Le somptueux génie lyonnais des soieries

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L'exposition « Le Génie de la Fabrique », ouverte jusqu’au 31 décembre 2018. © Lyon, musée des Tissus, Pierre Verier
L'exposition « Le Génie de la Fabrique », ouverte jusqu’au 31 décembre 2018.
L'exposition « Le Génie de la Fabrique », ouverte jusqu’au 31 décembre 2018. © Lyon, musée des Tissus, Pierre Verier

En attendant la rénovation, les collections sont toujours accessibles au public sous la forme de deux expositions. Pèlerin a visité pour vous celle intitulée « Le Génie de la Fabrique », ouverte jusqu’au 31 décembre 2018, qui permet d'admirer les chefs-d'œuvre d'excellence et les innovations les plus spectaculaires de la soierie lyonnaise du XVIIIe au XXIe siècle.

À propos de l'article

  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    24 mai 2018

 « C'est sous la Régence (1715-1723) que les soieries lyonnaises commencent à se distinguer de celles d'Italie, raconte Maximilien Durand, co-commissaire de l’exposition et ancien directeur des musées des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon. Et les soyeux lyonnais vont s'imposer sur le marché international grâce à la qualité de leurs dessins et aux innovations techniques mises au point pour relever le défi d'effets de plus en plus sophistiqués. » 

À lire aussi sur Pèlerin.com : l'incroyable renaissance du musée des Tissus de Lyon.

Dans la pénombre des élégantes salles du musée, les soieries éblouissent par leur somptuosité. Ainsi, sur des panneaux crème, ces pétales d'un bouquet champêtre, simples en apparence mais nécessitant cinquante fils de couleur quand les métiers ne peuvent, en principe, n'en tisser que dix-sept. Ou ces tissages différents sur la même étoffe afin de faire ressortir des motifs géométriques en velours sur un fond satiné. Sans compter les motifs en trompe-l'œil, les étoffes lamées de fils d'or ou d'argent… Les prouesses sont telles que la cour de Versailles ou celle de Saint-Pétersbourg (Russie) réclament des tentures de luxe. 

Après la Révolution et la crise qui s'ensuit, les soyeux bénéficient des commandes somptuaires de Napoléon Ier et de la modernisation des métiers grâce à plusieurs ingénieurs dont le plus connu est Joseph Marie Jacquard.

« Nos collections constituent un conservatoire avec les cartons, les échantillons qui permettent de retisser des tentures endommagées, de savoir quel décor était prévu pour quelle pièce… », poursuit Maximilien Durand. 

Avec la révolution industrielle et ses expositions universelles, le goût des soieries gagne la bourgeoisie. À la fin du XIXe siècle, les premières maisons de haute couture vont stimuler l'innovation jusqu'à nos jours, comme le montre la seconde exposition. Tout aussi étonnante, elle présente les dernières créations en matière de textiles de luxe, avec insertion de fils plastique, surimpressions d'images ou encore des mousselines légères insensibles au feu.  Plus qu'un artisanat remarquable, on découvre dans ces salles, un art véritable. 


Musée des Tissus, 34 rue de la Charité, 69002 Lyon.
Rens. : 0478384200 ou www.mtmad.fr  Fermé le lundi.


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Paru le 21 juin 2018

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