Soirée émotion pour le Grand Prix Pèlerin du Patrimoine

Les défis de la transmission du patrimoine ont été au cœur de cette remise des prix, au Petit Palais, à Paris, le 5 novembre 2015. Des Pyrénées-Orientales, à Besançon, en passant par la Syrie et l’Irak, l’enjeu reste le même. Le parrain de cette édition Erik Orsenna, mais aussi les membres du jury, les mécènes et les lauréats en ont parlé avec beaucoup d'émotion.

Grand Prix Pèlerin du Patrimoine : l'édition 2017

Concours « Un patrimoine pour demain » 2013

À propos de l'article

  • Créé le 06/11/2015
  • Modifié le 06/11/2015 à 15:22
  • Publié par :Sophie Laurant
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6 novembre 2015

« Enfant, j'ai appris le patrimoine en visitant Versailles, raconte l'académicien Erik Orsenna, introduisant la soirée du 25e Grand Prix Pèlerin du Patrimoine dont il est le parrain engagé. Et, alors que je m'ennuyais, reprend-il, ma mère m'a montré combien ce palais et ce jardin avaient de choses à nous dire. Qu'ils étaient là pour nous parler du roi et symboliser son rapport à Dieu, aux hommes et à la France… »

L'ambiance est donnée : ce jeudi 5 novembre 2015, au Petit Palais, à Paris, lauréats et mécènes, chacun avec leurs mots, confirment que le patrimoine a besoin de paroles et de pédagogie, « pour être passé aux générations suivantes ».  

Car on ne peut transmettre que ce que ce que l’on connaît. Et quand on ne connaît pas, on commence à avoir peur…

→  insiste Franck Ferrand, chroniqueur à Europe 1 et fidèle membre du jury de ce concours.

Du carillon de Charlieu (Loire) à la voûte de l'église Saint-Patrice de Saires-la-Verrerie (Orne), de la toiture de la chapelle du Tech (Pyrénées-Orientales), à la poutre de gloire de l'église de Changey (Haute-Marne), nos lauréats ont exprimé, sur scène, leur passion de sauvegarder notre héritage commun.

Pour cette édition 2015, la création contemporaine n’a pas été oubliée : l'artiste émailleuse Léa Sham's, le sculpteur Jean-Paul Philippe et la jeune mosaïste Emilie Baudrais ont aussi été primés.

L’émotion s’est emparée du public lorsque le président du jury, Philippe Bonnet, a rappelé que sur trois millions d'œuvres du XVIIe siècle, « sans doute 1% nous sont parvenues, ont survécu aux changements de mode, à l'incurie, à la négligence, à l'ignorance… » Il se félicitait d'autant plus de la réapparition, à Besançon (Doubs) d'une œuvre oubliée du peintre Claude Vignon, une Adoration des mages peinte vers 1619 qui a reçu notre Grand Prix.

L'ignorance, mais aussi la guerre, et aujourd'hui l'iconoclasme sont responsables de la disparition de chefs-d'œuvre millénaires. Comment fêter cette 25e édition de notre concours sans nous sentir concernés par le saccage des sites antiques au Moyen Orient ?

patrimoine en danger

L'émotion est montée d'un cran dans la salle à l'annonce de l’appel de soutien de Pèlerin  aux archéologues syriens et irakiens :

Les publications de nos travaux seront peut-être le seul moyen de conserver la mémoire de l'Humanité dans cette région dévastée

→ a témoigné, au bord des larmes, Rania Ayoubi (photo, aux côtés de Sophie Laurant et d'Eirk Orsenna), jeune archéologue syrienne qui tente de poursuivre ses recherches à l’université de Lyon.

« Vous êtes ma fille, mais vous êtes aussi ma mère ! » lui a lancé Erik Orsenna avant de la serrer dans ses bras, car nous ne descendons pas seulement de la Grèce ou de Rome, mais bien aussi de la Mésopotamie. C'est là, entre le Tigre et l'Euphrate, que tout a commencé ! »

Georges Sanerot, président du Directoire de Bayard, a conclu dans le même sens : « Le Grand Prix Pèlerin du Patrimoine illustre l’engagement de notre groupe auprès de tous ceux qui aspirent à une grande idée du vivre ensemble. »


 Bonus Web : son
Erik Orsenna lance la 25e édition du Grand Prix Pèlerin du Patrimoine en lisant un extrait de son livre : La vie, la mort, la vie : Pasteur, Ed. Fayard.

 

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Paru le 20 avril 2017

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