Chemin et nomadisme

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Les pèlerins traversent la baie du Mont-Saint-Michel. © Léonnard Leroux
Chemin et nomadisme
Les pèlerins traversent la baie du Mont-Saint-Michel. © Léonnard Leroux

Pour comprendre les expressions liées dans la Bible au chemin, on peut identifier les caractéristiques du chemin et du nomadisme dans la lecture en particulier de la Genèse.

À propos de l'article

  • Modifié le 28/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Jacques Nieuviarts, assomptionniste, exégète
  • Édité par :Jacques Nieuviarts, assomptionniste, exégète

Une précision s'impose : ce n’est ici qu’une tentative, que l’on ne peut trop contraindre.

Je l’indique ici plutôt à titre heuristique, en réalisant pour plus de clarté une mise en tableau, à prendre bien-sûr avec prudence, sans la contraindre, comme une forme d’hypothèse à éprouver, réfuter, transformer ou le cas échéant abandonner, tentative de vérifier comment chacun des traits observés se vérifie ou se transforme dans le sens métaphorique… ou lesquels éventuellement ne se vérifient pas ou ne semblent pas pertinents !

Le nomadisme

Sens premier

Sens figuré ou symbolique

La marche, essentielle, état de vie du nomade

Comment marcher ? La Torah et la Halakha (cf. Ps 118)

L’importance dans cette marche, des troupeaux, comme si leur présence imposait à l’homme le rythme de son pas

Peut-être en regard ici l’ensemble de la vie, tout ce qui peut encombrer l’homme s’il est riche, ou le laisser libre (Mc 10,23-27 ou… 31)

L’importance dans cette marche, de l’eau et la présence de nombreux puits, enjeux vitaux

Présence de Dieu (cf. Ps 22 ; 110,7 ; 36,9) et de sa Parole (Ps 118), qui sont dans le désir profond de l’homme et sa soif (Ps 62)

La nécessité du partage ou de la répartition, de la délimitation de la terre (comme entre Lot et Abraham (dès Gn 13)

Les prophètes et Jésus diront la nécessité et la responsabilité du partage, non par protection ou pour organiser la convivance, mais comme une nécessité essentielle (Is 58, Lc 10,29-37)

L’enjeu, toujours présent, de la survie du clan

Non pas survie, mais vie (10,17-22 ; Jn 6)

Le tracé d’une bénédiction

…en dimension d’éternité (Jn 6), Jésus indiquant ou étant lui-même le chemin vers le Père, vers le Royaume (Mt 5) et le repos de Dieu (He 4,8 ; 9,24 ; 10,19ss)

Nomadisme et errance

Tout le vocabulaire du péché, qui désigne l’errance ou la révolte, l’errance loin de Dieu, mais aussi la réalité du pardon et de la miséricorde (cf. Lc 15, en particulier 11-32 ; cf. Ps 31 ou Ps 50, etc)


La mise en marche en raison des événements

Sens premier

Sens figuré ou symbolique

Des famines ; Egypte, terre d’opulence devenue terre d’esclavage ; faim de liberté et de vivre

Les miracles de Jésus interviennent sur une soif : corps altéré, dont Jésus dit que plus profondément, c’est le cœur qui est touché, guéri dès lors par le pardon, c’est-à-dire l’homme guéri dans sa soif la plus profonde (Mc 2,10-11 ; Lc 4,18-19 et tout ce dont ce passage est le programme déployé dans l’ensemble de l’évangile de Luc)

Marche souvent d’errance, marche rebelle, peuple sans berger (cf. Is 53)

Attention portée par Jésus aux foules, errantes comme des brebis sans bergers (Mt 11, 28-30 ; Mc 6,34 ; pressenti lumineusement par Ez 34)Marche sans orient des disciples d’Emmaüs (Lc 24). Etc.

Et jusqu’à l’Exil…

Qui fut compris comme lié au péché et à l’abandon de Dieu (Lv 26,41). Et le retour d’exil, décrit comme le nouvel Exode, dans le ‘chemin’ tracé par Dieu à travers le désert pour son peuple (Retour d’exil perçu comme l’inverse de l’Exode : Is 40,3 ; 43,19 ; 49,11). Mais l’antithèse totale de la lecture théologique de l’Exil comme abandon de Dieu, serait peut-être aussi l’abandon par Dieu connu par Jésus, si l’on en croit la force des textes, dans la Passion (Mc 15,34). Mystère d’une traversée qui loin d’être sans Dieu, le révèle


La mise en marche sur une parole de Dieu

Sens premier

Sens figuré ou symbolique

Abraham se mit en marche depuis l’au-delà du Fleuve

L’ensemble du Nouveau testament invite à la metanoïa (conversion, bouleversement, retournement intérieur) et à la marche à la suite du Christ

Exode et Pâques…

La Passion-Résurrection, dans laquelle le disciple entre par le baptême (Rm 6,3-6)

Colonne de nuée ou de feu

Révélation en Jésus du Dieu Emmanuel, « présent avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20)

Manne et cailles, eau du rocher

La vie au rythme du Pain de vie (Jn 6), que Jésus invite à demander (Lc 11,2-4), et qu’il rompt et aprtage (Lc 22,14-18 ; 24,30-32)

Installation en terre promise

Transfiguration : planter la tente… et promesse de Jésus d’une demeure avec lui pour toujours (Jn 14, etc)


Dès lors, on comprend que l’expression « les chemins du Seigneur » désigne en fait les commandements, et que dans une réflexion de sagesse, on parle des « deux voies », celle du bien et celle du mal, celle du bien empruntant le chemin des commandements, de la Torah de Dieu, mot qui évoque justement une trajectoire (Ps 1,6 ; Jr 21,8 ; Dt 30,9 ; Pr 8,13 ; Mt 7,13).

Dans ce large contexte, il faut citer bien-sûr, parmi tant d’autres, deux grands textes : Mi 6,8 et l’étonnant texte d’Osée ch. 11 !

Extraits d’un exposé donné à la session annuelle du TEB (Télé-enseignement biblique) Toulouse 28 Juin 2010

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Paru le 5 avril 2018

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