Patrimoine commun et intérêt général

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Antoine d'Abbundo © William Baucardet
Antoine d'Abbundo
Antoine d'Abbundo © William Baucardet

Le patrimoine, visible mais aussi invisible, constitue notre maison commune. Le garder vivant, c'est éviter le risque d'hypothéquer notre avenir.

Concours « Un patrimoine pour demain » 2013

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À propos de l'article

  • Créé le 30/05/2013
  • Modifié le 30/05/2013 à 14:00
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Marine Bisch
  • Publié dans Pèlerin
    6675, du 4 novembre 2010

Il y a le patrimoine que l'on peut voir, toucher, sentir. Pierres disjointes des chapelles oubliées, bois piqué des pietà douloureuses, pigments pâlis des fresques en péril, éclats tombés des vitraux d'église...

Vestiges d'une richesse culturelle fragile qu'il est urgent de préserver des morsures du temps et de l'indifférence d'un monde pressé. C'est à cette tâche hautement civilisatrice que s'attachent sans bruit les héros anonymes qui peuplent notre dossier.

Depuis vingt ans déjà, Pèlerin les accompagne et les soutient parce que nous partageons avec eux, avec vous, cette conviction qu'un peuple qui oublie de garder vivant son passé prend du même coup le risque d'hypothéquer son avenir.

Il est un autre patrimoine, moins visible, qui requiert notre intérêt. C'est celui des grandes conquêtes sociales qui, elles aussi, participent de l'exception française et font que notre pays est solidaire et compte bien le rester.

On y mettra, bien sûr, le système de retraites. En imposant, contre l'avis des syndicats, des manifestants et d'une large partie de l'opinion, la réforme que l'on sait, le gouvernement et sa majorité affirment avoir pris les mesures, douloureuses mais nécessaires, pour sauvegarder l'essentiel d'une maison commune qui menaçait de tomber en ruines.

Y avait-il un plan B, moins dur et plus efficace ? À voir le peu de bénéfices que tire l'opposition de ces semaines de bras de fer, on peut en douter. La potion est amère, mais le malade connaît son intérêt. Reste ce soupçon d'injustice qui pèse sur le pouvoir en place. Il a désormais dix-huit mois pour se laver de ce « péché politique », réel ou supposé.

Le débat ouvert par le rapport Attali sur les allocations familiales aura, à cet égard, valeur de test. Est-il encore utile, comme ce pouvait l'être après-guerre, d'aider indistinctement toutes les familles sans se soucier de leurs ressources ? Ne serait-il pas plus juste, en ces temps de disette budgétaire, de privilégier les familles moyennes et modestes ? La réponse n'est pas tranchée.

Mais la question mérite au moins d'être examinée. Au nom de l'intérêt général.

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Paru le 7 décembre 2017

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