Suivre le chemin de Dieu

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Les pèlerins traversent la baie du Mont-Saint-Michel © Léonnard Leroux
Suivre le chemin de Dieu
Les pèlerins traversent la baie du Mont-Saint-Michel © Léonnard Leroux

Les évangiles nous décrivent Jésus toujours en mouvement… partout de passage. Et la métaphore du chemin est également un fil conducteur dans la bible, pour évoquer la relation à Dieu.

À propos de l'article

  • Publié par :Jacques Nieuviarts, assomptionniste, exégète
  • Édité par :Gilles Donada

Il n’appartient pas à l’homme qui marche de diriger ses pas.

→ Jérémie 10, 23

Les évangiles nous décrivent Jésus toujours en mouvement partout de passage. Et la métaphore du chemin est également un fil conducteur dans la bible, pour évoquer la relation à Dieu.

Chemin faisant, la Bible entraîne en effet peu à peu et comme naturellement, à entendre l’expression ou les expressions liées au chemin, dans un sens métaphorique : « marcher avec (ton) Dieu », « suivre les chemins de (ton) Dieu », « marcher sur les pas de ton Dieu »

L’expression alors rend compte de la vie de l’homme, de sa conduite, de son mode de vie. Elle désigne les chemins ou les voies de Dieu (cf. Is 55,8 ; Mc 8,33 ; voir aussi Ps 25,10 ; Dt 32,4), souvent si étonnants, surprenants pour les hommes, ou les chemins de l’homme engageant sa vie sur la voie des commandements de Dieu (Ac 14,16 ; Rm 3,16, etc).

Et les Actes des Apôtres désignent par le mot de « Voie » la façon de vivre des premiers disciples, c’est-à-dire leur façon très concrète de vivre l’enseignement de Jésus et de le laisser façonner leur vie, personnellement et communautairement, comme communauté fondée sur lui.

Peut-être faut-il commencer en évoquant les nombreux chemins nomades de l’Ancien Testament, et la relecture de la marche au désert, au livre du Deutéronome : cette longue marche ou errance, était le temps durant lequel Dieu éprouvait le cœur de son peuple, pour en faire le peuple d’exception au sens fort, ce qui signifie vocation et exigences liées à cette vocation selon son cœur.

Souviens-toi du chemin que ton Dieu t'a faire faire...

Il faut ici relire l’ensemble du chapitre 8 du Deutéronome :

Souviens-toi de tout le chemin que Yahvé ton Dieu t'a fait faire pendant quarante ans dans le désert, afin de t'humilier, de t'éprouver et de connaître le fond de ton cœur : allais-tu ou non garder ses commandements ? Il t'a humilié, il t'a fait sentir la faim, il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n'aviez connue, pour te montrer que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé. Le vêtement que tu portais ne s'est pas usé et ton pied n'a pas enflé, au cours de ces quarante ans ! Comprends donc que Yahvé ton Dieu te corrigeait comme un père corrige son enfant, et garde les commandements de Yahvé ton Dieu pour marcher dans ses voies et pour le craindre.

Mais Yahvé ton Dieu te conduit vers un heureux pays, pays de cours d'eau, de sources qui sourdent de l'abîme dans les vallées comme dans les montagnes, pays de froment et d'orge, de vigne, de figuiers et de grenadiers, pays d'oliviers, d'huile et de miel, pays où le pain ne te sera pas mesuré et où tu ne manqueras de rien, pays où il y a des pierres de fer et d'où tu extrairas, dans la montagne, le bronze. Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras Yahvé ton Dieu en cet heureux pays qu'il t'a donné. 
Garde-toi d'oublier Yahvé ton Dieu en négligeant ses commandements, ses coutumes et ses lois que je te prescris aujourd'hui. Quand tu auras mangé et te seras rassasié, quand tu auras bâti de belles maisons et les habiteras, quand tu auras vu multiplier ton gros et ton petit bétail, abonder ton argent et ton or, s'accroître tous tes biens, que tout cela n'élève pas ton cœur !" 

N'oublie pas alors Yahvé ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude ; lui qui t'a fait passer à travers ce désert grand et redoutable, pays des serpents brûlants, des scorpions et de la soif ; lui qui dans un lieu sans eau a fait pour toi jaillir l'eau de la roche la plus dure ; lui qui dans le désert t'a donné à manger la manne, inconnue de tes pères, afin de t'humilier et de t'éprouver pour que ton avenir soit heureux !

Garde-toi de dire en ton cœur : " C'est ma force, c'est la vigueur de ma main qui m'ont fait agir avec cette puissance. " Souviens-toi de Yahvé ton Dieu : c'est lui qui t'a donné cette force, pour agir avec puissance, gardant ainsi, comme aujourd'hui, l'alliance jurée à tes pères. Certes, si tu oublies Yahvé ton Dieu, si tu suis d'autres dieux, si tu les sers et te prosternes devant eux, j'en témoigne aujourd'hui contre vous, vous périrez. Comme les nations que Yahvé aura fait périr devant vous, ainsi vous-mêmes périrez, pour n'avoir pas écouté la voix de Yahvé votre Dieu.

Et l’on pourrait multiplier les exemples d’une telle relecture. Le chemin au désert, parfois chemin d’errance, était en même temps chemin intérieur, était la trace extérieure d’un sillon intérieur qui lentement se creusait, celui de la Révélation de Dieu à – et en – son peuple, et celui de l’Alliance. La traversée du désert était une épreuve, comme on éprouve le métal pour sa solidité.

Extraits d’un exposé donné à la session annuelle du TEB (Télé-enseignement biblique) Toulouse 28 Juin 2010

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Paru le 19 juillet 2018

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