Le patrimoine, une passion française vue de l'étranger

agrandir Musée National du Moyen âge, à Paris, lors des Journées du patrimoine.
Musée National du Moyen âge, à Paris, lors des Journées du patrimoine. © Photo Laurent Vautrin / Le Carton / Pi
Musée National du Moyen âge, à Paris, lors des Journées du patrimoine.
Musée National du Moyen âge, à Paris, lors des Journées du patrimoine. © Photo Laurent Vautrin / Le Carton / Pi

Près de 12 millions de Français se pressent aux Journées européennes du patrimoine. En Suisse, au Québec et en Allemagne, le rapport au patrimoine est différent de notre passion typiquement hexagonale.

À propos de l'article

  • Créé le 16/09/2010
  • Modifié le 01/08/2014 à 12:00
  • Publié par :Frédéric Niel
  • Édité par :Alice Méker
  • Publié dans Pèlerin
    6668, septembre 2010

Le patrimoine vu du Québec, avec Philippe Dubé, professeur de muséologie à l'université Laval, à Québec (Canada)

« Avec comme devise - ‘Je me souviens' -, le Québec ne peut que se préoccuper de son patrimoine ! Nous ne le concevons pas comme un symbole de repli sur soi ou de nostalgie. Plus qu'aux musées, nous nous intéressons au patrimoine immatériel, aux paysages, à la langue. Les aides publiques vont de préférence à des festivals de musique ou de poésie : le patrimoine doit inspirer des créations nouvelles.

Comme en France, c'est pour nous une matière pédagogique, une volonté de partager des valeurs communes, de créer du lien social. Influencé par la culture libérale anglo-saxonne, notre Etat se contente la plupart du temps de compléter les initiatives des municipalités, associations et autres porteurs de projets. Cela peut poser problème : notre patrimoine religieux est ainsi laissé à l'abandon depuis les années 1960, l'Etat hésitant à l'entretenir pour ne pas être accusé de favoriser une religion.

Chez vous, au contraire, l'Etat se donne les moyens de mener sa mission patrimoniale et prend des initiatives importantes, comme la création du musée des Arts premiers, à Paris. Heureusement, le Québec s'inspire de votre législation pour préparer une loi sur la protection du patrimoine.»

Le patrimoine vu de Suisse, avec François Courvoisier, professeur de management culturel à la Haute Ecole de Gestion Arc de Neuchatel (Suisse)

"La Suisse romande vous a emprunté les Journées du Patrimoine, en les adaptant. Par exemple, à la Chaux-de-Fonds, une journée du patrimoine horloger permet au public de visiter de vénérables manufactures qui présentent leurs plus récents produits.

Cet intérêt pour le patrimoine local, en France comme en Suisse, semble exacerbé par la mondialisation, comme si l'on cherchait un équilibre entre nos modes de vie, de plus en plus nomades et uniformisés, et un recentrage sur la culture régionale."

Le patrimoine vu d'Allemagne, avec Nina Gorgus, chargée de mission au Musée d'histoire de la ville de Francfort (Allemagne)

"En Allemagne, où chaque Land (région autonome) a sa propre politique, il est parfois plus compliqué de protéger le patrimoine qu'en France, où la centralisation rend les choses plus claires.

Plus que les Français, nous avons développé le tourisme dans les anciens sites industriels et miniers, notamment dans la Ruhr. La cokerie d'Essen, fermée en 1993, attire ainsi un million de visiteurs par an en présentant un musée, des ateliers d'artistes, une école, des manifestations culturelles de toutes sortes."

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Paru le 19 avril 2018

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