Rodrigo Garcia, l'auteur de "Golgota Picnic" : "A 16 ans, j'ai cessé de croire en Dieu"

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Golgota Picnic de Rodrigo Garcia © David Ruano
Golgota Picnic de Rodrigo Garcia
Golgota Picnic de Rodrigo Garcia © David Ruano

Rodrigo Garcia, l'auteur de la pièce polémique Golgota Picnic, explique son rapport ambivalent à Dieu et à la Bible.

À propos de l'article

  • Créé le 17/11/2011
  • Modifié le 27/01/2014 à 12:00
  • Publié par :Gilles Donada
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6729, du 17 novembre 2011

Après Toulouse, Paris, le théâtre du Rond-Point s'apprête à assurer, du 8 au 17 décembre, les représentations de Golgota Picnic, écrit et mis en scène par l'argentin Rodrigo Garcia

Le dossier de presse, téléchargeable sur le site du théâtre, présente le fondateur de la compagnie théâtrale Carniceria Teatro, autrement dit "Le théâtre boucherie". 

"Chacun de ses spectacles, lit-on, procède au dépeçage systématique des rituels que la collectivité a mis en place, pour mieux dévoiler le désarroi des individus qui la composent". 

"Mes pièces sont toujours mal reçues"

Le dramaturge, âgé de 47 ans, vit désormais en Espagne. Son théâtre, fondé sur la confrontation et l'insolence, l'utilisation du registre de "l'abject" et du "monstrueux", dénonce une société qu'il juge "hypocrite", rongée par le "consumérisme" et le "moralisme".

Les titres de ses oeuvres, diffusée en France aux éditions Les solitaires intempestifs donnent le ton : Bleue, saignante, à point, carboniséeEt balancez mes cendres sur Mickey,L'avantage avec les animaux, c'est qu'ils t'aiment sans poser de questionsFallait rester chez vous, têtes de nœud...

"Mes pièces sont toujours mal reçues, explique-t-il. Une bonne partie du public est bête : il continue à remplir les théâtres, parfois juste pour réprouver ce qu’il voit. C’est naturel : nous passons tous notre temps à réprouver les autres.(...)   En ce qui me concerne, le comportement de ces gens porte ses fruits : vu qu’ils paient leur billet d’entrée, ils nous permettent de gagner de l’argent pour vivre.

Les outrances du provocateur dissimulent un fin connaisseur de la Bible et de l'iconographie religieuse. La Bible l'inspire. Rodrigo Garcia admire "l’imaginaire", "la beauté du langage", "l’utopie",  "l’extrême violence", "et, surtout, l’injustice", dont elle recèle. Son livre biblique favori ? "L’Ecclésiaste. Il est bourré de contradictions et n’offre pas d’issues. Il est à la fois comme le fiel et comme le miel."

"L’idée de travailler sur la Bible remonte à loin, raconte-t-il. Disons que cette écriture a commencé sans écrire, elle a commencé comme toute écriture, à partir d’expériences vécues, que j’ai récupérées par la suite. 

C’est par exemple le cas de la peur que Dieu m’inspirait quand j’étais enfant. Ensuite, il faut donner forme à tout cela, et j’ai pensé qu’il serait plus élégant de parler d’iconographie (Mantegna, Grünewald, Giotto, Van der Weyden… ). 

"Enfant, j'avais peur de Dieu"

Lorsque je cite ces fresques ou ces tableaux peints sur des toiles ou sur du bois, je fais des détours pour ne pas raconter ma peur de Dieu quand j’étais enfant, mon au revoir à Dieu et à la peur de Dieu quand j’ai cessé de croire, à l’âge de seize ans (grâce à un livre de Schopenhauer). 

J’ai tenté de me faire aider par un théologien, je voulais avoir et j’ai eu un dialogue avec lui. Cela a bien fonctionné, jusqu’à ce qu’il apprenne le titre de la pièce. Une fois que je n’ai plus pu compter sur l’aide de ce théologien, j’ai eu recours à l’imagination, j’ai revisité des passages de la Bible comme on lit une bande dessinée, et j’ai construit mon propre imaginaire biblique. Bien sûr, comparé à l’original, il est pauvre et maladroit."

► Vidéo. Bande annonce (en espagnol) officielle de Golgota Picnic.

 

Pour les extrêmistes se trompent de combat n°6729

"Pourquoi les extrémistes se trompent de combat", un dossier de 5 pages sur le rapport entre art et religion dans Pèlerin n°6729 du 17/11/11. Des prêtres, des évêques et des personnalités catholiques se positionnent. Faut-il une loi sur le blasphème ? Civitas : les arrière-pensées politiques d'une officine traditionaliste. 

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Paru le 19 juillet 2018

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