Soirée télé, histoire et actualité

agrandir Un marin russe sur le pont du sous-marin ukrainien qui s’est rendu le 22 mars 2014, dans le port de Sébastopol, en Crimée.
Un marin russe sur le pont du sous-marin ukrainien qui s’est rendu le 22 mars 2014, dans le port de Sébastopol, en Crimée. © Sergei Ilnitsky / EPA / MAXPPP
Un marin russe sur le pont du sous-marin ukrainien qui s’est rendu le 22 mars 2014, dans le port de Sébastopol, en Crimée.
Un marin russe sur le pont du sous-marin ukrainien qui s’est rendu le 22 mars 2014, dans le port de Sébastopol, en Crimée. © Sergei Ilnitsky / EPA / MAXPPP

Plateau télé, cette semaine, pour la directrice de la rédaction de Pèlerin, Anne Ponce. Au programme : l'Apocalypse ! Ou quand le petit écran fait étrangement écho à l'actualité... internationale.

J’étais partie pour une bonne soirée télé, histoire de me changer les idées après une journée de travail. Ce soir-là, France 2 diffusait les premiers épisodes d’Apocalypse : la Première Guerre mondiale, grande série documentaire sur le conflit 1914-1918.

Les précédentes réalisations d’Isabelle Clarke et Daniel Costelle (Apocalypse, la Deuxième Guerre mondiale) m’avaient captivée. Va donc pour une soirée historique ! Cela me changerait du tourbillon de l’actualité, des cogitations sur l’avenir de la presse et autres casse-tête budgétaires…

Me voilà ainsi plongée un siècle en arrière, grâce aux images d’archives colorisées et aux commentaires de Mathieu Kassovitz. Le premier épisode d’Apocalypse campait le décor de l’Europe du début du XXe siècle puis, avec l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, l’engrenage infernal vers la guerre.

Une belle fresque historique ! Mais en fait… bien plus que cela. Car, au fur et à mesure que s’affichaient sur mon écran la carte de l’Europe et les zones d’influence des empires, je me redressais dans mon canapé.

►Son. Écoutez l’édito d’Anne Ponce.

 

Je contemplais, troublée, le tableau d’un continent inconscient de ce  qui  l’attendait : la légèreté de la Belle Époque pour certains et la dureté des temps pour les classes populaires, la montée des nationalismes, le mécanisme des alliances entre les grandes puissances.

En réalité, cette séquence d’histoire faisait étrangement écho dans ma tête à l’actualité de la crise ukrainienne avec les tensions nationalistes et  les hésitations des démocraties. Perturbant.

Peut-on jamais tirer des leçons de l’histoire ?

La réponse ne va pas de soi même si la mémoire et la culture sont censées nous rendre plus lucides. Quand faut-il calmer le jeu pour préserver la paix ? Et à partir de quel moment faut-il dire non et stopper les velléités impérialistes ?

Critiquer des actions du passé est aisé ; mais la diplomatie au présent est difficile. Sommes-nous plus sages que nos ancêtres de 1914 ? Avons-nous les dirigeants courageux et clairvoyants dont nous avons besoin ?

L’avenir dira si nous saurons éviter d’autres « Apocalypses » et limiter les conflits aux documentaires historiques pour la télévision.

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 21 juin 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières