’ils doivent aussi être visibles librement. « Le trésor de Notre-Dame, dessiné par Viollet-le-Duc, a été ouvert au public dès les années 1880.

On continue à utiliser 80 % des pièces à l’occasion de cérémonies religieuses », assure Laurent Prad, régisseur en charge des objets liturgiques de la cathédrale. Dans les années 1950, l’inestimable trésor de l’abbatiale Sainte-Foy, à Conques (Aveyron), a été l’un des premiers à voir sa présentation entièrement repensée. Les réaménagements se sont accélérés à partir des années 1980 : Albi, Sens, Reims…

D’autres trésors sont toujours dans les cartons, tel celui de Chartres. La cathédrale beauceronne recèle, en revanche, l’un des plus importants ensembles de mobilier contemporain (autel, cathèdre, croix de procession…), signé de l’orfèvre Goudji.

►Vidéo. Bernard Berthod : le rôle des Musées d'art religieux et des trésors d'Eglise. Source : KTO.

 

« Cet artiste a été l’un des premiers à réconcilier l’Église de France avec la beauté liturgique. Les évêques n’hésitent plus à mettre de l’argent dans un calice ou un reliquaire », souligne Bernard Berthod, conservateur du musée d’Art religieux de Fourvière, à Lyon (Rhône).

D’autres artistes, comme les Keappelin père et fils, ou la jeune Fleur Nabert, travaillent aussi pour les diocèses. À Notre-Dame, le sculpteur Jean Touret a honoré plusieurs commandes du cardinal Lustiger.

La cathédrale expose dans son trésor la vaisselle liturgique créée par le designer Sylvain Buisson pour les Journées mondiales de la jeunesse de Paris, en 1997. « Jean-Paul II et Benoît XVI étaient sensibles à l’art liturgique. Survivra-t-il à l’austérité affichée du pape François ? À Rome, des orfèvres du Vatican sont près de mettre la clé sous la porte », s’inquiète Bernard Berthod.


► Lire la suite de l'article dans Pèlerin n° 6850, du 13 mars 2014.

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Paru le 5 avril 2018

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